Des secouristes avancent dans les ruines d’immeubles détruits par une frappe aérienne, hier, à Dnipro, en Ukraine. Photo Reuters
L’armée russe a étendu hier son offensive à une autre grande ville d’Ukraine, Dnipro, et poursuivi ses bombardements qui frappent habitations et infrastructures civiles, au risque de nouvelles « sanctions massives » des Occidentaux. Le président français Emmanuel Macron a prévenu, à l’issue d’un sommet de l’UE à Versailles, près de Paris, que les Européens étaient prêts « si les choses continuaient sur le plan militaire », à prendre des « sanctions massives » contre la Russie. Sur le terrain, le conflit déclenché le 24 février poussait toujours plus d’Ukrainiens à fuir vers l’ouest et les pays européens voisins. Plus de 2,5 millions de personnes se sont déjà réfugiées à l’étranger, majoritairement en Pologne, et environ deux millions ont été déplacées en Ukraine même, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Jusqu’ici épargnée par la progression des soldats russes, Dnipro, une cité industrielle d’un million d’habitants sur le Dniepr, le fleuve qui marque la séparation entre l’Est en partie prorusse de l’Ukraine et le reste de son territoire, a été tôt hier la cible de raids qui ont fait au moins un mort, ont annoncé les autorités locales. « Il y a eu trois frappes aériennes sur la ville, sur un jardin d’enfants, un immeuble d’habitations et une usine de chaussures (...) où un incendie s’est ensuite déclaré », ont déclaré les services d’urgence ukrainiens. Ajoutant son cortège d’images de désolation à celles de Kharkiv (Nord-Est) et de Marioupol (Sud), deux des villes les plus touchées depuis le début de l’invasion russe, Dnipro s’est réveillée hébétée, dans un décor de bâtiments calcinés, éventrés ou soufflés. Dans la matinée, on pouvait voir sur des images vidéo fournies par les secours des sapeurs-pompiers éteindre des flammes dans des ruines fumantes. Certains immeubles n’étaient plus qu’un amas de poutres et de structures métalliques tordues.
Après un hôpital pédiatrique mercredi à Marioupol, sur la mer d’Azov, dans le Sud-Est, un établissement pour personnes handicapées près de Kharkiv, dans le Nord-Est, a été atteint hier par une frappe, qui n’a toutefois pas fait de victimes. « C’est un crime de guerre contre des civils, un génocide de la nation ukrainienne ! » a fustigé le responsable de l’administration régionale, Oleh Sinegoubov. D’après lui, 330 personnes – dont 10 sont en fauteuil roulant et 50 à mobilité réduite – étaient sur les lieux au moment de l’attaque. « Les charpentes du bâtiment ont été détruites au niveau des 2e et 3e étages », ont précisé les secours.
Kiev prise en tenailles
Quatre soldats ukrainiens ont par ailleurs été tués et six blessés dans le bombardement de l’aéroport militaire de Lutsk, dans le nord-ouest de l’Ukraine, a souligné le maire de la ville. Celui d’Ivano-Frankivsk, dans l’extrême ouest, a aussi été visé. Ces bases ont été « mises hors service », a affirmé le ministère russe de la Défense. Des raids aériens nocturnes ont également eu lieu au-dessus des villes de Chernihiv (Nord), Soumy (Nord-Est) et Kharkiv, endommageant des immeubles d’habitations.
De Kharkiv à Marioupol, en passant par Mykolaïv dans le Sud, la situation humanitaire ne cesse de s’aggraver dans les localités assiégées ou menacées par l’offensive russe. Des corps abandonnés dans les rues, une immense fosse commune comme seule sépulture pour les autres, des civils tentant de partir sous les bombes : les très rares informations émanant du port de Marioupol, avec lequel les communications sont quasiment coupées, racontent le désespoir de ses habitants. Ils sont sans eau, sans gaz, sans électricité, sans communications et, ces derniers jours, on voyait des gens se battre pour de la nourriture.
À la morgue de Mykolaïv, une cité des bords de la mer Noire sous le feu russe depuis des jours, les cadavres s’entassent à même le sol et dans la cour de l’établissement, sur laquelle la neige tombe sans discontinuer. L’un des hommes tués gît les mains jointes, comme en prière. En réalité, dit l’employé de la morgue, il jetait des cocktails Molotov quand les Russes l’ont attrapé. Ils lui ont attaché les mains et l’ont exécuté. « Nous avons repoussé l’ennemi hors des limites de notre ville (...) Désormais, ils (les militaires russes) sont presque encerclés. Nous les attaquons. Toutes les nuits, il y a quelques affrontements à l’ouest et au nord, mais pas près » de Mykolaïv, a dit à la presse le gouverneur de la région Vitaly Kim. « Nous recevons des renforts des régions du centre de l’Ukraine » et, parallèlement aux combats, « nous évacuons tous les jours des civils, des femmes et des enfants », a-t-il ajouté.
Les Russes continuent aussi à prendre Kiev en tenailles. Après avoir atteint ses faubourgs, ils cherchent à éliminer les défenses ukrainiennes dans plusieurs localités à l’ouest et au nord de la capitale pour la « bloquer », a expliqué l’état-major ukrainien. Près de 20 000 personnes ont déjà été évacuées mercredi et jeudi de la région de Kiev et quelque 100 000 au total sur ces deux jours de l’ensemble des zones en proie aux combats, ont signalé les autorités ukrainiennes.
