Le peloton du Tour de France cycliste passant hier devant trois Citroën 2CV vintage garées côte à côte, lors de la 19e étape entre Castelnau-Magnoac et Cahors. Thomas Samson/AFP
Aujourd’hui, un contre-la-montre de 40,7 km dans le Lot sépare les rescapés du Tour de France cycliste de la capitale Paris, pour la 20e et avant-dernière étape. Le parcours relie Lacapelle-Marival à Rocamadour, l’un des grands sites touristiques de la région et halte sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. « En soi, le parcours n’est pas extrêmement difficile. Il est plutôt roulant, les routes sont assez sinueuses et techniques », a estimé le directeur de course Thierry Gouvenou. « Dans les dix derniers kilomètres, il y a deux vraies côtes dont la dernière, la montée de Rocamadour, est à quasiment 8 % de moyenne sur 1,5 km. Le final est redoutable, dans un cadre magnifique », a ajouté le responsable de la course. Tout comme Lacapelle-Marival, Rocamadour accueille le Tour pour la première fois en 109 éditions de la Grande Boucle. Le départ du maillot jaune, dernier coureur à s’élancer, est prévu à 17h00 (à 18h00 au Liban) pour environ 49 minutes d’effort, suivant les prévisions des organisateurs.
Hier, les coureurs du peloton se sont élancés pour la 19e étape, quittant les montagnes pyrénéennes pour prendre la direction de Cahors sur un parcours de 188,3 km taillé pour les sprinteurs. L’Espagnol Enric Mas, qui était 11e au classement général toujours dominé par le Danois Jonas Vingegaard, a quitté la course en raison d’un test positif au Covid-19, portant à seize le nombre de coureurs qui ont dû abandonner la course en raison du coronavirus. Le départ a été donné à Castelnau-Magnoac, dans les Hautes-Pyrénées. L’arrivée devait être jugée en faux plat dans la préfecture du Lot, à Cahors donc, sur une pente de l’ordre de 5 à 6 % près des rives du Lot. La course aura entre-temps traversé le Gers et le Tarn-et-Garonne, en passant par la bastide médiévale de Lauzerte, avant d’entrer dans le Lot par le village de Montcuq-en-Quercy-Blanc. Cahors (20 000 habitants) accueille le Tour pour la troisième fois dans l’histoire de la Grande Boucle, 28 ans après le succès de Jacky Durand, alors champion de France.
Vingegaard domine la montagne
Pour sa part, Vingegaard a le Tour en main : le Danois a dominé jeudi à Hautacam la 18e étape, la dernière de montagne dans les Pyrénées, et a distancé son seul rival, le Slovène Tadej Pogacar. Les écarts, très importants, garantissent une sécurité à Vingegaard, lancé vers sa première victoire dans le Tour de France avec une toute-puissante équipe Jumbo qui a trusté les honneurs sur les hauteurs de Hautacam. Vingegaard compte désormais une marge de 3 min 26 sec sur Pogacar au classement général. Le troisième, le Gallois Geraint Thomas, pointe à 8 minutes.
Sous le regard du président français Emmanuel Macron, venu assister au final dans la voiture du directeur du Tour, Christian Prudhomme, Vingegaard a enlevé son second succès d’étape depuis le grand départ, après son coup de force du col du Granon dans la 11e étape. Il a assuré aussi sa victoire dans le Grand Prix de la montagne, symbolisé par le maillot à pois du meilleur grimpeur. Côté français, Emmanuel Macron a dû se satisfaire de la performance de David Gaudu, 5e de l’étape derrière Geraint Thomas et désormais 4e au classement général devant le Colombien Nairo Quintana. En cette chaude journée, Pogacar s’est comporté en parfait challenger. Il a multiplié les démarrages (quatre fois !) dans le col de Spandelles, la deuxième des trois ascensions du jour. Jusqu’à sa chute dans la descente, un virage pris trop large et une perte d’adhérence sur les gravillons du bord de la route. Vingegaard, qui avait lui-même échappé à la chute quelques instants plus tôt, a attendu son rival qui l’a remercié. À l’opposé du duel au couteau entre l’Espagnol Alberto Contador et le Luxembourgeois Andy Schleck dans le Tour 2010, qui avait suscité la polémique à la surprise des « anciens » partisans d’un cyclisme guerrier. Pogacar, un filet de sang sur la cuisse gauche, est resté ensuite le plus souvent dans le sillage de Vingegaard. Dans la montée finale, longue de 13,6 km à 7,8 % de pente moyenne, il a tenu le rythme avant de céder à 4,4 km de la ligne et perdre un peu plus d’une minute sur son rival.
Incroyable Van Aert
Symboliquement, Pogacar a lâché prise sur une accélération de... Wout Van Aert, parti dans l’échappée-fleuve initiale et encore en tête dans la montée finale abordée avec le Français Thibaut Pinot et le Colombien Daniel Felipe Martinez. Omniprésent depuis le début du Tour, le porteur du maillot vert a réalisé une nouvelle fois une performance d’exception. Il a lancé Vingegaard après la banderole des quatre derniers kilomètres et a pris la 3e place de l’étape, à 2 min 10 sec.
Jaune (Vingegaard), vert (Van Aert), à pois (Vingegaard)... Jumbo a raflé les maillots distinctifs de ce Tour à l’approche du final. Seul le blanc de meilleur jeune est acquis à Pogacar.
Source : AFP

