Evan Fournier essayant de se frayer un chemin au milieu de la défense hongroise. Thilo Schmuelgen/Reuters
« Une revanche à prendre. » « On était tout proche de la catastrophe. » Les mots de Vincent Collet en conférence de presse résument l’ampleur de la frayeur que son équipe s’est fait subir dans le dernier quart-temps. À l’issue d’un match en dents de scie, les Bleus arrachent un succès non moins précieux contre la Hongrie (78-74) toujours sur le parquet de Cologne. De quoi leur assurer mathématiquement une des quatre places qualificatives pour le second tour de la compétition, avant même de défier la Bosnie-Herzégovine, ce mardi, puis la Slovénie.
Toutefois, il faudra faire bien mieux pour venir à bout de ces adversaires bien plus coriaces qu’ils s’annoncent. Si l’essentiel est assuré, les tricolores ont encore une fois commis beaucoup trop d’erreurs et de pertes de balles (20 sur l’ensemble de la rencontre). Des trous d’air inquiétants qui ont permis aux Hongrois de revenir, au point d’avoir une balle pour prendre l’avantage en toute fin de match.Pourtant, à l’inverse de leurs habitudes en ce début d’Euro et en préparation, les vice-champions olympiques ont pris un départ en fanfare (19-5), avant de le voir quasiment réduit à néant à cause d’un 11-0 encaissé (19-16). « Contre l’Allemagne, c’était une affaire de basket (la défaite 76-63), a reconnu Vincent Collet. Là je trouve que notre comportement n’a pas du tout été à la hauteur de la situation. Ce match doit déclencher une vraie prise de conscience. » Après avoir mené de 15 points en fin de troisième quart-temps (65-50), la bande d’Evan Fournier a permis aux Magyars, pourtant supposés être les adversaires les plus abordables de ce groupe B, et à leur leader offensif Adam Hanga, meilleur marqueur du match avec 18 points, de revenir à une possession dans la dernière minute (74-72). Fort heureusement, après un ultime temps-mort houleux, au cours duquel Rudy Gobert (15 points, 9 rebonds) et Thomas Heurtel se sont vigoureusement expliqués, les champions d’Europe 2013 inscrivent 4 derniers points grâce au sang froid sur la ligne des lancers francs de Guerschon Yabusele, encore une fois au rendez-vous avec 17 points au compteur, et du capitaine Fournier (12 points).
Au terme d’un nouveau match sur courant alternatif, les Bleus étaient lucides sur leur performance. « On n’a pas été très sérieux », assène Andrew Albicy, loin de crier victoire. « C’est une bonne équipe, on savait que si on jouait un peu avec le feu, ils allaient revenir », embraie Guerschon Yabusele au micro du diffuseur Canal+.
Ils auront désormais un jour de repos pour l’avoir avant d’affronter mardi des Bosniens loin d’être anodins. En plus de s’être payée les tenants du titre slovènes, la bande de Jusuf Nurkic avait étouffé les Bleus à Sarajevo (96-90 après prolongations) en préambule de l’Euro, lors d’un match de qualification au Mondial 2023. « On a déjà eu l’avertissement face à eux », se remémore Rudy Gobert qui estime que son équipe a « une revanche à prendre » face à eux. Une nouvelle réaction d’orgueil est donc attendue. Celle-ci serait d’autant plus la bienvenue car elle enverrait un message aux autres favoris de la compétition, nombreux à avoir chuté ce week-end. Ce back-to-back, terme utilisé pour désigner un enchaînement de deux matchs en deux jours, a en effet fait des dégâts chez la concurrence. Que ce soit la Slovénie, stoppée par la Bosnie-Herzégovine (97-93) dans ce même groupe B, mais aussi dans le groupe A où l’Espagne a buté sur la Belgique (83-73) et la Turquie a calé contre la Géorgie (88-83).
Gabriel BLONDEL et AFP

