Frances Tiafoe et Rafael Nadal se serrant la main après la victoire de l’Américain en 8es de finale sur le court Billie Jean King de New York. Kena Betancur/AFP
Pour son retour à New York depuis son titre en 2019, Rafael Nadal est tombé de haut. L’Espagnol a été surpassé dans tous les compartiments du jeu par la fougue de l’Américain Frances Tiafoe. Une élimination dès les huitièmes de finale de l’US Open qui tourne une page glorieuse du tennis mondial : celle de 18 ans de présence en quarts de finale d’au moins un des trois membres du « Big Three » lorsque ceux-ci étaient engagés en Grand Chelem depuis 2004. Si cette fois-ci Roger Federer et Novak Djokovic étaient absents de la ligne de départ, l’un pour cause de blessure, l’autre interdit d’entrée sur le territoire des États-Unis car non vacciné contre le Covid-19, l’événement n’en demeure pas moins historique, surtout pour Tiafoe qui s’offre ici la plus belle victoire de sa carrière.
Une première mondiale
En l’absence du Serbe et du numéro 2 mondial Alexander Zverev, qui se remet également d’une blessure, l’élimination dimanche du numéro 1 et tenant du titre Daniil Medvedev contre Nick Kyrgios rendait le Majorquin plus que favori pour décrocher un cinquième Majeur à Flushing Meadows et porter à 23 son record de titres du Grand Chelem.
Mais il est tombé sur un Tiafoe (26e mondial) qui a joué le match de sa vie alors que lui-même a regretté de ne pas avoir pu jouer son meilleur tennis. « Il a bien joué, il a très bien fait beaucoup de choses. De mon côté, j’ai eu mes chances et si je veux être en quarts, je dois jouer mieux que ça », a concédé l’Espagnol de 36 ans en conférence de presse d’après-match. « Il faut être prêt à saisir les chances qui se présentent. Et je n’en ai pas été capable. Lui a su le faire, il a joué avec la bonne détermination », a-t-il ajouté.
Nadal n’a en effet converti que deux des six balles de break qu’il s’est procurées là où Tiafoe en a converti cinq sur huit. Un réalisme sur les points importants qui lui a permis de s’imposer en quatre manches (6-4, 4-6, 6-4, 6-3) en un peu plus de 3 heures 30 de jeu. « Je ne sais pas quoi dire, je n’y crois pas... J’ai joué un tennis incroyable, je ne sais pas ce qui s’est passé », a-t-il confié, sur un nuage, avant de quitter le court Arthur-Ashe où l’exploit et l’ovation des fans américains lui avaient embué les yeux. Un public qu’il retrouvera très vite pour affronter le Russe Andrey Rublev (11e) pour une place en demi-finale, ce qui serait une première dans sa carrière à 24 ans. Les défaites de Nadal et de Medvedev laissent donc le champ libre à un vainqueur inédit en terres new-yorkaises. Les chances du Norvégien Casper Ruud et de Carlos Alcaraz, toujours en lice en quarts de finale, sont soudain montées en flèche. Dans l’autre gros match de la nuit, ce dernier est venu à bout de Marin Cilic (6-4, 3-6, 6-4, 4-6, 6-3) après un bras de fer de 3 heures 54 qui les a emmenés jusqu’à 2h23 du matin mardi. Si le jeune Espagnol venait à atteindre la finale du tournoi américain, il obtiendrait en prime la place de numéro 1 mondial, trône que Medvedev cédera dans tous les cas le 12 septembre.
Swiatek s’est fait peur
Dans le tableau féminin, l’Américaine Jessica Pegula (8e) a facilement éliminé la Tchèque Karolina Pliskova (21e) 6-3, 6-2 et jouera son premier quart de finale à Flushing Meadows. Elle retrouvera la numéro 1 mondiale Iga Swiatek qui a finalement battu l’Allemande Jule Niemeier (2-6, 6-4, 6-0) dans un match erratique où ont été commises au total 76 fautes directes et où ont été réalisés 12 breaks. « C’est vraiment satisfaisant », a cependant commenté Swiatek en expliquant : « Ce sera mon premier quart de finale à New York, alors je suis vraiment fière. » La Polonaise de 21 ans, double lauréate de Roland-Garros (2020, 2022) et première représentante de son pays à atteindre ce stade à l’US Open, a été éliminée cette année en demi-finales à l’Open d’Australie.
Elle avait ensuite perdu au deuxième tour à Dubai, mais à partir du tournoi suivant, à Doha, elle a enchaîné 37 matchs sans défaite, décrochant six titres, à Doha, Indian Wells, Miami, Suttgart, Rome et Roland-Garros, jusqu’à sa chute au troisième tour à Wimbledon.
Gabriel BLONDEL, avec AFP

