Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Explosions au port de Beyrouth

Une plainte déposée au Texas par des proches de victimes contre la société qui aurait affrété le Rhosus


Une plainte déposée au Texas par des proches de victimes contre la société qui aurait affrété le Rhosus

Les silos endommagés du port de Beyrouth, le 14 avril 2022. Photo d'archives Matthieu Karam

Des proches de victimes de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020, ont déposé lundi une plainte au Texas, avec le soutien de la fondation suisse Accountability Now, à l'encontre du groupe américano-norvégien de services géophysiques TGS ASA, qui serait lié, via une autre entreprise avec laquelle TGS a fini par fusionner, à l'affrètement du navire Rhosus à bord duquel se trouvaient des tonnes de nitrate d'ammonium qui ont explosé des années après leur entreposage au port de Beyrouth.

"TGS possède Spectrum Geo (Royaume-Uni), une entreprise de services géophysiques avec laquelle elle a fusionné en 2019 et qui avait conclu une série de contrats très rentables mais suspects avec le ministère de l'Énergie au Liban", peut-on lire dans un communiqué diffusé par Accountability Now. 

Le ministre de l'Energie à l'époque était Gebran Bassil, gendre du président Michel Aoun et chef du Courant patriotique libre, qui a toutefois démenti tout lien avec la compagnie. 

"Le bénéfice de ces contrats pour la population libanaise n'est pas clair. C'est dans le cadre de l'exécution du contrat datant de 2012 que Spectrum a affrété le Rhosus, un navire en mauvais état battant pavillon moldave, pour qu'il se rende à Beyrouth avec à son bord 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium", ajoute le texte.

Selon Accountability Now, la plainte déposée par les proches de victimes comporte une demande d'indemnisation pour dommages corporels et matériels dont le montant s'élève à 250 millions de dollars. La fondation suisse dit être déterminée à continuer d'aider la société civile pour mettre fin à l'impunité au Liban.

"Ce procès est une première. C'est une façon de contourner les obstacles auxquels fait face l'enquête au Liban", a déclaré à l'AFP Zeina Wakim, avocate au sein de d'Accountability Now. "Les preuves qui vont émerger au cours de cette procédure pourront aussi servir à faire avancer l'enquête au Liban", a-t-elle ajouté.

La Rhosus était entré au port de Beyrouth en novembre 2013. Parti depuis la Géorgie et censé livrer sa cargaison à une société mozambicaine, le navire-poubelle (jugé inapte à la navigation) était resté amarré au port de Beyrouth avant de couler en 2018. Sa cargaison avait été déchargée quatre ans plus tôt dans le port de Beyrouth et stockée dans le hangar numéro 12 sans les mesures de sécurité appropriées. Rien n'avait été concrètement entrepris pour évacuer les matières dangereuses malgré plusieurs rapports alertant les autorités libanaises sur le danger que représentait ce nitrate d’ammonium. La cargaison avait finalement explosé le 4 août 2020.

Confiée au juge Tarek Bitar, l'enquête au Liban est suspendue depuis des mois en raison des nombreux recours présentés à son encontre par plusieurs responsables politiques et sécuritaires qu'il poursuit.


Des proches de victimes de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020, ont déposé lundi une plainte au Texas, avec le soutien de la fondation suisse Accountability Now, à l'encontre du groupe américano-norvégien de services géophysiques TGS ASA, qui serait lié, via une autre entreprise avec laquelle TGS a fini par fusionner, à l'affrètement du navire Rhosus à bord...