Rafael Nadal a remporté hier un 14e titre à Roland-Garros et un 22e trophée record en Grand Chelem. Anne-Christine Poujoulat/AFP
Le roi incontesté du tournoi de tennis de Roland-Garros, seconde levée du Grand Chelem, s’appelle bien… Rafael Nadal ! Hier dimanche, en finale, l’Espagnol (n° 5 mondial) a remporté un 14e titre sur la terre battue parisienne et un 22e trophée record en Grand Chelem aux dépens du Norvégien Casper Ruud (8e mondial), balayé (6-3, 6-3, 6-0). Nadal, âgé de 36 ans depuis vendredi dernier, pourtant gêné par des douleurs au pied gauche, est devenu le vainqueur le plus âgé de l’histoire sur l’ocre de la porte d’Auteuil. Dans la course au record de couronnes majeures, l’Espagnol compte désormais deux longueurs d’avance sur ses deux rivaux historiques, Roger Federer et Novak Djokovic (20 trophées chacun).
Chez les dames, lauréate surprise en 2020 devenue n° 1 mondiale et grandissime favorite, Iga Swiatek a parfaitement tenu son rang pour inscrire pour la seconde fois son nom au palmarès de Roland-Garros, aux dépens de l’adolescente américaine Cori (Coco) Gauff samedi.
Un mot pour l’Ukraine
Sous un ciel orageux, et peu après qu’un premier coup de tonnerre eut résonné, c’est Swiatek qui a fait parler la foudre en surclassant (6-1, 6-3) en 68 minutes Gauff, jamais vraiment libérée pour sa première finale majeure à 18 ans. « Je viens juste de dire à Coco de ne pas pleurer, et c’est moi qui pleure maintenant », a souri la n° 1 mondiale, émue aux larmes pendant l’hymne polonais. « Quand j’avais ton âge, c’était ma première année sur le circuit, et je n’avais aucune idée de ce que je faisais », a-t-elle consolé son adversaire malheureuse. Swiatek a également tenu à avoir un mot pour l’Ukraine, où la guerre fait rage depuis plus de cent jours. « Depuis (le tournoi de) Doha (fin février), j’espérais à chaque tournoi (que je jouais) que la situation se serait améliorée, mais je garde espoir », a-t-elle déclaré.
Il s’agit du second trophée en Grand Chelem pour la jeune Polonaise, âgée de 21 ans, après son sacre alors inattendu dans l’automne parisien, la faute au Covid-19, il y a un an et demi. « En 2020, j’ai ressenti de la confusion, parce que je n’avais jamais vraiment cru à 100 % pouvoir remporter un Grand Chelem. Je m’étais juste sentie chanceuse, compare Swiatek. Cette fois, c’est le résultat d’un gros travail. Je sais mieux ce que ça demande de gagner un Grand Chelem, à quel point chaque pièce du puzzle doit se mettre en place. En sachant ça, je suis encore plus heureuse et fière. »
Tout un tas de signaux témoignent de sa prise de pouvoir sur le tennis féminin, elle qui assume parfaitement son statut encore récent de n° 1 mondiale, dont elle a soudainement hérité début avril après la retraite surprise d’Ashleigh Barty. Sa dernière défaite ? Elle remonte à plus de cent jours. Précisément au 16 février à Dubaï (en 8es de finale contre Jelena Ostapenko). Depuis, Swiatek a aligné 35 victoires consécutives, meilleure série des années 2000 établie par Venus Williams égalée et troisième meilleure série depuis les années 1990, juste derrière Martina Hingis (37) et Monica Seles (36). Seules quatre joueuses de plus – et pas n’importe lesquelles – ont signé elles aussi des séries au moins aussi longues au fil de leur carrière : Martina Navratilova, Steffi Graf, Margaret Court et Chris Evert. Après Doha, Indian Wells, Miami, Stuttgart et Rome, Swiatek a remporté à Roland-Garros son sixième trophée d’affilée. On n’avait plus vu ça depuis pas loin de 15 ans, avec Justine Hénin entre l’été 2007 et début 2008 (de Toronto à Sydney).
À 21 ans, la native de Varsovie devient la plus jeune multiple lauréate en Grand Chelem depuis Maria Sharapova (19 ans à l’US Open 2006 après Wimbledon 2004). Elle devient aussi la première, depuis Serena Williams (2015) et Sharapova (2014), à s’imposer à plusieurs reprises sur la terre battue parisienne.
La joueuse n° 1 mondiale Iga Swiatek a inscrit son nom pour la seconde fois au palmarès de Roland-Garros. Christophe Archambault/AFP
Gauff « soulagée »
Tout au long de la quinzaine, Swiatek y a mis la manière. En sept matches, elle n’a laissé qu’un set en route : en quarts de finale face à la Chinoise Qinwen Zheng (6-7 (5/7), 6-0, 6-2), dans un match long de 2h45. À part ça, elle a passé en moyenne moins d’une heure et quart sur le court par match, à l’image de la finale.
Face à Gauff, Swiatek a parfaitement profité de la tension évidente de sa jeune adversaire, inexpérimentée en finale majeure, pour s’échapper rapidement 4 jeux à 0 et empocher le premier set en 32 minutes. L’adolescente floridienne n’a inscrit son premier jeu qu’au bout de 23 minutes. Un léger mieux lui a permis de mener 2-0 dans la seconde manche, mais Swiatek est immédiatement revenue et s’est ensuite montrée intraitable. Une habitude en finales pour la Polonaise, accompagnée depuis l’intersaison par un nouvel entraîneur, Tomasz Wiktorowski : depuis sa première perdue en 2019 (Lugano), elle s’est imposée dans les neuf suivantes.
« Quand j’avais 15, 16, 17 ans, je ressentais tellement la pression d’atteindre une finale (en Grand Chelem). Maintenant que je l’ai fait, je me sens soulagée », avoue Gauff, qui s’est fait un nom à 15 ans seulement en s’offrant Venus Williams au 1er tour de Wimbledon en 2019 et en s’y invitant jusqu’en 8es de finale. Aujourd’hui, elle grimpera au 13e rang mondial, le meilleur classement de sa carrière naissante. Avant ça, Gauff a foulé de nouveau l’ocre du Central hier dimanche, en finale du double féminin aux côtés de sa compatriote Jessica Pegula, face aux Françaises Caroline Garcia et Kristina Mladenovic. Ces dernières l’ont encore privée du trophée, s’imposant (2-6, 6-3, 6-2) pour la seconde fois après 2016. Garcia et Mladenovic, qui n’avaient plus joué en double ensemble sur le circuit depuis 2017, ont reformé en début d’année pour l’Open d’Australie (éliminées au 2e tour) leur paire victorieuse de la Fed Cup 2019.
Source : AFP

