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Sport - Basket

Bousculés, les Bleus s’accrochent avant le 2nd tour

Terminant troisième du groupe B, l’équipe de France est passée par toutes les émotions lors de ses deux derniers matchs de poule. Au lendemain de leur victoire face à la Bosnie-Herzégovine (81-68), les coéquipiers de Rudy Gobert se sont inclinés de justesse contre le tenant du titre slovène (82-88). Un revers qui n’en demeure pas moins une préparation idéale devant l’horizon des phases finales de l’Euro.

Bousculés, les Bleus s’accrochent avant le 2nd tour

Rudy Gobert en action lors de la victoire des Bleus (81-68) aux dépens de la Bosnie-Herzégovine, avant-dernier match du groupe B de l’Euro de basket. Thilo Schmuelgen/Reuters

« Il y a des défaites qui ont un goût de victoire. » Cet adage aux allures « oxymoriques », très représentatif d’une vieille manie franco-française de glorifier ses perdants magnifiques, n’est pourtant pas loin d’être adéquat pour décrire le combat qu’ont livré les basketteurs français face à la Slovénie ce mercredi à Cologne. À égalité à deux minutes du coup de sifflet final, les Bleus sont passés tout proche d’un exploit retentissant. Celui de battre une équipe tenante du titre emmenée par ce qu’il va bien falloir appeler par son nom : un extraterrestre. En inscrivant la bagatelle de 47 points, Luka Doncic a tout simplement réalisé la seconde meilleure performance individuelle de l’histoire de l’Euro de basket. Le tout à seulement 23 ans. Déchaîné, semblant insensible à toute notion de pesanteur, celui que l’on surnomme le « Mozart » du basket moderne a vengé la défaite des siens en demi-finale du tournoi olympique de Tokyo de l’été dernier. Ayant certainement encore en mémoire ce contre miraculeux de Nicolas Batum qui avait donné, in extremis, la victoire à l’équipe de France (90-89) il y a treize mois de cela, la star NBA offre à sa sélection la première place du groupe et oblige ses victimes du soir de se contenter de la troisième, qui n’en demeure pas moins qualificative pour le second tour de la compétition.

Une autre revanche face à la Bosnie

En préambule du match le plus spectaculaire depuis le début du tournoi, les Bleus avaient eux aussi leur propre revanche à prendre. Deux semaines plus tôt, les vice-champions olympiques avaient subi la loi de Jusuf Nurkic dans le chaudron de Sarajevo. Comptant pour la phase de qualifications de la prochaine Coupe du Monde, ce revers (96-90), après deux prolongations, avait fait office de piqûre de rappel pour des Français jusqu’alors invaincus tout au long de leur préparation.Également défaits (76-63) par l’hôte allemand en ouverture de l’Euro, les hommes de Vincent Collet avaient par la suite enchaîné deux succès de rang. L’un très prometteur aux dépens de la Lituanie (77-73), l’autre beaucoup plus brouillon contre la Hongrie (78-74), qui a d’ailleurs fini bonne dernière de ce groupe B avec zéro victoire au compteur.Conscients de leurs manques passagers d’adresse en attaque et de rigueur défensive, les champions d’Europe 2013 avaient la volonté de corriger ces erreurs récurrentes lors de leurs prestations précédentes. À la suite d’une première période sérieuse, conclue avec un avantage de 10 points au tableau d’affichage (44-34), ils retombent soudainement dans leurs travers dès l’entame du second acte. Avec seulement 8 points marqués et un 13-0 encaissé permettant aux Bosniens de revenir au score, les Bleus se retrouvent même avec deux longueurs de retard au début du quatrième quart-temps (59-61).

