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Les talibans réunissent un grand conseil censé évaluer leur travail


Les talibans réunissent un grand conseil censé évaluer leur travail

Un taliban se tient à côté d'un hélicoptère à Gayan, en Afghanistan, le 23 juin 2022. Photo REUTERS/Ali Khara

Des dirigeants religieux et gens "influents" en provenance de toutes les régions d'Afghanistan ont été convoqués à Kaboul pour participer pendant trois jours à un grand conseil censé se prononcer sur l'action du gouvernement, a-t-on appris auprès d'un responsable taliban.

Les autorités n'ont fourni que très peu de détails sur ce rassemblement ouvert uniquement aux hommes et qui doit se tenir à partir de mercredi, une semaine après que le sud-est du pays a été frappé par un séisme ayant fait plus de 1.000 morts et des dizaines de milliers de sans-abri. Une source talibane a affirmé à l'AFP que les participants seraient autorisés à critiquer le pouvoir en place et que des sujets épineux, tels que l'éducation des filles, seraient au programme des discussions.

"La réunion demandera l'avis des érudits sur la performance de l'Emirat islamique", le nom du régime taliban, a-t-elle déclaré. "Les participants auront le droit de souligner tout ce qui écorne l'image (de l'Emirat). Ils auront même le droit de se plaindre", a ajouté cette source. Le rassemblement est décrit comme une "jirga", une assemblée traditionnelle d'anciens au sein de laquelle les divergences doivent normalement être réglées par consensus.

Avant même le séisme meurtrier, les talibans ont eu du mal à faire la transition d'une force insurrectionnelle qui a combattu pendant 20 ans les forces américaines, lesquelles ont quitté le pays fin août, en administration civile. Depuis leur retour au pouvoir, à la mi-août, l'Afghanistan est plongé dans une profonde crise économique et humanitaire, la communauté internationale ayant fermé les vannes de l'aide financière qui portait le pays à bout de bras depuis deux décennies.

Les talibans assurent avoir le soutien d'une très large majorité de la population, mais ils sont revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir, entre 1996 et 2001, restreignant très fortement les droits des femmes. Ils les ont largement exclues des emplois publics, ont restreint leur droit à se déplacer et ont interdit l'accès des filles au collège et au lycée. Les femmes se sont aussi vu imposer le port du voile intégral, couvrant le visage, pour toute sortie en public.

"D'après mes informations, les participants à la réunion auront une discussion détaillée sur l'éducation", a ajouté la source talibane. Une lettre émanant du bureau du Premier ministre et consultée par l'AFP indique que chacun des plus de 400 districts du pays devrait envoyer trois délégués. Elle précise qu'ils doivent avoir une bonne éducation religieuse, avoir fait leurs preuves dans le jihad, la "guerre sainte", et être reconnus dans leur domaine.

"Deux d'entre eux seront des dignitaires religieux et l'autre quelqu'un d'influent", ajoute la lettre. Une organisation de défense des droits des femmes, l'Afghan Women's Peace and Freedom Organization, a estimé que cette assemblée uniquement masculine ne pourrait en aucun cas être représentative. "Il devrait y avoir une femme afghane", a déclaré à l'AFP une des représentantes, Halima Nasiri, après une conférence de presse de l'organisation.

S'il n'y en a pas, "alors il n'y a aucun doute, leurs décisions seront injustes et inacceptables pour les femmes et les filles afghanes", a-t-elle ajouté. Les médias afghans spéculent aussi sur l'éventuelle présence du chef suprême des talibans et du pays, Hibatullah Akhundzada, lequel n'a jamais été filmé ou photographié en public depuis leur arrivée au pouvoir. Seuls des enregistrements audio de M. Akhundzada, qui vit reclus à Kandahar, le centre spirituel des talibans, ont été rendus public, sans qu'ils aient pu être authentifiés de source indépendante.

Des dirigeants religieux et gens "influents" en provenance de toutes les régions d'Afghanistan ont été convoqués à Kaboul pour participer pendant trois jours à un grand conseil censé se prononcer sur l'action du gouvernement, a-t-on appris auprès d'un responsable taliban.Les autorités n'ont fourni que très peu de détails sur ce rassemblement ouvert uniquement aux hommes et qui doit se...