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Monde - Guerre en Ukraine

L’armée russe pilonne sans relâche le Donbass

Zelensky s’exprimera à Davos ; Biden signe l’aide de 40 milliards à Kiev.

L’armée russe pilonne sans relâche le Donbass

Des passants devant un immeuble fortement endommagé par les bombardements russes sur la ville portuaire de Marioupol. Alexander Ermochenko/Reuters

Près de trois mois après le début de son offensive, la Russie a continué de pilonner hier l’est de l’Ukraine, à la veille d’un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky aux élites politiques et économiques mondiales réunies à Davos.

Dans le même temps, la France a estimé que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne prendrait « sans doute 15 ou 20 ans », assurant que Kiev pouvait entrer, en attendant, dans la communauté politique européenne proposée par le président Emmanuel Macron. Mais le chef de l’État ukrainien a déjà rejeté cette idée et affirmé qu’il n’y avait « pas d’alternative » à la candidature à l’UE.

Après avoir échoué à prendre le contrôle de Kiev et de sa région, les troupes russes concentrent depuis mars leurs efforts sur l’est de l’Ukraine, déjà en partie aux mains de séparatistes prorusses depuis 2014 et où les combats sont intenses.

Selon la présidence ukrainienne, des bombardements russes ont visé les villes de Mykolaïv, Kharkiv et Zaporijjia dans la nuit de samedi à dimanche. Samedi, sept civils ont été tués et 10 autres ont été blessés dans des bombardements dans la région de Donetsk, a annoncé sur Telegram son gouverneur Pavlo Kyrylenko. Dans celle de Lougansk, une personne a été tuée et deux ont été blessées lors de bombardements, a déclaré sur Telegram son gouverneur Serguiï Gaïdaï.

« Les Russes jettent tous leurs efforts pour capturer Severodonetsk » où les frappes « ont été multipliées plusieurs fois ces derniers jours », avait-il assuré samedi soir.

L’état-major ukrainien a relevé dans son point quotidien dimanche que l’armée russe continuait « ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire », et en avait même « augmenté l’intensité en utilisant l’aviation pour détruire des infrastructures cruciales ».

Discours à Davos

La Russie a affirmé avoir frappé un important stock d’armes fournies par les Occidentaux à l’Ukraine, une information jusqu’ici impossible à confirmer de source indépendante.

Signe supplémentaire que le conflit pourrait s’inscrire dans la durée, la loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine ont été prolongées dimanche de trois mois, jusqu’au 23 août.

Le dirigeant ukrainien prépare par ailleurs son intervention en visioconférence devant le Forum économique de Davos en Suisse, qui commence lundi après deux ans d’interruption à cause du Covid-19. M. Zelensky sera lundi le premier chef d’État à faire un discours. Nombre de responsables politiques ukrainiens feront le voyage en personne. En revanche, les Russes ont été exclus.

Il devrait profiter de cette nouvelle tribune pour exhorter le monde à fournir davantage d’aides, tant financières que militaires. Le président ukrainien pourrait également renouveler la demande de Kiev pour adhérer à l’UE, une « priorité » selon lui.

Quinze ou 20 ans

Mais Paris a répété dimanche qu’une telle adhésion était exclue à court terme. « Il faut être honnête. (...) Si on dit que l’Ukraine va rentrer dans l’UE dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, on ment. Ce n’est pas vrai. C’est sans doute 15 ou 20 ans, c’est très long », a affirmé le ministre français délégué aux Affaires européennes Clément Beaune. En revanche, la communauté politique européenne proposée début mai par le président Macron est « complémentaire de l’UE » et « peut offrir un projet politique et concret à des pays qui ne sont pas dans le cœur de l’UE et qui veulent se rapprocher de nous », a assuré le ministre.

Une perspective froidement accueillie à Kiev et qui divise au sein de l’Union. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba avait dénoncé jeudi un « traitement de seconde zone » de la part de « certaines capitales ». Samedi, le président Zelensky a été clair, déclarant : « Nous n’avons pas besoin d’alternatives à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne (UE), nous n’avons pas besoin de tels compromis » avec la Russie.

