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Politique - Éclairage

Dans les coulisses diplomatiques, un projet de permutations en gestation

Attendue depuis 2019, cette démarche viserait principalement à pourvoir à des postes vacants d’ambassadeurs dans plusieurs pays.

Dans les coulisses diplomatiques, un projet de permutations en gestation

Abdallah Bou Habib (centre) et Hani Chmaytelli (gauche) s’entretenant avec l’ambassadeur du Royaume-Uni Ian Collard, hier. Photo Dalati et Nohra

Ce n’est qu’à quelques mois des élections législatives (prévues en mai prochain) et de la présidentielle d’octobre que le gouvernement de Nagib Mikati, pourtant formé en septembre 2021, aurait décidé de donner le coup d’envoi à un chantier de permutations diplomatiques, loin des feux de la rampe. Au vu de son timing, la démarche pourrait être perçue comme ayant des objectifs électoraux, surtout que les ambassades et missions diplomatiques du Liban seront appelées à organiser le vote des Libanais résidant à l’étranger.

Ces informations, le pouvoir en place les dément catégoriquement. « Il ne s’agit pas de permutations ni de nominations dans le vrai sens du terme. Il est uniquement question de pourvoir à certains postes vacants », affirme à L’Orient-Le Jour un proche de la présidence, alors que les milieux du ministre des Affaires étrangères refusent de commenter, du moins pour le moment.

Dans plusieurs cercles diplomatiques, on souligne que la question des permutations et nominations remonte à plus de trois ans. A en croire un diplomate qui a requis l’anonymat, Gebran Bassil, ministre des Affaires étrangères entre 2014 et 2020, aurait dû opérer cette réforme en 2019, surtout que plusieurs diplomates attendaient cette démarche pour quitter le lieu de leur accréditation en direction de nouveaux pays ou pour partir à la retraite. Selon le diplomate précité, Nassif Hitti, qui a succédé à M. Bassil au sein du gouvernement de Hassane Diab, a tenté de remettre sur le tapis la question, sans succès, en raison de « pressions politiques ».

Arrivé à la tête des Affaires étrangères en septembre dernier, Abdallah Bou Habib a lui aussi tenté de faire bouger le dossier sous l’effet du forcing exercé par les diplomates concernés par ces permutations. Et c’est à ce stade qu’on est entré dans les dédales des calculs politiciens. Une personnalité proche du dossier rapporte dans ce cadre que le président de la Chambre Nabih Berry et le Premier ministre Nagib Mikati se sont longtemps montrés hostiles à ce que le cabinet adopte des nominations avant les élections législatives. « Ils y voyaient fort probablement un cadeau politique offert sur un tableau d’argent à Gebran Bassil à la veille du scrutin », estime cette personnalité. Elle croit savoir, dans le même temps, que le projet dont il est actuellement question n’aurait cependant pu être mis sur les rails sans une approbation du chef du législatif. Comment expliquer ce revirement ? « On aurait probablement promis à M. Berry que sa fille Farah (chargée d’affaires au Qatar) sera concernée par ce bouquet de permutations », répond la personnalité précitée.

Des trocs en coulisses ?

De source informée, on apprend que l’éventualité de voir Farah Berry occuper le poste d’ambassadrice du Liban à Londres est probable. Pour le reste des postes vacants à pourvoir, on croit savoir dans les milieux diplomatiques sollicités que Nagib Mikati et Gebran Bassil mèneraient les discussions actuellement en cours. Sous couvert d’anonymat, un diplomate indique que les deux hommes se seraient entendus pour transférer Moustapha Adib, actuel ambassadeur du Liban à Berlin (sunnite, qui avait été chargé de former le gouvernement à la suite de la double explosion du 4 août 2020), à Washington où il remplacerait un maronite. En contrepartie, un diplomate maronite devrait remplacer Amale Moudallali (sunnite) à la tête de la mission diplomatique libanaise auprès des Nations unies. Certains médias locaux évoquaient récemment le nom de Hadi Hachem pour ce poste. « Rien ne peut être confirmé », se contente de commenter un diplomate sollicité par L’OLJ.

