Rafael Nadal célébrant sa victoire au forceps aux dépens de Fabio Fognini au 2e tour de l’US Open, sur le court du stade Billie Jean King National Tennis Center de New York. Corey Sipkin/AFP
Totalement à côté de ses tennis durant un set et demi, Rafael Nadal s’est une nouvelle fois dépassé pour s’extraire du piège tendu par le fantasque Italien Fabio Fognini et ainsi accéder au 3e tour du Majeur américain. Comme prévu, la lutte fut âpre et non sans douleur, au sens propre comme au sens figuré. Déséquilibré après un revers en bout de course au milieu du quatrième set, l’Espagnol n’a pu contrôler sa raquette, qui a rebondi au sol pour ensuite cogner l’arête de son nez avec la tranche. Il a fallu attendre le ralenti pour comprendre de quoi souffrait le natif de Majorque, mains sur les tempes, contraint de rester allonger plusieurs minutes par terre. « J’étais un peu sonné et ça fait un peu mal, raconte-t-il en interview d’après-match, pansement sur le nez. Ça m’était déjà arrivé avec un club de golf, mais jamais avec une raquette de tennis ! » Malgré la vive douleur et les gouttes de sang, le quadruple vainqueur à Flushing Meadows n’a plus dévié de sa marche en avant en finissant un travail qu’il avait pourtant bien mal commencé 2h38 plus tôt (2-6, 6-4, 6-2, 6-1). Hors sujet comme rarement, il a commis la bagatelle de 27 fautes directes contre seulement 6 coups gagnants dans les deux premières manches. Tant et si bien que l’Italien (60e mondial) a mené 6-2, 3-2 service à suivre.
Mais les trous d’air ne durent jamais tout un match avec « Rafa », qui a su se révolter, poussé par la hargne et le public d’un stade Billie Jean King acquis à sa cause, à défaut de pleinement retrouver son jeu, face à Fognini qui se serait bien vu à nouveau lui jouer un mauvais tour dans le tournoi new-yorkais, comme sept années auparavant au 3e tour, en effaçant deux sets de retard. « C’est un des pires débuts de partie de ma carrière, concède le vainqueur. Je suis toujours là et ça veut beaucoup dire pour moi. » Malgré un physique de plus en plus défaillant (il avait été contraint d’abandonner en demi-finale de Wimbledon en juillet dernier) et ses 36 ans, l’homme aux 22 titres du Grand Chelem poursuit donc sa route, même si celle-ci est pour l’instant un peu accidentée, après avoir déjà lâché un premier set au 1er tour. Il affrontera au tour suivant une vieille connaissance qu’il avait rencontrée dès ses 12 ans lors d’un tournoi jeunes : Richard Gasquet (91e mondial). Tombeur, également en quatre manches, du Serbe Kecmanovic (6-2, 6-4, 4-6, 6-4) un peu plus tôt dans la nuit, le Biterrois reprend des couleurs en battant pour la première fois depuis Wimbledon 2016 un joueur aussi bien classé. La mission semble toutefois impossible pour le tricolore qui n’est jamais parvenu à sortir vainqueur d’une confrontation avec l’Espagnol en 17 rencontres sur le circuit principal. Plus tôt, son talentueux compatriote Carlos Alcaraz, tête de série numéro 4, est lui passé en force au troisième tour, en dominant l’Argentin Federico Coria (78e) 6-2, 6-1, 7-5. Après s’être révélé à New York, où il avait atteint les quarts de finale, le phénomène de 19 ans fait désormais partie des principaux prétendants au titre. Il devra confirmer ce statut face à l’Américain Jenson Brooksby (43e). Le Britannique Cameron Norrie (9e), le Russe Andrey Rublev (11e) ou encore l’Italien Jannik Sinner (13e) ont également tenu leur rang, contrairement au Polonais Hubert Hurkacz (10e), éliminé.
Carton plein pour les Françaises
Dans le sillage de la numéro 1 française Caroline Garcia, les deux autres tricolores encore en lice dans cet US Open ont validé leur ticket pour les 16es de finale. Dans l’une des meilleures formes de sa carrière, Alizé Cornet s’est fait peur dans la deuxième manche avant de remettre les pendules à l’heure. Nettement dominée dans la deuxième manche, la Française de 32 ans a repris le dessus pour éliminer la Tchèque Katerina Siniakova (83e) 6-1, 1-6, 6-3. Celle qui pointe au 40e rang du classement WTA affrontera pour une place en huitièmes de finale l’Américaine Danielle Collins (19e), celle-là même qui en début de saison a mis fin au plus beau parcours de la Française en Grand Chelem, en quarts de finale à l’Open d’Australie.
N’ayant jamais dépassé ce stade de la compétition à New York, Cornet peut compter sur un niveau de confiance à son maximum après sa brillante victoire au premier tour au détriment de la tenante du titre, la Britannique Emma Raducanu. D’autant que la Niçoise peut se targuer d’avoir établi à New York un nouveau record de 63 participations à des tournois du Grand Chelem consécutives, améliorant le record qu’elle codétenait depuis Wimbledon avec la Japonaise Ai Sugiyama.
Clara Burel, 131e mondiale et issue des qualifications, a confirmé jeudi son exploit du premier tour contre la lauréate du dernier Wimbledon en se qualifiant pour le troisième tour de l’US Open aux dépens de la Belge Alison van Uytvanck (43e) 6-4, 4-6, 6-4.
La Française, qui participe à 21 ans à son second Majeur new-yorkais (élimination au premier tour en 2021), affrontera la Biélorusse Aryna Sabalenka, 6e mondiale et demi-finaliste en 2021, pour tenter de s’inviter pour la première fois de sa jeune carrière en seconde semaine d’un tournoi du Grand Chelem.
Source : AFP

