L’Iran n’a plus que quelques « jours » pour se rallier à un accord sur son programme nucléaire ou déclencher une « grave crise » de prolifération, a averti hier le chef de la diplomatie française. « Plus on avance, plus l’Iran accélère ses procédures nucléaires, moins il y a d’intérêt pour les parties à rejoindre le JCPOA (accord de 2015), donc on est rendu au point de bascule, là maintenant », a déclaré Jean-Yves Le Drian devant le Sénat. « Ce n’est pas une question de semaines, c’est une question de jours », a-t-il insisté, tout en soulignant qu’un accord était à « portée de main ». Les pourparlers de Vienne visent à ramener Washington à l’accord nucléaire de 2015, notamment par la levée des sanctions contre l’Iran, et à garantir le plein respect par Téhéran de ses engagements. « Il faut (maintenant) des décisions politiques de la part des Iraniens », a martelé le ministre français des Affaires étrangères. De son côté, l’Iran a affirmé vouloir une « déclaration politique » du Congrès américain dans laquelle les États-Unis s’engagent à revenir à l’accord sur le nucléaire et à le mettre en œuvre. « Par principe, l’opinion publique en Iran ne peut pas accepter comme garantie les propos d’un chef d’État, et encore moins de celui des États-Unis en raison du retrait des Américains » en 2018, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian. Le chef de la diplomatie iranienne a révélé avoir demandé aux négociateurs iraniens de proposer aux parties occidentales qu’« au moins leurs Parlements ou leurs présidents, y compris le Congrès américain, puissent proclamer sous la forme d’une déclaration politique leur engagement envers l’accord et à revenir à la mise en œuvre » de l’accord.
Moyen-Orient - Nucléaire Iranien
Plus que quelques « jours » pour conclure à Vienne ou basculer dans la « crise », selon Paris
OLJ / le 17 février 2022 à 00h00

