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Politique - Enquête Du Port

Bitar incité à suivre la piste syrienne

Un dossier déposé par le député Eddy Abillama et Élie Mahfoud se fonde sur des rapports médiatiques impliquant notamment deux hommes d’affaires syriens proches du régime Assad.

Bitar incité à suivre la piste syrienne

Élie Mahfoud (à gauche) et Eddy Abillama à leur sortie du Palais de justice, hier. Photo ANI

Eddy Abillama, député des Forces libanaises (FL), et Élie Mahfoud, chef du Mouvement du changement, ont déposé auprès du bureau du juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, un document qui selon eux comporte de nouvelles données et informations liées aux investigations sur la double explosion au port de Beyrouth. Des informations qu’ils ont collectées tout au long de l’année dernière. Leur démarche intervient alors que M. Bitar est dessaisi de l’enquête depuis plus de deux mois, en raison d’une demande en récusation présentée contre lui par deux députés et anciens ministres du mouvement Amal, Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, ainsi que d’une action en responsabilité de l’État intentée par ces derniers contre Naji Eid, lui-même président de la chambre de cassation chargée de statuer sur leur recours contre Tarek Bitar.

« Nous avons adressé au juge Bitar une note dans laquelle nous lui demandons de se pencher sur de nouveaux documents, affirme M. Mahfoud, avocat de profession. Ces documents corroborent une dénonciation judiciaire et des rapports médiatiques locaux et internationaux que nous avions soumis au parquet de cassation le 26 janvier 2021. » Il indique que ces documents « impliquent deux hommes d’affaires syriens, Moudallal Khoury et Georges Haswani, qui font partie du cercle rapproché du président syrien Bachar el-Assad ». « La dénonciation judiciaire avait été envoyée au parquet à l’époque où le prédécesseur de M. Bitar, Fady Sawan, était encore en charge du dossier », note M. Mahfoud. Selon lui, le juge Sawan avait alors préparé des commissions rogatoires en vue de rechercher l’identité complète des deux hommes proches du régime syrien, mais il n’avait pas eu le temps de les adresser à la police judiciaire pour exécution. Il avait en effet été dessaisi du dossier trois semaines plus tard, le 18 février 2021, suite à un recours pour suspicion légitime présenté contre lui par MM. Khalil et Zeaïter.

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La dénonciation et les documents présentés l’an dernier se trouvent à présent entre les mains du juge Bitar, toujours selon M. Mahfoud.

Démarche utile

Parmi les nouveaux développements évoqués dans la note adressée hier au juge d’instruction, les déclarations faites en août dernier par un conducteur de poids lourd au cours d’une émission télévisée animée par le journaliste Marcel Ghanem. Le conducteur avait ainsi affirmé avoir acheminé à partir du port de Beyrouth jusqu’au Liban-Sud des produits dont il n’avait pas identifié la nature.

La note mentionne également un jugement d’un tribunal danois qui a condamné il y a deux mois une entreprise danoise pour avoir violé l’embargo européen contre le régime syrien, en vendant à deux entreprises russes du carburant destiné à la Syrie. Le nom de cette entreprise se retrouve dans l’affaire du port de Beyrouth : en vue d’empêcher le navire Rhosus et son chargement de nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion de quitter le port de la capitale libanaise, cette même entreprise en avait demandé la saisie conservatoire. Cette démarche avait initié un processus qui a abouti à garder cette marchandise au port, jusqu’au dénouement tragique du 4 août.

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« Les données que nous avons rassemblées pourraient ou non avoir un lien avec l’enquête. Ce que nous demandons au juge Bitar est de les vérifier, et le cas échéant d’auditionner les personnes mentionnées dans les documents (en référence aux hommes d’affaires syriens) en vue de prendre les mesures nécessaires », indique M. Mahfoud.

À la question de savoir si l’initiative est utile à l’heure où les investigations sombrent dans un état comateux en raison du dessaisissement du juge Bitar, l’avocat répond par l’affirmative. « Notre démarche est administrative : nous avons déposé la requête auprès de la greffière en charge du bureau de Tarek Bitar. Cette requête pourra être examinée dès que le juge d’instruction remettra sa main sur le dossier », espère-t-il.

Eddy Abillama, député des Forces libanaises (FL), et Élie Mahfoud, chef du Mouvement du changement, ont déposé auprès du bureau du juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, un document qui selon eux comporte de nouvelles données et informations liées aux investigations sur la double explosion au port de Beyrouth. Des informations qu’ils ont collectées tout au long de l’année dernière. Leur démarche intervient alors que M. Bitar est dessaisi de l’enquête depuis plus de deux mois, en raison d’une demande en récusation présentée contre lui par deux députés et anciens ministres du mouvement Amal, Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, ainsi que d’une action en responsabilité de l’État intentée par ces derniers contre Naji Eid, lui-même président de la chambre de cassation chargée de statuer...
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Foutaises !

Citoyen Lambda

21 h 19, le 25 février 2022

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  • Foutaises !

    Citoyen Lambda

    21 h 19, le 25 février 2022

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