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Lifestyle - This is America

Josephine Baker, agent très secrète

Célèbre star du Music Hall des années 20, très appréciée par ses fans dans le monde entier, l’« autre vie » de Josephine Baker était également intense, sans qu’elle n’ait jamais soufflé mot de ses activités patriotes. Un livre vient de sortir pour expliquer les actions cachées de cette femme qui fut une discrète résistante.

Josephine Baker, agent très secrète

Josephine Baker en uniforme de l’armée de l’air française en 1948. Creative Commons/Studio Harcourt, Paris

Dans son ouvrage intitulé Agent Josephine, American Beauty, French Hero, British Spy (Agent Josephine, beauté américaine, héroïne française et espionne britannique) qui vient de paraître aux États-Unis, Damien Lewis, un historien américain fasciné et intrigué par le côté femme de l’ombre de l’iconique star des années 20, Josephine Baker revient sur les aspects cachés de sa vie. Car elle n’en avait jamais soufflé mot… Pourtant, elle avait reçu l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur, la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, la médaille commémorative des services volontaires dans la France libre et la Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945. En 1946, en lui remettant la médaille de la Résistance, le général de Gaulle l’a honorée en ces termes : « Chère Mademoiselle Josephine Baker, c’est en toute connaissance de cause, et de tout cœur, que je vous adresse mes sincères félicitations pour la haute distinction de Résistance française qui vous a été attribuée. » Parce que ses activités clandestines ont toujours été classées secrètes, l’auteur a joué les détectives pour tenter d’en découvrir la nature. Il s’est appuyé sur un très grand nombre de nouveaux documents historiques et des recherches rigoureuses, y compris des lettres et des journaux jusque-là non divulgués, pour percer cet aspect de Josephine Baker. Son but était d’expliquer pourquoi elle mérite pleinement la place qu’elle occupe au Panthéon français depuis le 30 novembre 2021. Elle est la sixième femme à avoir cet honneur.

Josephine Baker et sa fameuse ceinture bananes en 1927. Lucien Valery/Creative Commons

Artiste féminine la mieux payée d’Europe

Dans la première moitié du XXe siècle, Josephine Baker était l’une des femmes les plus célèbres au monde. Née Freda Josephine McDonald le 3 juin 1906 à Saint-Louis dans le Missouri, elle devient une star de la scène parisienne dans les années 1920, après avoir quitté son pays d’origine. Outre son talent, sa générosité, sa gentillesse et sa discrétion, les histoires d’elle marchant sur les Champs Élysées avec son animal de compagnie (et parfois covedette), un guépard nommé Chiquita, ont fait d’elle une légende.

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Dans Agent Josephine, le prolifique historien va plus loin, dépassant cette imagerie à sensation, arguant que Baker était une espionne pour les Britanniques. Avant la Seconde Guerre mondiale, Josephine Baker était une diva du Music Hall réputée pour ses chansons et ses danses exotiques, sa beauté et sa sensualité. Elle était l’artiste féminine la mieux payée d’Europe. Lorsque les nazis se sont emparés de sa ville d’adoption, Paris, elle a été bannie de la scène, ainsi que tous les « nègres et les juifs ». Cependant, au lieu de retourner en Amérique, elle jure de rester et de combattre le mal nazi dans ce pays qui l’avait si bien accueillie. Selon Lewis, il est certain que cette star couvrant sa nudité avec une ceinture bananes et dansant sur des rythmes endiablés s’était engagée comme infirmière dans la section des parachutistes français.

L'ouvrage de Damien Lewis, qui vient de sortir aux États-Unis, révèle les aspects cachés de la résistante Baker. Photo DR

« J’ai deux amours, mon pays et Paris »

Cet engagement selon lui était en fait une couverture pour collaborer avec la Résistance. Il écrit aussi que Baker avait confié à son biographe, Marcel Sauvage, « très peu de choses sur ses activités de guerre qu’elle menait délibérément au nom des alliés. Elle a rarement, voire jamais, parlé ou écrit en détail sur son engagement dans la guerre et s’en est allée en 1975, emportant dans sa tombe un grand nombre de ses secrets. Baker a certes fait partie de la Résistance et aurait parfois et, très probablement aussi, était un agent spécial ». En 1941, elle avait notamment rassemblé un grand nombre de personnes dans son château des Milandes en Dordogne pour écouter l’appel du général de Gaulle lancé depuis Londres. Puis, entre 1941 et 1944, elle s’installe au Maroc pour soutenir les troupes alliées, se lançant dans une longue tournée en jeep de Marrakech au Caire, puis au Moyen-Orient, de Beyrouth à Damas, y glanant toutes les informations qu’elle pouvait auprès des officiels qu’elle rencontrait. Dans ce même ouvrage, l’auteur fait graviter autour d’elle des personnages hauts en couleurs : le capitaine Maurice-Léonard Abtey, qui se rendait au travail en kayak sur la Seine, le père Dillard, un châtelain devenu jésuite et résistant, et Hans Müssig, un espion secret un peu James Bond. Enfin, l’agent Josephine Baker avait même réussi à séduire les grands noms de l’industrie de luxe. Christian Dior et Balmain aimaient l’habiller. Le grand joaillier Cartier avait mis en vente des répliques d’un bracelet qu’elle lui avait commandé à l’intention de l’un de ses amoureux et sur lequel elle avait fait graver quatre lettres, PFQA (Plus fort que l’amour). De part et d’autre de l’Atlantique, Josephine Baker a cependant toujours été fidèle à deux grands amours qu’elle a célébré toute sa vie dans sa chanson inoubliable, J’ai deux amours : « J’ai deux amours/Mon pays et Paris/Par eux toujours/Mon cœur est ravi/Manhattan est belle/Mais à quoi bon le nier/Ce qui m’ensorcelle, c’est Paris. »


Dans son ouvrage intitulé Agent Josephine, American Beauty, French Hero, British Spy (Agent Josephine, beauté américaine, héroïne française et espionne britannique) qui vient de paraître aux États-Unis, Damien Lewis, un historien américain fasciné et intrigué par le côté femme de l’ombre de l’iconique star des années 20, Josephine Baker revient sur les aspects cachés de sa...

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Josephine for ever...

Wlek Sanferlou

15 h 32, le 04 août 2022

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Commentaires (1)

  • Josephine for ever...

    Wlek Sanferlou

    15 h 32, le 04 août 2022

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