Des protestataires bloquant la route à Sarafand, au Liban-Sud, le 22 avril 2022. Photo fournie par notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah
Des manifestants ont coupé, vendredi, l'autoroute reliant les villes de Saïda et de Tyr, au niveau de la localité de Sarafand au Liban-Sud, pour protester contre l'arrestation d'un homme accusé d'avoir ouvert le feu samedi dernier dans ce village pour marquer sa désapprobation du lancement d'une liste d'opposants en vue des législatives du 15 mai.
Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, les protestataires ont bloqué la circulation avec des pneus brûlés et des monticules de sable. Cette mobilisation intervient deux jours après que l'armée libanaise a annoncé avoir arrêté "A.Kh., qui avait tiré en l'air le 17 avril à Sarafand lorsque plusieurs habitants de la localité se sont opposés à l'annonce d'une liste électorale". Mardi, un collectif d'activistes baptisé "Les pionniers de la justice" avait déjà déposé une demande d'ouverture d'une information judiciaire devant le parquet de cassation concernant cet incident.
Samedi dernier, plusieurs médias et témoins avaient estimé que les personnes qui s'en étaient pris aux membres de l'opposition étaient partisans du mouvement Amal dirigé par le président de la Chambre Nabih Berry, mais la formation chiite avait démenti toute implication. Fief de M. Berry, la circonscription du Liban-Sud II comprend sept sièges, six chiites et un grec-catholique. Le nombre réduit de sièges par rapport au nombre élevé d’inscrits (et donc de votants) dans cette circonscription fait que le coefficient électoral y est particulièrement élevé (plus de 21 000 voix en 2018), de sorte qu’il exerce un effet prohibitif chez tout concurrent potentiel du tandem chiite Amal-Hezbollah.