Des spéculations articulées autour du secrétaire général des Affaires étrangères Hani Chmaytelli circulent aussi dans les coulisses diplomatiques. On s’attend à ce que M. Chmaytelli, selon un diplomate, soit transféré à Madrid. « Le choix de l’Espagne est la moindre des choses pour un secrétaire général des AE », souligne un proche du dossier, qui affirme toutefois que « M. Chmaytelli aurait pu espérer mieux ». « Il est temps, selon les normes du fonctionnement au sein du palais Bustros, pour M. Chmaytelli de quitter l’administration et de se rendre à l’étranger », estime un diplomate qui a souhaité garder l’anonymat. Un de ses collègues confie quant à lui que « le secrétaire général du palais Bustros a eu plusieurs problèmes avec nombre d’ambassadeurs. Des permutations diplomatiques pourraient donc réduire ces tensions ».

Le vote de la diaspora menacé ?

En attendant de voir un peu plus clair pour ce qui est des noms des futurs représentants officiels du Liban à l’étranger, un ancien chef de la diplomatie affirme que ces permutations diplomatiques sont nécessaires pour pourvoir à certains postes vacants d’ambassadeurs, comme c’est le cas pour le Koweït, la Côte d’Ivoire ou encore le Qatar.

« Sont également concernés par le projet en gestation plusieurs diplomates qui sont à l’étranger depuis plus d’une décennie, alors que les textes de lois en vigueur stipulent qu’un diplomate ne peut être accrédité à l’étranger pour une durée qui va au-delà de dix ans », explique une personnalité informée du dossier, précisant que tel est notamment le cas des ambassadeurs Rami Mortada (Londres), Roula Noureddine (Suisse) et Tony Frangié (Tunisie).

« Il est de notre droit de voir ces permutations mises sur la table du Conseil des ministres, surtout que si le cabinet ne tranche pas le dossier avant la fin du mandat de la Chambre (le 20 mai), il risque de traîner », déplore une personnalité du monde diplomatique, laissant entendre que si la question n’était pas examinée très prochainement par le gouvernement, les diplomates et ambassadeurs concernés pourraient opter pour la grève. « Cela pourrait menacer la tenue des élections à l’étranger », avertit cette personnalité.

Que fera donc le gouvernement? La réponse dépend aussi bien de Nagib Mikati que du tandem chiite Amal-Hezbollah qui continue de s’opposer à toutes sortes de nominations en Conseil des ministres. « Notre position n’a pas changé. Pas de nominations pour le moment », déclare le ministre de la Culture Mohammad Mortada. De son côté, Nagib Mikati, toujours fidèle à sa politique d’arrondissement des angles, ne compte pas évoquer la question en Conseil des ministres, du moins pour le moment, apprend-on de source proche du Sérail.

Ce n’est qu’à quelques mois des élections législatives (prévues en mai prochain) et de la présidentielle d’octobre que le gouvernement de Nagib Mikati, pourtant formé en septembre 2021, aurait décidé de donner le coup d’envoi à un chantier de permutations diplomatiques, loin des feux de la rampe. Au vu de son timing, la démarche pourrait être perçue comme ayant des objectifs électoraux, surtout que les ambassades et missions diplomatiques du Liban seront appelées à organiser le vote des Libanais résidant à l’étranger. Ces informations, le pouvoir en place les dément catégoriquement. « Il ne s’agit pas de permutations ni de nominations dans le vrai sens du terme. Il est uniquement question de pourvoir à certains postes vacants », affirme à L’Orient-Le Jour un proche de la présidence, alors...
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On nous sert la même tambouille quelque soit le domaine. Ils veulent être présents partout et tout le temps pour pouvoir manipuler ce pays de l’intérieur comme de l’extérieur et le pire, c’est qu’ils y arrivent sans aucune difficulté pendant que les OPPOSITIONS continuent à se diviser et à discuter du sexe des anges.

Sissi zayyat

13 h 53, le 02 mars 2022

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Commentaires (1)

  • On nous sert la même tambouille quelque soit le domaine. Ils veulent être présents partout et tout le temps pour pouvoir manipuler ce pays de l’intérieur comme de l’extérieur et le pire, c’est qu’ils y arrivent sans aucune difficulté pendant que les OPPOSITIONS continuent à se diviser et à discuter du sexe des anges.

    Sissi zayyat

    13 h 53, le 02 mars 2022

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