Si Audi a levé le voile hier sur son programme en F1 en marge du Grand Prix de Belgique, au sens figuré comme au sens propre – en présentant une monoplace de démonstration à ses couleurs (photo) –, des zones d’ombre restent à éclairer : de quelle écurie sera-t-il le motoriste et quelle forme prendra son engagement ? John Thys/AFP
En attendant Porsche, voici Audi : le constructeur allemand fera ses débuts en F1, en 2026, comme motoriste, a annoncé hier vendredi son PDG lors d’une conférence de presse en marge du Grand Prix de Belgique. Audi développera son moteur hybride à Neubourg-sur-le-Danube, en Bavière, et nouera un partenariat avec une écurie du championnat du monde de F1 « qui doit être annoncé d’ici à la fin de l’année », a expliqué Markus Duesmann à Spa-Francorchamps.
Cette équipe pourrait être Sauber, qui court actuellement en F1 sous l’appellation Alfa Romeo et est motorisée par Ferrari, selon la presse spécialisée. Un indice de plus est venu renforcer cette hypothèse hier, avec l’annonce par Alfa Romeo de la fin de son partenariat avec Sauber fin 2023. Libre, l’écurie suisse basée à Hinwill pourrait ainsi s’allier avec Audi et lui fournir les châssis.
Timing parfait
La marque du groupe Volkswagen rejoint Mercedes, Ferrari, Renault et Red Bull (avec la technologie Honda) comme motoriste de la catégorie reine du sport auto. Cette annonce intervient dix jours après l’approbation, par le Conseil mondial du sport automobile de la FIA, d’un règlement sur les nouveaux moteurs des F1 pour 2026. « C’est un timing parfait. Avec les nouvelles règles, la F1 change d’une façon qui nous permet d’arriver, avec une part très importante de l’électrique » dans le moteur hybride, a développé Markus Duesmann, présent en Belgique aux côtés de Stefano Domenicali, PDG de la F1, et de Mohammad ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).
Les moteurs, déjà hybrides depuis 2014, verront à partir de 2026 une augmentation de l’énergie électrique et utiliseront des carburants 100 % durables, prérequis pour la marque allemande. « Nous avons décidé de devenir un constructeur automobile 100 % électrique » d’ici à 2033, a rappelé le PDG de la marque de luxe aux quatre anneaux. Audi a également souligné l’importance du plafond budgétaire déjà existant pour les écuries et de la mise en place en 2023 d’un autre plafond, sur les coûts pour les motoristes cette fois. « C’est un événement majeur pour notre sport, a applaudi Stefano Domenicali. C’est une reconnaissance importante du fait que notre choix de moteurs hybrides à carburant durable en 2026 est une solution d’avenir pour le secteur automobile. »
Audi, engagé comme l’ensemble du groupe Volkswagen dans un vaste virage électrique, espère ainsi profiter de la F1, en plein regain d’intérêt ces dernières années, pour afficher ses technologies et ambitions plus « vertes ». Son arrivée marque par ailleurs le retour d’une fabrication sur le sol allemand d’un moteur de F1, Mercedes concevant les siens au Royaume-Uni. Le constructeur modifie les infrastructures déjà existantes d’Audi Sport à Neubourg pour les amener « aux standards de la F1 », a expliqué son président.
Avec Sauber ?
S’ils ont levé le voile sur leur programme, au sens figuré comme au sens propre, en présentant une monoplace de démonstration aux couleurs d’Audi, des zones d’ombre restent à éclairer. La possibilité de monter une équipe à part entière a été écartée, et Audi a discuté avec plusieurs écuries pour une association. « Selon l’équipe, la forme de notre engagement sera différente », a annoncé Markus Duesmann. Si McLaren, Aston Martin ou encore Williams ont été cités dans le cadre d’un rachat ou d’un partenariat, Sauber – qui continuera de courir jusqu’à fin 2023 sous le nom de son sponsor titre Alfa Romeo – apparaît désormais comme le partenaire le plus probable.
L’arrivée en F1 d’Audi, treize fois vainqueur des 24 Heures du Mans, marque la fin de son programme de retour en endurance (catégorie LMDH). En revanche, Audi compte toujours gagner le rallye-raid Dakar avec son moteur hybride, premier du genre dans la célèbre course. Une autre marque du groupe Volkswagen, Porsche, devrait prochainement annoncer sa venue en F1. Markus Duesmann a parlé de « deux programmes complètement séparés. Nous allons avoir nos infrastructures en Allemagne, et si Porsche arrive, ils auront les leurs au Royaume-Uni ».
Cette précision roule dans la direction, pour la marque de Stuttgart, d’un possible retour via un partenariat avec Red Bull : un rachat à hauteur de 50 % de l’écurie autrichienne basée à Milton Keynes (Angleterre), actuelle leader du championnat du monde. Porsche, à la différence d’Audi, a déjà connu trois périodes en F1 : au début des années 1960 comme écurie d’usine, comme motoriste de McLaren (1983-1987) puis en 1991 de l’éphémère équipe Footwork.
Olivier LEVRAULT/AFP

