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Culture - Musique

Pour Yara Lapidus, le retour aux couleurs est aussi un retour vers « son » Liban...

L’élégante chanteuse libano-française, épouse et égérie d’Olivier Lapidus, dévoile dans son nouvel album un profond attachement à son pays natal.

Pour Yara Lapidus, le retour aux couleurs est aussi un retour vers « son » Liban...

« Rigueur et folie sont inhérentes à ma personnalité », affirme l’élégante Yara Lapidus. Photo Alfredo Piola

Elle promène sa voix veloutée et son timbre de miel sur son 3e album, Back to Colors, dont la sortie est prévue le 18 février*. Au menu : 12 titres aux sonorités pop métissées et aux influences orientales plus assumées que dans les précédents. Parmi eux, la chanson Oumi Ya Beyrouth, préalablement lancée au bénéfice de la Croix-Rouge libanaise, et Yamama, également écrite pour dire son amour à son Liban meurtri. Yara Lapidus en parle à L’OLJ.

Vous avez écrit toutes les chansons de « Back to Colors », à l’exception d’« Ahwak », empruntée au répertoire de Abed el-Halim Hafez. Quelles ont été vos principales sources d’inspiration et quelles en sont les couleurs musicales ?

La couleur est un langage : maman est peintre ; enfant, j’ai réalisé que la couleur « donnait du sens ». La couleur est aussi une langue, n’évoque-t-on pas le terme de « couleur » vocale ? En enregistrant ce disque, j’ai réalisé que la mienne variait en fonction de la langue dans laquelle je chantais : français, anglais ou arabe...

Ce disque est en résonance contraire avec Indéfiniment, le précédent (aux musiques composées par Gabriel Yared), traversé par une mélancolie en noir et blanc prégnante… Dans Back to Colors, j’ai souhaité mettre en avant les divers courants musicaux qui m’ont toujours nourrie, pour la première fois réunis dans un même projet. Cet album dans lequel j’ai fait le choix de m’entourer de plusieurs compositeurs – bien que j’aie aussi composé certains morceaux – est un métissage. Un journaliste l’a récemment qualifié de « melting-pop ». Une fenêtre s’est ouverte vers l’Orient, l’Occident, le monde... Les sonorités vintage côtoient des morceaux pop, le pop-rock n’a aucun complexe à épouser des sons de oud... Pour les thèmes abordés au fil de l’écriture, ce sont ceux de la vie, avec ses hauts et ses bas, que j’aborde, en particulier dans Rocking Chair. Il me paraissait primordial que les sujets graves y soient traités avec une forme de légèreté et de fantaisie… Comme dans Rip, où j’évoque ma propre mort, et que j’interprète en français et en arabe. Et puis il y a ce Ahwak, chanté en égyptien, qui est un clin d’œil aux deux ans que j’ai passés dans ma prime enfance en Égypte. Rigueur et folie sont présentes à égalité dans ma vie et mon travail. Elles sont inhérentes à ma personnalité.

On retrouve parmi les musiciens que vous avez invités à collaborer sur « Back to Colors » le chanteur et multi-instrumentiste libanais Bachar Mar-Khalifé. Racontez-nous ce qui vous a rapprochés.

J’ai connu Bachar il y a quelques années, présenté par des amis communs. Je découvrais alors son travail, il prenait connaissance du mien, nous avions alors évoqué l’idée d’une éventuelle collaboration, puis chacun a repris sa route... Pour Yamama, ce flashback intime, j’ai tout naturellement pensé que Bachar était la personne idéale pour le mettre en musique. Il a été touché par le texte et nous avons dès lors décidé de travailler ensemble. Il a posé sur mes mots une mélodie au piano qui m’a tout de suite plu.

Au-delà de notre entente musicale, nous avons en commun des souvenirs d’enfance ponctués de guerre et d’insouciance. Bachar aussi, à travers ses disques, chante ce Liban auquel nous sommes tous si attachés.

