Figure de l’imperméabilité des frontières européennes, régulièrement accusé de tolérer des refoulements illégaux de migrants, le patron français de l’agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières Frontex, Fabrice Leggeri, a présenté sa démission, selon des sources concordantes. La proposition de démission de M. Leggeri, remise jeudi et qui doit être « examinée par le conseil d’administration », « fait suite à une enquête diligentée contre sa gestion de l’agence par l’OLAF », l’Office européen de lutte antifraude, a souligné une source proche du dossier à Paris, confirmant des informations de presse. « Je peux confirmer qu’il a présenté sa démission » au conseil d’administration, et cela « ouvre la possibilité d’un nouveau début » pour Frontex, a indiqué à Berlin un porte-parole du gouvernement allemand. Cette proposition de démission, a poursuivi ce porte-parole, « donne la possibilité d’éclaircir entièrement les accusations pour faire la transparence et s’assurer que toutes les opérations de Frontex ont lieu dans le respect du droit européen ». Directeur exécutif de Frontex depuis 2015, Fabrice Leggeri a été visé par un rapport non public début 2022 de l’OLAF qui, selon Le Point, lui reproche en substance de « ne pas avoir respecté les procédures, s’être démontré déloyal vis-à-vis de l’Union européenne et un mauvais management personnel ». Mais cette enquête intervient sur fond d’accusations régulières, notamment de la part d’ONG ces dernières années, de pratiques de refoulements illégaux de migrants (dits « pushbacks ») et de complaisance envers les autorités grecques, par exemple, sur des renvois brutaux vers la Turquie.
Monde - Migrants
Fabrice Leggeri, patron contesté de Frontex, a présenté sa démission
OLJ / le 30 avril 2022 à 00h00


Pour lutter efficacement contre l'immigration clandestine massive il faut des hommes à poigne face à la veulerie des autorités européennes
19 h 15, le 03 mai 2022