Le peloton traversant la ville de Haderslev lors de la troisième et dernière étape danoise de la 109e édition du Tour de France cycliste. Marco Bertorello/AFP
Photo-finish indispensable dans le Tour de France cycliste (la Grande Boucle) : Dylan Groenewegen a devancé d’extrême justesse le maillot jaune Wout Van Aert – deuxième pour la troisième fois de suite – à l’arrivée de la troisième étape, ultime journée danoise, dimanche en fin d’après-midi.
En deux jours, les deux sprints massifs disputés au Danemark ont couronné les deux grands protagonistes du sprint dramatique du Tour de Pologne en août 2020. Après la victime, Fabio Jakobsen, vainqueur samedi à Nyborg, c’est Dylan Groenewegen, à l’origine de la chute de Jakobsen en Pologne, qui a gagné. À 29 ans, Groenewegen, absent des deux dernières éditions du Tour, a renoué avec le succès. Il s’est adjugé sa cinquième étape du Tour, sa sixième victoire de la saison depuis qu’il a quitté l’hiver dernier l’équipe Jumbo pour rejoindre BikeExchange.
Il s’en est fallu toutefois d’un boyau pour que Van Aert ne l’emporte sur la chaussée de Sönderborg, un port situé près de la frontière avec l’Allemagne. « Cela doit être un record de terminer trois fois deuxième sur le Tour de France », a regretté Van Aert qui a plaidé coupable. « Je suis déçu car je pense que je peux gagner si je reste un peu plus longtemps dans la roue de Christophe (Laporte). C’est ma faute de ne pas lui avoir fait davantage confiance », a ajouté Van Aert qui a savouré sa première journée en jaune au long de cette étape de 182 km.
La grande fête danoise
Pour cette dernière étape au Danemark avant le transfert hier en France, la course s’est transformée en une longue parade entre deux haies serrées de spectateurs qui ont fêté Magnus Cort Nielsen, porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur, puis le peloton.
Magnus Cort Nielsen, déjà échappé la veille samedi, s’est isolé dès le premier kilomètre pour ouvrir la route avec une avance qui a culminé à six minutes. Il s’est offert une balade inoubliable de quelque 130 km pour cette incursion inédite du Tour au Danemark devant un peloton mené par les principales équipes des sprinteurs (Quick-Step, Lotto, BikeExchange, Alpecin). Dans l’exercice, l’équipe de Jakobsen a préparé le terrain sans que ce dernier, enfermé, puisse conclure (cinquième). « Il n’a peut-être pas pris les mêmes risques que les autres, a analysé son coéquipier Florian Sénéchal. On a fait un supertravail, mais cela ne peut pas marcher à chaque fois. »
Victorieuse des deux premières étapes, l’équipe Quick-Step n’a pu poursuivre la série dans ce sprint très serré entre les quatre premiers. Jasper Philipsen a terminé presque sur la même ligne (troisième) devant Peter Sagan (quatrième), mécontent dans un premier temps avant de revoir les images TV et admettre la régularité du sprint, notamment de la part de Van Aert.
Un long transfert
Après la course, les coureurs ont pris la direction de l’aéroport de Sönderborg pour rejoindre le nord de la France par avion.
« Pour les coureurs, qui sont bichonnés, ce n’est pas un problème », a estimé Marc Madiot, le patron de l’équipe Groupama-FDJ. « Ils prennent une douche dans le bus et sont le soir à l’hôtel pour avoir une pleine journée de repos lundi (hier) », a-t-il ajouté. « En revanche, c’est autre chose pour l’encadrement qui va rentrer sur deux jours », a précisé Madiot à propos du transfert de quelque 900 kilomètres. « Il faut veiller à respecter les normes de sécurité et les règles : en France, on est salarié, alors qu’à l’étranger, ce sont souvent des travailleurs indépendants, et ce n’est pas la même chose pour les conséquences juridiques », a-t-il conclu.
La course reprend aujourd’hui mardi pour la quatrième étape. Première occasion pour les puncheurs, cette étape du Tour de France visitera les monts des Flandres et du Boulonnais, entre Dunkerque et Calais, sur un parcours long de 171,5 km. « Les côtes ne sont pas insurmontables, estime le directeur de course Thierry Gouvenou. Mais le placement sera primordial, car il y a très souvent du vent dans le Pas-de-Calais et les monts des Flandres. »
Six côtes, toutes classées en quatrième catégorie, sont échelonnées sur le parcours, qui épouse le tracé côtier sur les 25 derniers kilomètres. La première est située à Cassel (km 30), haut lieu des Quatre Jours de Dunkerque, la dernière au-dessus des falaises crayeuses du cap Blanc-Nez (km 160), qui est l’un des sites réputés de la côte d’Opale. « On peut s’attendre à un final très dynamique », annonce le directeur de course avant l’arrivée jugée dans la sous-préfecture du Pas-de-Calais où les sprinteurs peuvent également viser la victoire.
Source : AFP

