Iga Swiatek soulevant le trophée de l’US Open dans la nuit de samedi à dimanche après sa victoire contre Ons Jabeur sur le court Arthur-Ashe de New York. Mike Segar/Reuters
Iga Swiatek, déjà double lauréate sur la terre battue de Roland-Garros, a étendu sa domination sur dur en remportant samedi son premier US Open et conforte ainsi sa place de numéro 1 mondiale dont elle avait hérité en mars dernier après le départ surprise d’Ashleigh Barty à la retraite. « Je ne m’attendais pas à grand-chose en arrivant... Ce tournoi a été très difficile, c’est New York, c’est bruyant, c’est fou, il y a tant de tentations dans la ville ! Je suis heureuse d’avoir su gérer tout ça », a lancé la Polonaise en tenant bien fort contre elle le trophée dont elle a privé la Tunisienne Ons Jabeur, battue pour la deuxième fois consécutive en finale d’un Majeur après sa défaite à Wimbledon il y a moins de deux mois. « Iga ne perd jamais en finale. » Telles furent les paroles prémonitoires prononcées en avant-match par Jabeur, qui n’a pas réussi à contredire cet adage en s’inclinant en deux manches (6-2, 7-6 (5e) face à la native de Varsovie, sans jamais réellement parvenir à la menacer.
« Yallah habibi »
« Positive, positive, allez, positive ! » lui lançait depuis la tribune son entraîneur Issam Jellali, portant même un t-shirt « Yallah habibi » (« Allez ma chérie »), alors qu’à 4-4 dans le second set, la Tunisienne semblait en mesure de pousser la partie dans un set décisif. Mais Jabeur n’a joué que trop sporadiquement son tennis inspiré, pourtant si efficace deux jours plus tôt en demi-finale face à la Française Caroline Garcia. Trop irrégulière pour ébranler la forteresse Swiatek, elle n’a pas été en mesure de renverser une finale qui aura finalement été à sens unique.
Preuve qu’elle assume plus que jamais son statut de nouvelle star du tennis international, Swiatek est immédiatement rentrée dans son match alors que Jabeur, qui restait sur une finale perdue à Wimbledon, a semblé écrasée sous la pression dans l’immense arène du court Arthur-Ashe.
La Polonaise s’est procuré une première balle de match à 6-5 dans le deuxième set, puis une seconde à 6 points à 5 dans le tie-break qu’elle a cette fois convertie en bénéficiant d’une faute directe de Jabeur, la 33e et dernière de la partie. Ons Jabeur, extrêmement touchée par son échec, a eu du mal à retenir ses larmes et s’en est sortie par un trait d’humour dont elle est coutumière. « J’ai vraiment essayé de gagner, mais Iga a tout fait pour me rendre la tâche trop difficile. Là, tout de suite, je ne l’aime pas beaucoup... » a-t-elle lancé en finissant par un triste sourire.
Nouvelle patronne du tennis mondial ?
À 28 ans, elle était la première joueuse à avoir enchaîné les finales à Wimbledon et Flushing Meadows depuis Serena Williams en 2019. Elle est également la première joueuse africaine dans l’ère Open (depuis 1968) à avoir atteint la finale d’un tournoi du Grand Chelem.
« Ons, ce n’est que le début d’une grande rivalité et je suis sûre que tu gagneras d’autres matchs », lui a assuré la Polonaise, qui est désormais triple lauréate en Majeur (après son doublé 2020-2022 à Roland-Garros). L’année 2022 a en effet été marquée par les retraites attendue de Serena Williams (à l’issue de sa défaite au 3e tour à New York) et surprise de Barty quelques semaines après son titre chez elle en Australie en début d’année.Forte de son sacre en terres new-yorkaises, elle apporte un peu de stabilité dans un circuit féminin où aucune joueuse n’avait remporté deux Majeurs la même année depuis l’Allemande Angelique Kerber en 2016 (Open d’Australie et US Open). Elle est d’ailleurs la première joueuse tête de série numéro 1 à confirmer son statut en remportant l’US Open depuis Serena Williams en 2014. Après une saison phénoménale ponctuée par une demi-finale à Melbourne puis une série de six titres consécutifs (Doha, Indian Wells, Miami, Stuttgart, Rome et Roland-Garros) pour 37 victoires d’affilée jusqu’à la défaite au 3e tour de Wimbledon, Iga Swiatek a désormais, à seulement 21 ans, toute la légitimé pour devenir la future patronne du circuit WTA.
Source : AFP