Parallèlement, la maison Fayard, sous l’impulsion de la journaliste Sarah Briand, éditait le recueil Pour l’amour de Beyrouth dans lequel figure Yamama... Ce texte a également inspiré une magnifique tapisserie, vendue au profit d’enfants déscolarisés au Liban, qui est désormais exposée à l’ambassade du Liban à Paris... Parce que le Liban est éternel, j’aime l’idée que ce texte renaisse sous des formes différentes…

La pochette du nouvel album de Yara Lapidus. Photo Alfredo Piola

Vous aviez déjà lancé sur iTunes, le 30 septembre dernier, « Oumi Ya Beyrouth », l’un des titres phares de cet album, avec l’intention de reverser l’intégralité de ses droits à la Croix-Rouge libanaise. Où en est cette initiative aujourd’hui ?

Cette initiative pour le single Oumi Ya Beyrouth est plus que jamais d’actualité. Dès les premiers jours de l’annonce, la Maison Noura Paris m’a proposé son soutien. Nous travaillons depuis trois mois pour la mise en place de 15 000 flyers qui sont distribués depuis le 7 février avec toutes les livraisons à domicile de Noura. Chaque flyer est muni du QR code pour permettre en un clic l’achat du morceau. Nous en parlions encore lors de mon interview dans L’Orient-Le Jour fin septembre : des centaines de milliers de streamings resteront insuffisants, seul l’achat du morceau à 1,29 € fera la différence. La maison Noura s’engage concomitamment à envoyer une newsletter annonçant à 50 000 contacts dans le monde son soutien au projet, permettant ainsi une collecte immédiate…

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C’est un travail de longue haleine, d’où la nécessité d’engager ce genre d’initiative avec différents acteurs, multipliant ainsi les chances de réussite de ce projet certes ambitieux, mais réalisable avec du bon sens et beaucoup de bonne volonté. J’ai d’ailleurs déjà évoqué cette même idée avec notre compagnie aérienne nationale, la MEA, à Paris, dont la direction est sensible au principe et à l’importance de la Croix-Rouge pour le Liban. Reste à mettre tout cela en place, car je souhaite continuer à développer des actions ciblées pour le Liban.

Allez-vous présenter cet album en concert, et le cas échéant, envisageriez-vous de vous produire au Liban ?

Je démarre ma tournée le 2 mars par un concert au Trois Baudets à Montmartre. Pour le moment, j’ai un tourneur (producteur de spectacles) pour Paris, Londres et les États-Unis. Il faudra que je m’en trouve un pour me produire au Liban. Mais autant vous dire que bestmanna (« je ne demande pas mieux ») ! Cela fait d’ailleurs partie des plans d’Éric, mon manager. Et akid, je vous tiens au courant.

*L’album « Back to Colors » de Yara Lapidus sera dans les bacs des disquaires en France ainsi que sur toutes les plateformes musicales à partir du 18 février. https://kuronekomedia.lnk.to/BACKTOCOLORS

Discographie

- Indéfiniment en 2018, sur des musiques composées par Gabriel Yared, dont celle de la bande originale de « 37°2 le matin » qui donne Encor, Encor chantée en duo avec l’iconique Iggy Pop.

- Just a Dream Away (2019) avec la collaboration, notamment, du fameux oudiste palestinien Simon Shaheen.

- Back to Colors (18 février 2022) avec plusieurs musiciens invités, dont Chico César, Craig Walker (Archive) ou encore Bachar Mar-Khalifé, et des arrangements signés Jean-Louis Piérot.

Elle promène sa voix veloutée et son timbre de miel sur son 3e album, Back to Colors, dont la sortie est prévue le 18 février*. Au menu : 12 titres aux sonorités pop métissées et aux influences orientales plus assumées que dans les précédents. Parmi eux, la chanson Oumi Ya Beyrouth, préalablement lancée au bénéfice de la Croix-Rouge libanaise, et Yamama, également écrite pour dire son amour à son Liban meurtri. Yara Lapidus en parle à L’OLJ. Vous avez écrit toutes les chansons de « Back to Colors », à l’exception d’« Ahwak », empruntée au répertoire de Abed el-Halim Hafez. Quelles ont été vos principales sources d’inspiration et quelles en sont les couleurs musicales ? La couleur est un langage : maman est peintre ; enfant, j’ai réalisé que la couleur « donnait...
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Elle chante mal.

Nadim Mallat

16 h 15, le 11 février 2022

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Commentaires (1)

  • Elle chante mal.

    Nadim Mallat

    16 h 15, le 11 février 2022

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