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Moyen-Orient - DROITS DE L’HOMME

Incarcéré en Arabie saoudite, le poète palestinien Ashraf Fayad a été libéré

Le poète palestinien, détenu depuis janvier 2014 dans une prison saoudienne, a été libéré mardi, selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme. 

Incarcéré en Arabie saoudite, le poète palestinien Ashraf Fayad a été libéré

Le poète palestinien Ashraf Fayad est né en 1980 à Gaza. Il était détenu dans une prison saoudienne depuis janvier 2014. Photo Facebook

Les raisons qui ont motivé la décision saoudienne sont pour l’heure inconnues. Mais pour beaucoup de proches ou de moins proches, cela n’enlève rien à la joie éprouvée face à ce qui est présenté comme une victoire arrachée au camp de l’arbitraire et de l’autoritaire. Le poète palestinien, Ashraf Abdulsattar Fayad, détenu depuis plus de huit ans dans une prison saoudienne, a été libéré mardi, selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

L’artiste gazaoui avait été condamné à mort le 17 novembre 2015 pour « apostasie », suite à la publication de ses poèmes, avant que sa peine ne soit réduite, le 2 février 2016 par la Cour d’Appel d’Abha (Arabie Saoudite), à huit années de prison ferme – ayant pris fin en octobre dernier – et huit cent coups de fouets.

Le quadragénaire avait été arrêté pour la première fois le 6 août 2013 sur la base de plaintes déposées auprès du « Comité de la promotion de la vertu et de prévention du vice ». Il était alors accusé de « colporter des idées fallacieuses et trompeuses », mais avait été libéré un jour plus tard en l’absence de preuves. Il est arrêté une nouvelle fois le 1er janvier 2014, puis emprisonné à Abha, dans le sud-ouest du royaume, pour diffusion de l’athéisme et incitation à l’apostasie. Il est également accusé de violation de l’article 6 de la loi de lutte contre le crime en ligne.

Les conditions du procès, qui s’étale sur six séances, sont jugées déplorables par des organisations de défense des droits de l’Homme. « Son procès a eu lieu en l’absence du respect des normes internationales les plus fondamentales – celles d’un procès équitable et d’une procédure régulière, avec notamment le refus d’accès à un avocat », dénonce ainsi le Gulf Center for Human Rights. 

Malgré ces circonstances, la sentence tombe finalement le 16 mai 2014. Elle aboutit à une condamnation à quatre années de prison et huit cents coups de fouet, avant que la cour ne revienne sur sa décision, en appel, le 17 novembre 2015, prononçant la peine capitale pour apostasie.

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Une campagne de solidarité, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, se répand à l’international afin de faire pression sur les autorités saoudiennes dans le but d’obtenir la libération du poète. Plus de 120 personnalités françaises issues du monde de la culture publiaient ainsi il y a une dizaine de jours une lettre adressée à Emmanuel Macron afin de demander la libération du poète. « Vous avez reçu récemment Mohammed ben Salmane, prince héritier du royaume d’Arabie Saoudite. Compte tenu des relations qui existent entre la France et ce pays, nous vous demandons d’instamment intervenir en faveur du poète Ashraf Fayad », pouvait-on lire, le 15 août dernier, dans les colonnes du quotidien français Libération.

Né en 1980 à Gaza, l’artiste est établi depuis plusieurs années en Arabie Saoudite, où sa famille est installée depuis des décennies. Il avait notamment représenté le royaume lors de la Biennale de Venise en 2013. Afin de faire connaître son travail au public occidental, son premier recueil de poèmes « Instructions, à l’intérieur », initialement publié par la maison d’édition Al-Farabi à Beyrouth en 2007, est traduit de l’arabe au français par l’écrivain marocain Abdellatif Laâbi en 2016.

Les textes d’Ashraf Fayad traitent de la condition des réfugiés palestiniens, de l’exil, de l’amour, de la mort ou encore de l’absence.

Il écrivait, ainsi: « Maison : une carte glissée dans un porte-monnaie. Argent : du papier sur lequel a été dessiné les portraits de leaders. Photo : vous représente jusqu’à votre retour. Et le retour : un mythe… mentionné dans les contes de grand-mère » (Home: A card placed in the wallet / Money: Papers on which the leaders’ portraits are drawn / Photo: on your behalf until you return / And the return: a mythical being... mentioned in the grandmother’s tales). 

Les raisons qui ont motivé la décision saoudienne sont pour l’heure inconnues. Mais pour beaucoup de proches ou de moins proches, cela n’enlève rien à la joie éprouvée face à ce qui est présenté comme une victoire arrachée au camp de l’arbitraire et de l’autoritaire. Le poète palestinien, Ashraf Abdulsattar Fayad, détenu depuis plus de huit ans dans une prison saoudienne, a...
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