À Dnipro (Est), des pompiers combattent le feu déclenché par des bombardements russes sur des dépôts de carburant ravitaillant les forces ukrainiennes, le 6 avril 2022. Photo Reuters
Sous la menace d’une offensive russe de grande envergure dans l’Est, l’Ukraine a exhorté hier les civils à saisir leur « dernière chance » de fuir, tout en réclamant de l’OTAN « des armes maintenant » pour se défendre.
La pression montait en parallèle sur la Russie, accusée de « crimes de guerre » et d’autres exactions contre les civils : le G7 a appelé à la suspendre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, tandis que les sanctions s’accumulent pour l’asphyxier économiquement.
« Les prochains jours sont peut-être la dernière chance pour partir. Toutes les villes libres de la région de Lougansk sont sous le feu ennemi » et les forces russes sont « en train de couper toutes les voies possibles de sortie », a averti sur Facebook son gouverneur, Serguiï Gaïdaï. Et d’annoncer la mise en place de « couloirs » pour évacuer jeudi la population de sept localités de cette région en partie contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses. La veille, 1 200 personnes avaient pu être évacuées. Le nouvel appel à partir concerne notamment la ville de Severodonetsk, la plus à l’est tenue par les forces ukrainiennes, régulièrement pilonnée par les troupes russes.
C’est toute la zone du Donbass, ainsi que la région voisine de Kharkiv, que les autorités ukrainiennes appellent depuis quelques jours à évacuer, insistant sur le fait qu’en cas d’offensive russe, les civils demeurés sur place allaient « risquer la mort ».
La consigne semble entendue et le maire de Dnipro, une ville industrielle d’un million d’habitants sur le Dniepr, le fleuve qui marque la limite des régions orientales du pays, a souligné hier qu’un « très grand nombre » de personnes y étaient arrivées en provenance du Donbass. Il les a d’ailleurs exhortées à « partir, pour celles qui le peuvent », dans les régions encore plus à l’ouest « car c’est plus sûr là-bas ».
L’est de l’Ukraine est en effet désormais la cible prioritaire du Kremlin et le ministère russe de la Défense a annoncé hier avoir de nouveau bombardé avec des missiles quatre dépôts de carburant ravitaillant les forces ukrainiennes.
Conséquence de cette nouvelle stratégie, le retrait des forces russes de la région de Kiev et du reste du nord de l’Ukraine « est en grande partie achevé », selon une source militaire occidentale, même si le redéploiement n’est pas encore complet et que des unités russes restent présentes en Biélorussie, un allié de Moscou, à la frontière nord de l’Ukraine.
Le gouverneur Gaïdaï a assuré que les responsables ukrainiens ne permettraient pas dans l’Est de « seconde Marioupol », cette cité portuaire du Sud-Est assiégée et dévastée par l’armée russe depuis fin février.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui accusé mercredi la Russie de bloquer l’accès humanitaire à Marioupol pour dissimuler les « milliers » de victimes s’y trouvant et appelé hier la Grèce à faire tout son possible pour aider à évacuer les civils de cette ville, qui a toujours compté une importante communauté grecque.
« Des armes, des armes et des armes »
Pour se préparer à l’offensive attendue dans le Donbass, Kiev réclame l’aide de l’Occident. L’Ukraine a besoin des armes des pays de l’OTAN « maintenant », ou « ce sera trop tard », a déclaré hier le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba lors d’une réunion de l’Alliance atlantique à Bruxelles. « L’Ukraine a le droit de se défendre. Nous allons écouter les besoins que va nous soumettre » M. Kouleba et voir « comment y répondre », a réagi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, mais rien n’empêche ses 30 pays membres de lui apporter une aide.
D’autant que le volet diplomatique de la crise ne montre aucun signe de progrès, au contraire. La Russie a ainsi accusé jeudi l’Ukraine d’être revenue sur certaines des propositions qu’elle avait faites au cours de pourparlers fin mars à Istanbul et que la Russie avait dit accueillir positivement. Kiev a immédiatement répliqué, en appelant Moscou à « réduire son degré d’hostilité » dans les négociations.
Autre volet du soutien occidental à l’Ukraine, les sanctions économiques, encore renforcées mercredi par Washington et Londres après la découverte de dizaines de cadavres dans plusieurs localités près de Kiev, dont Boutcha, après le retrait des forces russes. La Russie dément toute exaction et dénonce une « provocation » ukrainienne, mais le président américain Joe Biden a fustigé des « crimes de guerre majeurs » et promis d’« étouffer pour des années » le développement économique de la Russie.
Washington a voulu une nouvelle série de sanctions « dévastatrices », interdisant tout investissement en Russie et visant les grandes banques... ainsi que les deux filles du président russe Vladimir Poutine. Selon les États-Unis, la Russie pourrait voir son économie s’effondrer de quelque 15 % cette année.
Les Européens devraient leur emboîter le pas concernant la plupart de ces mesures supplémentaires, mais restent toujours divisés sur des sanctions énergétiques, au grand dam du président Zelensky qui a fustigé l’« indécision » européenne. Kiev a même directement accusé hier la Hongrie de saper « l’unité de l’UE » et d’« aider Poutine à continuer son agression contre l’Ukraine » en se disant prête à acheter du gaz russe en roubles, à rebours des autres États de l’Union européenne.
Tôt ou tard
L’UE examine en effet actuellement un cinquième ensemble de sanctions qui devrait être entériné lundi et comporte pour la première fois des mesures dans le secteur énergétique, avec un embargo sur les achats de charbon à la Russie.
Et malgré les divergences entre pays plus ou moins dépendants des livraisons russes, le président du Conseil européen Charles Michel et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell ont tous deux estimé que des décisions sur le gaz et le pétrole allaient devoir intervenir « tôt ou tard ».
Le Parlement européen a quant à lui adopté hier à une écrasante majorité une résolution réclamant un embargo « total et immédiat » sur les importations « de pétrole, de charbon de combustible nucléaire et de gaz » russes. « Il faut imposer un embargo sur le pétrole et le gaz russes, et j’espère qu’il ne faudra pas de nouvelles atrocités en Ukraine pour que ces sanctions soient décidées », a averti de son côté Dmytro Kouleba.
Autre conséquence de la vague d’indignation qui a suivi les images de dizaines de civils tués, l’Assemblée générale de l’ONU, composée des 193 pays membres, a suspendu hier la Russie de son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, lors d’un vote qui a recueilli 93 voix favorables et traduit un effritement de l’unité internationale face à Moscou. Vingt-quatre pays ont voté contre cette suspension – la seconde de l’histoire de l’ONU après l’éviction de la Libye en 2011 –. Et 58 pays se sont abstenus, mais les abstentions, un choix dénoncé par Kiev, n’étaient pas prises en compte dans la majorité des deux tiers requise parmi les seuls votes pour et contre. Les pays du G7 avaient appelé à adopter la résolution, disant en outre que les auteurs des « massacres » à Boutcha « devront rendre des comptes et seront poursuivis ».
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
bavo Gaby. Et tous ces europeens avec la masse des medias de mauvaise foi continue a ce jour a jeter leur venin sur cet homme Trup mp qui, malgre ses fantasmes personnels dont personne n'a rien a faire, n'a autant que je sache fait que du bien a son pays aussi bien qu'a ses allies, contrairement au polichinel qui l'a remplace: Malheureusement quand d'aucuns choisissent d'etre aveugles, ils deviennent incapables de voir le jour. Comme c'est triste et .... bete.
19 h 16, le 08 avril 2022