« Des assassins de Syrie »
Alors que l’armée russe semble ralentie dans sa progression par la résistance acharnée des Ukrainiens, selon des sources militaires occidentales, le président Vladimir Poutine a donné son feu vert à l’envoi de combattants « volontaires », notamment en provenance de Syrie. « Si vous voyez que des gens veulent y aller volontairement, qui plus est pas pour de l’argent, et aider ceux qui vivent dans le Donbass (est de l’Ukraine, NDLR), alors il faut aller à leur rencontre et les aider à rejoindre la zone de combat », a-t-il lancé en réponse à une proposition de son ministre de la Défense Sergueï Choïgou.
« C’est une guerre avec un ennemi très têtu (...) qui a décidé d’embaucher des mercenaires contre nos citoyens. Des assassins de Syrie, d’un pays où tout a été détruit par les occupants, comme ils nous le font subir à nous », a réagi le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky. Des mercenaires syriens combattent déjà les jihadistes aux côtés des Russes et de l’armée du régime de Damas. D’autres sont en Libye. Le maître du Kremlin a de plus demandé à son ministre de la Défense de lui proposer des redéploiements militaires à la frontière occidentale de la Russie, en réponse à ceux de l’OTAN en Europe orientale. Vladimir Poutine a cependant affirmé que des « avancées » avaient été obtenues au cours des pourparlers russo-ukrainiens. La dernière session s’est déroulée jeudi en Turquie, pour la première fois au niveau des ministres des Affaires étrangères.
Dans le même temps, la Russie va engager des poursuites contre Meta pour « appel aux meurtres » de Russes, la maison mère de Facebook et d’Instagram ayant assoupli son règlement quant aux messages à caractère violent destinés à l’armée et aux dirigeants russes. L’accès à Instagram y a en outre été restreint. Cela « soulève des inquiétudes », a aussitôt commenté le Haut Commissariat aux droits de l’homme.
Réunion du Conseil de sécurité
Joe Biden, de concert avec le G7 et l’Union européenne, a décidé d’exclure Moscou du régime normal de réciprocité régissant le commerce mondial, ce qui ouvre la voie à l’imposition de tarifs douaniers punitifs en réponse à l’invasion de l’Ukraine. « Les États-Unis, nos alliés et partenaires continuent de travailler de concert pour accroître les pressions économiques sur (Vladimir) Poutine et isoler davantage la Russie sur la scène mondiale », a déclaré hier le président américain depuis la Maison-Blanche. De plus, il a annoncé l’interdiction d’importations de « secteurs phares de l’économie russe, notamment les produits de la mer, la vodka et les diamants ». Dans la foulée de cette annonce, le département du Commerce a annoncé l’interdiction des exportations de produits de luxe, dont les bijoux, voitures, vêtements et antiquités, à destination de la Russie et de la Biélorussie.Outre une vague de sanctions qui visent à asphyxier l’économie russe, les États-Unis et leurs alliés européens s’efforcent aussi d’aider l’Ukraine militairement tout en évitant l’implication directe des États membres de l’OTAN. Le Congrès américain a voté jeudi une enveloppe faramineuse de près de 14 milliards de dollars pour la crise ukrainienne. Le Royaume-Uni a en outre décidé de sanctionner 386 élus russes ayant soutenu l’invasion de l’Ukraine tandis que le Canada a ciblé des oligarques. Le G7 a toutefois exhorté la communauté internationale à éviter toute mesure limitant les exportations de denrées alimentaires.
Les Vingt-Sept ont pour leur part exclu une adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE, tout en ouvrant la porte à des liens plus étroits. « Il faut aller plus fort. Ce n’est pas ce que nous attendons (...) Il faut que les décisions des hommes politiques coïncident avec l’humeur de leurs peuples, les peuples européens (...). L’Union européenne doit en faire plus pour nous, pour l’Ukraine », s’est exclamé le président Zelensky. À l’heure de mettre sous presse, le Conseil de sécurité de l’ONU devait par ailleurs se réunir à la demande de Moscou pour évoquer la fabrication supposée d’armes biologiques en Ukraine, catégoriquement démentie par le chef de l’État ukrainien.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
SI L,UKRAINE AURAIT RESPECTE LES ENGAGEMENTS PRIS A SON INDEPENDANCE ET INSCRITES DANS SA CONSTITUTION ET LES ACCORDS DE MINSK SIGNES PAR ELLE, LA FRANCE, L,ALLEMAGNE ET LA RUSSIE IL N,Y AURAIT POINT EU DE GUERRE. POUR QUI TRAVAILLE LE CLOWN DE CARRIERE ET SON EQUIPE CONTRE LES INTERETS DE SON PAYS ET MET EN DANGER LA SECURITE MONDIALE ET POURQUOI LES OCCIDENTAUX RISQUENT UNE TROISIEME GUERRE MONDIALE DONT ILS SERONT VICTIMES TOUT COMME LES RUSSES AU LIEU D,OBLIGER L,UKRAINE DE RESPECTER SES ENGAGEMENTS SI SIMPLES ? LA REPONSE RESIDE CHEZ SLEEPING JOE ET STOTELMBERG. CHEZ POUTINE TOUT DE MEME CAR SES MAUVAIS CALCULS ET SON AVENTURE GUERRIERE METTENT LE MONDE ENTIER EN DANGER DE DISPARITION.
11 h 00, le 12 mars 2022