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La Russie annonce des manœuvres navales, en pleins pourparlers sur l'Ukraine

La Russie annonce des manœuvres navales, en pleins pourparlers sur l'Ukraine

Le président russe, Vladimir Poutine. Photo Sputnik/Pavel Bednyakov/Pool via REUTERS

La Russie a annoncé jeudi des exercices navals tous azimuts, en pleins pourparlers à Berlin entre Occidentaux sur la crise ukrainienne.

Plus de 140 navires de guerre et environ 10.000 militaires prendront part en janvier et février à ces exercices menés dans l'Atlantique, l'Arctique, le Pacifique ou encore la Méditerranée. L'objectif principal de ces manœuvres est de mettre en action "les forces navales, aériennes et spatiales" et de contrer les "menaces" depuis les "mers et les océans", a justifié le ministre russe de la Défense.

Alors que les tensions sont au plus haut avec les Occidentaux sur fond de craintes d'une invasion russe de l'Ukraine, Moscou a également prévu de mener des manœuvres navales conjointes avec l'Iran et la Chine, dont la date n'a pas encore été fixée. L'annonce de ce déploiement intervient peu après que le Kremlin a jugé "déstabilisatrices" les déclarations de Joe Biden menaçant d'une réponse "sévère" en cas d'attaque militaire contre l'Ukraine.

Quelques heures avant l'arrivée en Allemagne du secrétaire d'Etat Antony Blinken pour des pourparlers avec les alliés européens, Joe Biden, investi il y a tout juste un an, avait prévenu que la situation "pourrait échapper à tout contrôle" en cas d'attaque russe.

La déclaration de Joe Biden avait d'abord semé la confusion en évoquant la possibilité d'une "incursion mineure" de la Russie en Ukraine. Ce choix de mots lui a immédiatement été reproché par l'opposition, forçant la Maison Blanche à préciser sa mise en garde à la Russie.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a de son côté affirmé jeudi qu'une incursion russe en Ukraine serait "un désastre pour le monde". A Berlin, M. Blinken a mené des entretiens avec ses homologues français et allemand ainsi qu'avec le secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères britannique pour peaufiner une stratégie commune face à la Russie. Une entrevue cruciale, vendredi à Genève, avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov suivra son étape berlinoise. Antony Blinken espère encore trouver une porte de sortie diplomatique aux tensions croissantes entre Kiev et Moscou.

Mercredi, lors d'une visite de soutien à Kiev, il avait exhorté Vladimir Poutine à choisir une "voie pacifique".Un précédent cycle de pourparlers la semaine dernière en Europe n'avait permis que de constater le fossé séparant à ce stade Moscou et les Occidentaux.

 Exigences vouées "à l'échec"

La Russie a déployé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, laissant craindre une invasion. Tout en niant tout projet d'attaque, le Kremlin martèle qu'une désescalade passe par des garanties écrites pour sa sécurité. Mais M. Blinken a souligné mercredi qu'il ne présenterait "pas de document" lors de sa rencontre vendredi avec le ministre russe des Affaires étrangères.

"Nous devons voir où nous nous situons et s'il reste des opportunités de poursuivre la diplomatie", a-t-il dit, précisant que certaines exigences russes étaient "clairement, absolument, vouées à l'échec", comme l'engagement à ne jamais élargir l'Otan à l'Ukraine.

En plus d'un traité bannissant tout élargissement de l'Alliance atlantique à l'Ukraine mais aussi à la Géorgie, une autre ex-république soviétique, la Russie réclame que les Américains et leurs alliés renoncent à organiser des manœuvres et des déploiements militaires en Europe de l'Est. Moscou a signifié que ses demandes étaient non négociables, et les Etats-Unis les ont jugées pour l'essentiel inacceptables.

Nord Stream en balance ?

Dans ce contexte, Washington a annoncé mercredi "une provision de 200 millions de dollars en aide sécuritaire défensive supplémentaire" à l'Ukraine, complétant 450 millions de dollars d'aides déjà accordées. Les Etats-Unis ont aussi approuvé les demandes des pays baltes d'expédier des armes de fabrication américaine à l'Ukraine. La Grande-Bretagne a également annoncé cette semaine vouloir envoyer des armes défensives à l'Ukraine.

L'Allemagne a pour sa part rejeté l'idée de livrer des armes à l'Ukraine, estimant que cela ne ferait qu'aggraver les tensions. Le chancelier social-démocrate Olaf Scholz a toutefois dissipé cette semaine les ambiguïtés sur l'avenir du gazoduc controversé Nord Stream 2. L'Allemagne, principal soutien du projet, s'est engagée auprès des Américains à bloquer sa mise en service si la Russie attaquait l'Ukraine, a-t-il assuré.

La Russie nie toute velléité belliqueuse en Ukraine, se dit menacée par le renforcement de l'Otan dans la région et assure que ses milliers de soldats à la frontière ukrainienne ne sont pas une menace. En réponse à une révolution pro-occidentale en Ukraine, la Russie a déjà annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et est largement considérée comme étant le parrain militaire de séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, théâtre d'une guerre depuis près de huit ans.


La Russie a annoncé jeudi des exercices navals tous azimuts, en pleins pourparlers à Berlin entre Occidentaux sur la crise ukrainienne.
Plus de 140 navires de guerre et environ 10.000 militaires prendront part en janvier et février à ces exercices menés dans l'Atlantique, l'Arctique, le Pacifique ou encore la Méditerranée. L'objectif principal de ces manœuvres est de mettre en action...