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Politique - Décryptage

Des indices positifs dans la région et de possibles répercussions sur le Liban

Des indices positifs dans la région et de possibles répercussions sur le Liban

Le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem. Photo ANI

Depuis la publication mardi de l’article de David Hearst dans Middle East Eye, de nombreuses parties locales et régionales ont tenté d’obtenir une réaction soit de la part des autorités saoudiennes, soit de la part du Hezbollah. Dans cet article, le journaliste parle d’une rencontre discrète entre une délégation saoudienne et le numéro deux du Hezbollah Naïm Kassem, qui se serait tenue à la fin du mois de mars dans la banlieue sud de Beyrouth et aurait porté sur la guerre au Yémen. Cette réunion – dont la tenue n’est pas confirmée – aurait en quelque sorte précédé la trêve annoncée au Yémen, qui se poursuit tant bien quel mal aujourd’hui.

Il a fallu attendre hier un tweet de l’ambassadeur d’Arabie à Beyrouth Walid Boukhari pour obtenir un démenti de cette information qu’il a qualifiée de « ridicule ». Par contre, du côté du Hezbollah il n’ y a eu aucune réaction. Ce qui est sûr pour l’instant, c’est que le dossier de la guerre au Yémen a connu un important développement, avec d’abord la conclusion d’une trêve de trois mois, puis sa prolongation pour trois nouveaux mois. Depuis quelque temps déjà, les médias régionaux et internationaux font état de l’importance de la question yéménite pour les autorités saoudiennes qui souhaiteraient trouver une issue acceptable à cette guerre qui dure depuis l’été 2014 et qui, sous couvert de guerre civile, oppose en réalité les houthis (Ansarallah), appuyés par l’Iran et ses alliés, aux forces dites réglementaires, appuyées par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. Depuis plusieurs années, le conflit piétine et s’enlise provoquant une crise sociale sans précédent, mais les protagonistes ne sont pas parvenus à entamer un dialogue.

Selon des sources diplomatiques arabes, lorsque les pourparlers ont commencé entre représentants saoudiens et iraniens en Irak, sur une initiative de l’actuel Premier ministre Moustafa el-Kazimi, la partie saoudienne a très vite réclamé que le dossier yéménite soit abordé. Mais la réponse iranienne a été très claire dès le début : il faut en parler avec les houthis eux-mêmes, nous ne pouvons pas négocier à leur place. Au cours de l’une de ces rencontres (officiellement au nombre de quatre), l’idée aurait été lancée d’entamer un dialogue avec le Hezbollah, qui aurait une influence sur les dirigeants houthis qui, eux, refusent jusqu’à présent de participer à toute initiative de ce genre. Le Hezbollah avait aussitôt démenti cette information, précisant qu’il n’est pas question pour lui de négocier au nom des houthis. Cela s’est passé il y a près d’un an. Entre-temps, la guerre au Yémen n’a cessé de s’aggraver, devenant un véritable poids pour toutes les parties qui y sont impliquées, notamment pour les Émirats arabes unis qui ont mis un bémol il y a quelques mois à leur participation à la coalition conduite par les Saoudiens.