Mais passé ce nouveau trou d’air, Rudy Gobert et ses coéquipiers reprennent leurs esprits au milieu de la dernière reprise pour creuser à nouveau l’écart et finalement s’imposer sans trop de peine (81-68). « C’est une marque de maturité pour nous. On n’a jamais laissé les erreurs nous abattre », avait alors apprécié le triple meilleur défenseur de NBA auteur d’un nouveau double-double avec 11 points et 12 rebonds.

Une force de caractère dans le sillage de celle affichée par le capitaine Evan Fournier, ayant empilé neuf points dans cet ultime quart-temps pour dépasser la marque symbolique des 1 000 points inscrits en équipe de France. Ce dernier était d’ailleurs tout sourire à l’issue de la rencontre. Amusé par le fervent soutien des supporters lituaniens, espérant un succès français synonyme de maintien dans la compétition pour leur équipe nationale, le meneur des New York Knicks s’est félicité de cette communion inattendue entre fans français et baltes : « J’ai trouvé ça génial, qu’ils nous encouragent et nous disent merci à la dernière minute, a livré le capitaine tricolore en référence aux innombrables “Merci, merci !” tombant du virage vert à la fin du match. C’est un public superbe, même les coaches sont venus nous remercier. » Une satisfaction que partage également Vincent Collet. Le sélectionneur tricolore a vu qu’il pouvait désormais compter sur l’apport précieux de l’ensemble de son effectif, comme en témoignent les 14 unités du meneur Thomas Heurtel, son meilleur total depuis le début de la compétition, et les multiples prouesses défensives de l’ailier franco-américain Terry Tarpey (5 rebonds, 4 interceptions), invité surprise de la liste. Bien qu’encore imparfaite, cette précieuse victoire assure aux Français de décrocher a minima la troisième place de leur groupe. De quoi aborder sereinement l’ultime confrontation face au tenant du titre slovène de mercredi soir.

Un choc pour la première place

D’habitude longs à la détente, les Bleus ont montré au fur et à mesure de la compétition que les entames de match en mode diesel étaient derrière eux. À l’aide d’un 5 majeur légèrement remanié, avec l’arrivée d’Amath M’Baye en remplacement d’un Guerschon Yabusélé légèrement blessé et préservé pour le 2nd tour, Albicy, Fournier, Gobert accompagnés du meilleur intercepteur du tournoi, l’irréprochable Terry Tarpey, prennent à la gorge les partenaires de Luka Doncic. Un 14-3 infligé en moins de 4 minutes qui oblige Aleksandar Sekulic, le coach slovène, de poser son premier temps mort de la partie.Mais cette entrée en matière tonitruante des Bleus a surtout eu le mérite de piquer au vif le prodige de Ljubljana. Déjà auteur de 36 points la veille contre l’Allemagne, Luka Doncic enchaîne les paniers à longue distance sortis de nulle part, au point de totaliser 25 points dès la 13e minute de jeu... L’arrière des Dallas Mavericks ramène les siens à hauteur avant de les faire passer devant dès le début de la seconde reprise. Les Bleus encaissent les vagues sans céder. Ils tiennent tête à la partition quasi dépourvue de bémols du « Mozart slovène » et parviennent à maintenir l’écart grâce à de précieux stops défensifs. Les deux équipes rentrent au vestiaire sur un score de 44-40 en faveur des « Dragons » slovènes.

Seconde meilleure performance de tous les temps

Le second acte restera sans aucun doute parmi les plus spectaculaires de cet Euro 2022. Se rendant coups pour coups, les deux équipes se livrent une bataille haletante où chacune pense reprendre le dessus sur l’autre, sans jamais parvenir à la distancer. Malgré le show Doncic, le vice-capitaine des Bleus Rudy Gobert ne se dégonfle pas. Auteur de sa meilleure prestation offensive avec 19 points, il se permet même de claquer un dunk rageur sur la caboche du MVP de la rencontre, et ce quelques minutes après avoir conclu un magnifique alley-oop sur une passe de Thomas Heurtel. Le suppléant d’Evan Fournier, Elie Okobo (11 points), s’invite lui aussi à la fête avec un tir à 3 points au buzzer qui ramène les siens à égalité au terme du 3e quart-temps.Le suspense insoutenable durera jusqu’à l’avant-dernière minute. À 82 partout au tableau d’affichage, les Français ont ce qui s’apparente à une balle de match entre les mains. Mais après une faute offensive peu évidente et une intervention clairement illicite du capitaine slovène Goran Dragic dans les mains d’Evan Fournier permettant aux Slovènes de reprendre deux longueurs d’avance, les arbitres en ont décidé autrement. Malgré eux ou non, leurs coups de sifflet ont indéniablement influencé l’issue de la rencontre.

