Avant leur derby souvent très tendu, les deux clubs de football de Manchester – City et United – ont affiché dimanche leur unité en entrant sur le terrain. City (sur la photo) arborait des t-shirts blancs avec le drapeau ukrainien et le slogan « No War », qui figurait également sur les t-shirts noirs que portait United. Dans ce derby mancunien, affiche de la 28e journée de la Premier League, City a repris ses distances avec Liverpool en tête du championnat d’Angleterre en écrasant United (4-1). Oli Scarff/AFP
Des tribunes jaune et bleue, des dons pour les réfugiés ou encore des appels à la paix : le sport mondial, football en tête, n’a pas pu faire abstraction au cours du week-end dernier de l’invasion russe de l’Ukraine.
« No war », non à la guerre : avant leur derby souvent très tendu, les deux clubs de Manchester (City et United) ont affiché leur unité en entrant sur le terrain pour l’affiche de la 28e journée du championnat d’Angleterre de football. City, qui compte dans son effectif l’un des trois Ukrainiens de la Premier League, le défenseur Oleksandr Zinchenko, arborait des t-shirts blancs avec le drapeau ukrainien et le slogan « No War », qui figurait également sur les t-shirts noirs que portait United. Pendant la minute d’applaudissements en hommage à l’Ukraine et sa population, une bannière avec le même message a été déployée dans un des virages de l’Etihad Stadium. Sur tous les terrains de la Premier League, les joueurs rassemblés dans le rond central ont participé à une minute d’applaudissements à l’unisson avec les spectateurs. Avant le coup d’envoi du match Watford-Arsenal, une tribune du stade Vicarage Road a pris les couleurs du drapeau ukrainien.
En Espagne, le Real Madrid a déployé samedi un drapeau ukrainien assorti du message « Tous avec l’Ukraine » sur la pelouse et sur les gradins du stade Santiago-Bernabéu, avant son match contre la Real Sociedad en LaLiga. Les joueurs et remplaçants des deux équipes sont entrés sur la pelouse avec un t-shirt blanc frappé du même message en noir et ont pris une photo ensemble derrière le drapeau ukrainien. « Cette nuit, nous souhaitons témoigner tout notre soutien au peuple ukrainien, un peuple qui subit l’injustice d’une guerre. C’est pourquoi, aujourd’hui, notre joueur Andriy Lunin va recevoir toute l’affection du Santiago-Bernabéu », a déclaré le speaker du stade madrilène. Lunin, doublure de Thibaut Courtois dans les buts du Real, n’avait pas participé au déplacement chez les voisins du Rayo Vallecano le week-end dernier.
Le Vélodrome en bleu et jaune
En Allemagne, le logo rouge et blanc de la Bundesliga a été repeint aux couleurs bleu et jaune de l’Ukraine, dans les stades et sur les visuels de la retransmission en direct. Des actions symboliques ont été menées dans les stades pour dénoncer la guerre et souligner la solidarité avec les victimes ukrainiennes. Plusieurs clubs ont annoncé avoir fait des dons à des ONG. Le Bayern Munich a offert 100 000 euros à SOS-Village d’enfants en Ukraine et a appelé ses fans à compléter ce don. Mönchengladbach a également indiqué avoir versé près de 94 269 euros.
En Ligue 1, lors du match de Saint-Étienne contre Metz, les Verts ne portaient pas leur nom dans le dos, mais l’inscription « Peace for all » (la paix pour tous). Les maillots devaient ensuite être dédicacés et mis aux enchères au profit des Pompiers humanitaires français. L’Olympique de Marseille a choisi, lui, d’illuminer son stade, le célèbre Vélodrome, aux couleurs de l’Ukraine. Le message « Soutien au peuple ukrainien » a été diffusé sur les panneaux autour de la pelouse ainsi que sur les écrans géants du stade, où une partie du tifo en virage était jaune et bleu. Par le biais de sa fondation, le club phocéen va également organiser une collecte de vêtements, de vivres, de couvertures et de produits d’hygiène.
Aux États-Unis, lors d’un match de NBA, l’entraîneur de Boston Ime Udoka a été vu portant une barrette aux couleurs du drapeau ukrainien sur son polo, accrochée au niveau du cœur. Les joueurs des Pelicans de New Orleans portaient, eux, des chaussettes montantes couleur jaune. La Ligue nord-américaine de soccer (MLS) a annoncé qu’elle et ses clubs feraient des dons à la Croix-Rouge canadienne et à l’Unicef USA « pour soutenir l’aide humanitaire aux enfants et aux familles touchés par la crise en Ukraine ». À Toronto, au Canada, les supporteurs ont allumé des fumigènes bleus et jaunes et brandi des drapeaux de ces mêmes couleurs durant la première période du match de soccer contre les New York Red Bulls. Les mots « Soutien à l’Ukraine » s’affichaient sur l’écran géant du stade et le speaker a appelé le public à observer un « moment de réflexion » au sujet de la situation en Ukraine. En NHL (hockey sur glace), la franchise du Seattle Kracken a invité le chanteur ukrainien Roman Vaschuk à interpréter l’hymne de son pays avant le coup d’envoi d’un match, recevant une très longue ovation.
Un Z qui fait polémique
Le MotoGP, qui a fait sa rentrée 2022 au cours du week-end écoulé au Qatar, a posé pour sa traditionnelle photo de classe derrière une bannière portant les mots « United for peace » (Unis pour la paix). Des mots également affichés pendant les retransmissions télévisées du Grand Prix. Plusieurs pilotes, comme l’Italien Franco Morbidelli, arboraient sur leur casque un autocollant « Give peace a chance » (Donnez une chance à la paix).
En Finlande, lors de l’étape de Coupe du monde de biathlon, les sportifs ont affiché leur soutien à l’Ukraine en décorant leurs dossards, carabines ou combinaisons avec des drapeaux ukrainiens et des messages pour la paix.
Rares notes discordantes, les supporteurs du club de football de Chelsea ont scandé samedi le nom du propriétaire russe de leur club, Roman Abramovitch, pendant la minute d’applaudissements en l’honneur du peuple ukrainien. Et le gymnaste russe Ivan Kuliak avait tracé un Z – symbole des forces armées russes en Ukraine – sur son maillot lors de la Coupe du monde à Doha, où il a pris la 3e place du concours de barres parallèles remporté par l’Ukrainien Illia Kovtun.
Source : AFP

