La juge Ghada Aoun lors de sa perquisition des locaux de l’entreprise Prosec. Photo d’archives ANI
La procureure générale près la Cour d'appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, a comparu mercredi devant le président de la 6e chambre (pénale) de la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, après avoir été déférée en juin dernier devant le Conseil de discipline, une instance chargée de statuer sur les infractions reprochées aux juges.
Le mois dernier, l'audience de la juge Aoun avait été reportée par le Conseil de discipline, car elle avait demandé un délai en vue de nommer un avocat pour sa défense.
Mercredi, Ghada Aoun a comparu devant le juge Hajjar en présence de son avocate, Pascale Fahd. Mme Aoun a témoigné au sujet de ce qui lui est reproché, à savoir "manquement au devoir de réserve et pratique de pression sur les magistrats de la Cour d'appel chargés de l'examen de la plainte en cours contre elle", précise l'Agence nationale d'information. "Je ne m'immisce pas dans le travail des juges et n'exerce aucune pression, j'ai simplement exprimé un avis du point de vue de la loi", a-t-elle déclaré. Concernant le devoir de réserve, la magistrate a appelé à ce que celui-ci "soit appliqué pour tous les magistrats, loin du clientélisme". A la suite de cette audience, le juge Hajjar doit fournir un rapport au Conseil de discipline.
Ghada Aoun avait été déférée une première fois en avril 2021 devant l’Inspection judiciaire, après ses descentes ultra médiatisées au siège de la société Mecattaf, à Aoukar (Metn), devant une foule de partisans du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) qu’elle avait harangués. Mme Aoun avait également refusé de se conformer à une décision du procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate, consistant à la dessaisir des affaires liées aux crimes financiers. La magistrate, qui a engagé au cours des dernières années des poursuites contre plusieurs responsables, dont le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, se retrouve souvent au centre de remous judiciaires et est réputée pour sa proximité avec le camp présidentiel et le CPL.


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