En les sanctionnant à 24 reprises, dont 13 fautes signalées sur le seul Doncic, le trio arbitral s’est attiré les foudres des joueurs français à la fin du match. « J’ai envie de dire que c’est une blague », a lâché Andrew Albicy. « Je ne sais pas comment ça marche ici, si je peux prendre une amende, mais je ne suis pas très fan de l’arbitrage », a surenchéri Amath Mbaye en zone mixte. Ces coups de sifflet, qui ont fait sortir Vincent Collet de ses gonds en conférence de presse, n’ont pas été de trop pour permettre aux Slovènes d’empocher la victoire (88-82) et de s’adjuger par la même occasion la première place de la poule. Un succès qui est avant tout l’apanage des 47 points de Luka Doncic, réalisant ainsi, on le rappelle, la seconde meilleure performance de l’histoire de l’Euro de basket. « Luka est évidemment un joueur fantastique. Il est capable d’influer sur le jeu comme peu l’ont fait dans l’histoire de ce sport », a reconnu Rudy Gobert (19 points, 8 rebonds). Mais le pivot des Wolves de Minnesota a surtout retenu l’attitude affichée par ses coéquipiers, qui n’ont jamais baissé les bras en dépit d’un adversaire qui marchait sur l’eau et des nombreuses décisions arbitrales défavorables. « Malgré tout ça, le score était à égalité quand il restait deux minutes à jouer, rappelle-t-il. On doit être meilleurs en fin de match. C’est aussi à nous de ne pas remettre le match dans la main des arbitres. » Les Bleus n’ont pas à rougir d’un tel revers. L’épilogue de cette intense phase de groupe s’apparente à la meilleure des préparations pour les matchs couperets qui s’annoncent. Les valeurs et la combativité affichées face à une adversité de la sorte laissent entrevoir de meilleurs lendemains, à en croire les dernières paroles de Rudy Gobert. « On se rend peut-être la route un peu plus difficile, mais j’ai l’impression que c’est peut-être parfois mieux pour nous », conclut-il avant de s’envoler en direction de la capitale berlinoise, futur théâtre de la phase finale de cet Euro de basket. Prochain rendez-vous samedi midi pour le début des huitièmes de finale. Prochain obstacle sur la route d’une médaille d’or que les Bleus appellent ouvertement de leurs vœux : la redoutable équipe de Turquie, arrivée en deuxième place du groupe A derrière l’Espagne.

« Il y a des défaites qui ont un goût de victoire. » Cet adage aux allures « oxymoriques », très représentatif d’une vieille manie franco-française de glorifier ses perdants magnifiques, n’est pourtant pas loin d’être adéquat pour décrire le combat qu’ont livré les basketteurs français face à la Slovénie ce mercredi à Cologne. À égalité à deux minutes du coup de sifflet final, les Bleus sont passés tout proche d’un exploit retentissant. Celui de battre une équipe tenante du titre emmenée par ce qu’il va bien falloir appeler par son nom : un extraterrestre. En inscrivant la bagatelle de 47 points, Luka Doncic a tout simplement réalisé la seconde meilleure performance individuelle de l’histoire de l’Euro de basket. Le tout à seulement 23 ans. Déchaîné, semblant...
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