Et dimanche, devant le Parlement ukrainien, le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu’il ne relâcherait pas ses efforts « tant que l’Ukraine n’est pas membre de l’UE », regrettant que « des voix se soient élevées récemment en Europe pour demander que l’Ukraine accepte certaines demandes de Poutine ». « Si pour leur propre tranquillité, intérêts économiques ou ambitions politiques », les pays occidentaux « sacrifient l’Ukraine, ne serait-ce qu’un centimètre de son territoire ou un pan de sa souveraineté, cela portera un grand coup au peuple ukrainien, mais aussi à toute la communauté occidentale », a prévenu M. Duda. « Seule l’Ukraine a le droit de décider de son futur (...) Il ne peut y avoir de négociations ou de décision prise dans le dos de l’Ukraine. Rien sur vous sans vous. Absolument ! C’est une règle inflexible. Il faut y adhérer », a-t-il martelé.

Le projet de communauté politique européenne doit être débattu lors d’un sommet européen fin juin.

Paysage apocalyptique à Marioupol

Loin des batailles diplomatiques, la ville martyre de Marioupol (Sud-Est), récemment conquise par les militaires russes et leurs alliés séparatistes, offrait un paysage apocalyptique avec des carcasses d’immeubles calcinés dans de nombreux quartiers. Trois mois de combats ont mis en fuite des centaines de milliers d’habitants et fait un nombre inconnu, mais sans doute énorme, de morts dans cette cité portuaire qui comptait plus d’un demi-million d’habitants avant la bataille.

Des journalistes de l’AFP ont constaté l’ampleur des dégâts il y a quatre jours lors d’un voyage de presse organisé par le ministère russe de la Défense. On n’entend plus les incessantes canonnades des semaines précédentes, car sur le site sidérurgique d’Azovstal, les derniers soldats ukrainiens se rendent. L’armée russe n’a cependant pas permis aux médias d’approcher l’immense aciérie, devenue le symbole de la farouche résistance ukrainienne. Près de 2 500 hommes des forces ukrainiennes se sont constitués prisonniers cette semaine, selon les Russes. Ces résistants, retranchés pendant des semaines dans le complexe sidérurgique bombardé Azovstal après la prise de la ville par les Russes, « seront ramenés à la maison », a promis M. Zelensky sur ICTV, évoquant succinctement des discussions avec la France, la Turquie et la Suisse à ce sujet. La Russie va « étudier » la possibilité d’échanger des combattants du régiment ukrainien Azov faits prisonniers contre Viktor Medvedtchouk, réputé proche de Vladimir Poutine, a déclaré samedi le député et négociateur russe Léonid Sloutski. M. Medvedtchouk, 67 ans, est un politicien et riche homme d’affaires ukrainien qui a été arrêté mi-avril en Ukraine, alors qu’il était en fuite.

Les autorités prorusses ont promis de faire de Marioupol une station balnéaire.

Un projet difficile à imaginer dans cet enchevêtrement de tôles et de débris, de barres d’immeubles éventrées par les missiles et les obus.

« Contre-sanctions » russes

De son côté, M. Biden a signé, pendant une visite officielle à Séoul, la loi adoptée jeudi par le Congrès apportant une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars en soutien à l’Ukraine, notamment pour son effort de guerre. Volodymyr Zelensky a salué à plusieurs occasions samedi ce déblocage d’une aide « aujourd’hui plus nécessaire que jamais ».

Moscou a diffusé dans la foulée une nouvelle liste de 963 personnalités américaines interdites d’entrée en Russie. Ces « contre-sanctions » visent à « contraindre le pouvoir américain en place, qui essaye d’imposer au reste de la planète un “ordre mondial” néocolonial (...) à changer sa position et à reconnaître de nouvelles réalités géopolitiques », selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Source : AFP


Près de trois mois après le début de son offensive, la Russie a continué de pilonner hier l’est de l’Ukraine, à la veille d’un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky aux élites politiques et économiques mondiales réunies à Davos.Dans le même temps, la France a estimé que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne prendrait « sans doute 15 ou 20...

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