Pékin a clos hier soir ses Jeux olympiques d’hiver au cours d’une cérémonie bon enfant dans son célèbre « Nid d’oiseau ». Après l’hymne national chinois, le spectacle et le défilé des 91 délégations, la flamme olympique, qui brûlait depuis le 4 février, s’est définitivement éteinte (photomontage ci-dessus). Jewel Samad et Manan Vatsyayana/AFP
Une pincée de Covid-19, un soupçon de politique, une fine couche de neige, un maigre public, mais aussi une grosse dose de Kamila Valieva et des exploits sportifs à foison, à l’instar de ceux d’Eileen Gu : les Jeux olympiques d’hiver 2022 de Pékin se sont achevés hier dimanche sur le cocktail habituel.
« Zai jian » Pékin, « buongiorno » Milan et Cortina d’Ampezzo ! En 2026, les Jeux olympiques d’hiver reviendront en Italie, vingt ans après Turin. Le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a, comme le veut la tradition, clos donc ces XXIVes Jeux olympiques d’hiver sur un discours de paix, avant que la flamme olympique ne s’éteigne dans la capitale chinoise au terme de cette quinzaine si particulière, sous le régime d’une bulle sanitaire très stricte qui a grandement gâché la fête.
Pékin a ainsi conclu ses Jeux au cours d’une cérémonie bon enfant dans son célèbre « Nid d’oiseau », avant de passer le relais à Milan et Cortina d’Ampezzo. L’hymne national chinois a donné le coup d’envoi de la soirée dans un stade aux tribunes bien plus sonores et remuantes que lors de l’ouverture et tapissées de lanternes rouges. Le spectacle a rapidement laissé la place aux sportifs avec l’entrée des porte-
drapeaux. Sur l’Hymne à la joie de Beethoven, les athlètes des 91 délégations ont ensuite entamé leur défilé, médaille autour du cou pour certains, masque sur le visage pour tous. En queue de peloton, l’arrivée des sportifs chinois, qui ont réussi à décrocher quinze médailles, un record pour le pays, a provoqué la joie du public. L’apparition sur les écrans d’Eileen Gu, prodige du ski freestyle et grande star de la quinzaine, a été particulièrement acclamée dans les tribunes, remplies à environ un tiers de leur capacité en raison des restrictions sanitaires.
En fin de soirée, les sportifs ont pu avoir un avant-goût des festivités qui les attendent dans quatre ans en Italie. Comme le veut le protocole, les maires de Milan et Cortina d’Ampezzo ont reçu le drapeau olympique des mains de l’édile de Pékin par l’intermédiaire du président du CIO. Puis les anneaux olympiques lumineux se sont élevés dans le ciel alors que la flamme olympique qui brûlait depuis le 4 février s’éteignait, donnant le signal pour un spectaculaire feu d’artifice.
Rendez-vous est pris donc le 6 février 2026 au stade San Siro de Milan pour le lancement des XXVes Jeux olympiques d’hiver.
Tout aussi regrettable que la bulle sanitaire, mais plus commun dans l’histoire olympique, le dopage s’est aussi invité à Pékin avec un nom : Kamila Valieva. À 15 ans, la patineuse russe se retrouve au centre d’une retentissante affaire qui se poursuivra bien au-delà du rendez-vous chinois. Arrivée comme favorite de l’épreuve individuelle grâce à ses quadruples sauts, Valieva a commencé par remporter l’épreuve par équipe, devant les États-Unis et le Japon, le 7 février. Patatras ! Le lendemain, elle est notifiée d’un contrôle antidopage positif pour un test réalisé le 25 décembre 2021. À coups d’appel et de procédures, Valieva, le CIO et l’Agence mondiale antidopage (AMA) tentent de démêler l’imbroglio. À la veille de l’épreuve individuelle, la patineuse est finalement autorisée à participer par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Mais le CIO prévient qu’il considérera les résultats comme provisoires et ne donnera pas de médailles tant que le cas ne sera pas réglé – ce qui aurait pu prendre des mois. Finalement, après avoir dominé le programme court, elle craque littéralement dans le libre et termine au pied du podium, usée par la pression. Vite rentrée chez elle, l’adolescente doit maintenant se remettre et attendre, tout comme les Américains, furieux de ne pas avoir reçu leur médaille, et les Japonais.
Des performeurs chinois brandissant les drapeaux des 91 délégations présentes aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin, hier soir lors de la cérémonie officielle de clôture. Wang Zhao/AFP
Jeux peu festifs
Des médailles, certains s’en sont abreuvés. La crème du biathlon, le Français Quentin Fillon Maillet, les Norvégiens Johannes Boe et Marte Olsbu Roeiseland, et le fondeur russe Alexander Bolshunov repartent chacun avec cinq médailles dans les valises. La Chinoise Eileen Gu, deux en or et une en argent, a écrasé ces Jeux olympiques grâce à ses performances.
Malheureusement, ces exploits n’ont pu être aussi festifs qu’ils le méritaient. Le public invité par les responsables était bien présent (contrairement à l’été dernier à Tokyo), mais, avec moins de 100 000 spectateurs annoncés par les organisateurs (contre un million il y a quatre ans à Pyeongchang) et répartis sur treize sites et 109 épreuves, ces Jeux olympiques ont été moroses et souvent silencieux. La bulle sanitaire a gâché une grande partie du plaisir, avec le port du masque obligatoire, les tests PCR quotidiens et, surtout, les restrictions de déplacement, l’impossibilité pour les sportifs de rester quelques jours une fois leurs épreuves terminées pour encourager leurs compatriotes ou d’échapper à cette bulle pour rencontrer la population. Mais au final, la politique zéro Covid-19 des organisateurs a fonctionné.
La quinzaine avait aussi commencé par des polémiques sur les droits de l’homme ou l’absence de neige naturelle, fabriquée à coups de canon à neige. Mais le ciel a vite fait d’éteindre la polémique sur la neige puisque, après une semaine passée à regretter les paysages secs, arides et dépourvus de blanc des sites de montagne de Zhangjiakou et de Yanqing, la « sainte neige » est finalement tombée au milieu des Jeux olympiques, blanchissant les arrière-plans.
Source : AFP


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