Le mufti Deriane, accompagnés d’ulémas sunnites, se recueillant hier sur la tombe de Rafic Hariri à Beyrouth. Photo ANI
L’ex-Premier ministre Saad Hariri, qui s’est retiré de la vie politique et s’est installé aux Émirats arabes unis, est revenu hier matin à Beyrouth pour participer à la commémoration annuelle de l’assassinat de son père, l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. Selon des informations obtenues par L’Orient-Le Jour, il ne devrait pas prononcer de discours à cette occasion, sachant que la commémoration cette année se limitera à un rassemblement de solidarité de membres du courant du Futur en souvenir du Premier ministre assassiné. L’ancien chef de gouvernement, qui ne devrait pas tenir de réunions politiques formelles durant son bref séjour à Beyrouth, a présidé hier à la Maison du centre une réunion de son groupe parlementaire. Suivant les informations obtenues de sources bien informées, il a réitéré devant les députés de son bloc ce qu’il avait déclaré lors de son discours du 24 janvier, à l’occasion de la suspension de son activité politique : lui-même ne sera pas candidat aux législatives et ne souhaite pas qu’il y ait de candidats au nom du courant du Futur. Il a indiqué aux députés de son groupe que ceux qui le désirent peuvent se porter candidats à titre individuel. Interrogé sur les alliances à privilégier, Saad Hariri a répondu aux députés qu’ils peuvent nouer les alliances qu’ils trouvent adéquates, à l’exception de celles qu’il leur demande d’éviter : selon la source précitée, il signifiait par là le Courant patriotique libre et les Forces libanaises. Il leur a également réaffirmé que les quatre années à venir (le mandat du futur Parlement) seront celles du gel de l’activité politique de son parti, mais que sa maison resterait ouverte pour apporter aide et soutien à ceux qui en ont besoin.
Visite du mufti
Hier, c’est le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, qui s’est recueilli sur la tombe de Rafic Hariri et de ses compagnons, tués dans un attentat à la voiture piégée. « Le Liban, qui est plongé aujourd’hui dans les abîmes de la corruption morale, de l’échec politique et de l’effondrement économique et financier, se souvient avec respect de toutes les initiatives de sauvetage de Rafic Hariri, qui a fait renaître le Liban et Beyrouth en particulier », a déclaré le chef de la plus haute autorité sunnite, au milieu d’ulémas de cette communauté. Il a estimé que le Liban « entre aujourd’hui dans une nouvelle ère au cours de laquelle il est menacé de disparition, comme si les responsables n’avaient pas tiré la leçon des expériences passées dont les Libanais ont chèrement payé le prix ».
Pour sa part, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora s’est également recueilli sur la tombe de Rafic Hariri et n’a pas voulu préciser aux journalistes qui l’interrogeaient s’il comptait se présenter aux élections législatives à Beyrouth.


"… aucun discours en perspective …" - Tant mieux. Pour ce que ça change…
09 h 47, le 15 février 2022