Réunion des ministres des AE arabes à Beyrouth

Dans ce contexte complexe, où les enjeux régionaux constituent un facteur important, il se pourrait que dans le cadre des rencontres irano-saoudiennes en Irak, l’idée de parler avec le Hezbollah pour faciliter un dialogue au sujet du Yémen ait pu faire son chemin. En tout cas, la trêve de trois mois a bel et bien été conclue, accompagnée de la démission du président légal, Abd Rabbo Mansour Hadi, qui constituait le principal prétexte de l’intervention saoudienne au Yémen. Bien que fragile et partielle, puisqu’il n’y a pas encore eu de levée du blocus imposé par la coalition aux régions contrôlées par Ansarallah, cette trêve a été récemment prolongée de trois nouveaux mois. Ce qui est forcément considéré comme un indice positif sur la volonté des deux parties de donner une chance à un accord de plus longue durée. D’ailleurs, brusquement, et alors que durant ces dernières semaines l’on parlait de plus en plus d’une guerre régionale imminente, les signaux positifs semblent se multiplier. D’abord, le Premier ministre irakien a effectué deux visites à Téhéran et à Riyad pour donner un nouveau coup de pouce aux discussions irano-saoudiennes qui devraient se poursuivre désormais au niveau des ministres des Affaires étrangères à Doha. En même temps, toujours à Doha, les négociations entre l’Iran, les États-Unis et l’Europe sur le dossier nucléaire, mais aussi probablement sur d’autres sujets, ont repris hier. Le prince héritier d’Arabie Mohammad ben Salmane a quant à lui effectué une tournée qui l’a mené en Égypte, en Turquie et en Jordanie. Dans ce dernier pays, le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre entre MBS et le roi Abdallah a adopté un ton plus conciliant au sujet du Liban et du Hezbollah. Les sources diplomatiques arabes précitées considèrent que toutes ces rencontres s’inscrivent dans une même logique, celle de préparer la tournée du président américain Joe Biden dans la région, prévue à la mi-juillet et qui, contrairement à ce qui a été dit précédemment, vise à renforcer la stabilité au lieu de pousser vers une explosion qui ne serait dans l’intérêt d’aucune des parties concernées.

Toujours dans le cadre des indices positifs, le Liban devrait accueillir samedi une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères dans le cadre des concertations préparatoires initiées par la Ligue arabe, en prévision du sommet qui doit se tenir à Alger en automne. Peu de détails ont été divulgués jusqu’à présent au sujet de cette réunion, mais les ministres arabes devraient commencer à arriver à Beyrouth à partir d’aujourd’hui. Le ministre qatari est ainsi attendu dans les prochaines heures et les autres devraient arriver vendredi. Un dîner en leur honneur est prévu au Sérail vendredi soir. Le Liban attache d’ailleurs beaucoup d’importance à cette réunion. Le fait qu’elle se tienne au Liban, en ce timing précis, est un message fort adressé à l’intérieur et à l’extérieur et il devrait mettre un terme à la polémique au sujet de l’arabité du Liban. Si elle n’est pas destinée à prendre des décisions, cette réunion sera donc l’occasion de confirmer l’implication du Liban dans le monde arabe et de préciser la tendance générale à l’apaisement dans la région.


Depuis la publication mardi de l’article de David Hearst dans Middle East Eye, de nombreuses parties locales et régionales ont tenté d’obtenir une réaction soit de la part des autorités saoudiennes, soit de la part du Hezbollah. Dans cet article, le journaliste parle d’une rencontre discrète entre une délégation saoudienne et le numéro deux du Hezbollah Naïm Kassem, qui se serait...

commentaires (5)

Vous auriez pu quand mème nous éviter la photo de sa gueule de ……. ( pas aidez d’adjectifs puants en français !)

Liberté de penser et d’écrire

22 h 48, le 01 juillet 2022

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Vous auriez pu quand mème nous éviter la photo de sa gueule de ……. ( pas aidez d’adjectifs puants en français !)

    Liberté de penser et d’écrire

    22 h 48, le 01 juillet 2022

  • Merci, notez que la 1er treve au Yemen etait pour 2 mois, reconduite pour 2 autres mois.

    Potier Samy

    21 h 29, le 30 juin 2022

  • Pourquoi Madame Haddad n’écrit que sur le Hezb et ses dirigeants? Est-ce son seul répertoire ? Il est alors bien étriqué…

    Karam Georges

    18 h 07, le 30 juin 2022

  • indices positifs ecrit scarlett H ? mais positifs pour qui ? si l'histoire est renouvelee avec juste quelques variantes, cela voudra dire que ce sera aux irano/libanais d'en recolter les fruits, avec tout les variantes necessaires pour faire taire les kellon et leur permettre, au contraire, chacun de crier victoire a l'intention des naifs qui les servent les yeux bandes et les oreilles bouchees.

    Gaby SIOUFI

    09 h 45, le 30 juin 2022

  • Bla bla bla … mais il faut quand même justifier son poste et son salaire, donc on écrit tout et n’importe quoi notamment à propos d’un sujet dont les libanais se foutent éperdument

    Liberté de penser et d’écrire

    08 h 56, le 30 juin 2022

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