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Moyen-Orient - Accord sur le nucléaire

Négociations entre Washington et Téhéran : l’heure de la détente ?

Après des mois d’impasse et de tensions, les pourparlers indirects entre Iraniens et Américains à Vienne connaissent une éclaircie.

Négociations entre Washington et Téhéran : l’heure de la détente ?

Le négociateur en chef iranien sur le nucléaire Ali Bagheri Kani et des membres de sa délégation sortant du palais de Coburg, lieu de la réunion pour les négociations visant à relancer l’accord sur le nucléaire iranien, à Vienne le 3 décembre 2021. Joe Klamar/AFP

Il y a encore un mois, les négociations sur le nucléaire entre les États-Unis et l’Iran reprenaient dans un contexte tendu. Téhéran jouait la carte maximaliste, Washington étudiait les alternatives et Israël multipliait les mises en garde menaçantes. À tel point que nombre d’analystes s’interrogeaient : et si le « no deal » l’emportait ? Depuis, l’ambiance s’est sensiblement améliorée même si, du point de vue des partisans d’un accord (JCPOA), l’heure n’est pas encore aux réjouissances.

Emblématique de ce revirement, le discours prononcé le 9 janvier par le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur sur les dossiers internationaux, à commencer par le nucléaire. Le véritable chef d’État iranien a ainsi semblé vouloir préparer la population à la possibilité d’un marché en troquant son discours de défiance habituel pour une rhétorique plus accommodante. « Nous ne céderons pas à la pression de l’ennemi, mais les négociations et l’engagement avec l’ennemi sont une autre affaire », a-t-il ainsi déclaré, rompant de manière nette avec une parole plus vindicative.

Après des mois d’impasse, la reprise des pourparlers à Vienne fin novembre paraît témoigner d’une convergence croissante entre les parties prenantes que sont Téhéran, Washington, Paris, Berlin, Londres, Pékin et Moscou. Avant l’ouverture du huitième cycle de négociation le 3 janvier, des premiers signes d’éclaircie ont pu être décelés. Le porte-parole du département d’État américain Ned Price avait ainsi convenu le 30 décembre qu’« il y avait peut-être eu quelques modestes progrès » dans les discussions. Plus tôt dans la semaine, il avait même reconnu une évolution positive, à savoir « l’identification des questions difficiles à négocier ». À deux jours de la nouvelle année, le négociateur en chef iranien Ali Bagheri Kani avait de son côté confirmé l’existence d’avancées « relativement satisfaisantes ».

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« Une grande partie de ce que nous voyons était prévisible (et a été prévu). La nouvelle équipe de négociation iranienne voulait commencer par avoir l’air plus stricte que la précédente. Elle a passé la première semaine de pourparlers à faire des demandes déraisonnables, estime Barbara Slavin, directrice de la Future of Iran Initiative au sein du think tank Atlantic Council. Après s’être fait dire qu’il ne s’agissait pas d’une option, l’équipe est retournée à l’ordre du jour qui avait été atteint en juin dernier et a commencé à s’engager plus sérieusement. »

Demander le plus pour s’assurer le moins

Vu de loin, la situation paraissait jusque-là inextricable. L’administration Biden ne pouvait pas promettre à Téhéran qu’aucun gouvernement ultérieur ne remettrait en question l’accord à venir, comme l’avait fait Donald Trump en 2018. Signé en 2015 durant le mandat de Barack Obama, le Plan d’action global commun visait à restreindre les activités nucléaires iraniennes en échange d’un allègement des sanctions à l’égard de la République islamique. Mais son torpillage par Donald Trump s’était soldé par la réimposition de mesures punitives et leur renforcement. En réaction, Téhéran s’est progressivement défait de ses obligations, franchissant de nouvelles phases dans l’enrichissement d’uranium, au point de se rapprocher des 90 % nécessaires à la fabrication d’une bombe.

Avec l’arrivée au pouvoir d’Ebrahim Raïssi – chef du gouvernement ultraconservateur proche du guide suprême – et de son ministre des Affaires étrangères Hossein-Amir Abdollahian, Téhéran a dans un premier temps joué les gros bras. Il a considéré que c’était à Washington de faire les premières concessions puisqu’il est celui qui a trahi l’accord, lui demandant non seulement d’engager les administrations américaines suivantes, mais aussi de supprimer toutes les sanctions, nucléaires comme non nucléaires. La République islamique a par ailleurs souligné à plusieurs reprises qu’il était hors de question d’étendre les discussions à ses autres activités, à savoir son programme balistique et son réseau régional de milices. Deux lignes rouges pour lui, mais des sujets hautement sensibles pour les plus proches alliés de Washington au Moyen-Orient, Israël et l’Arabie saoudite.

En somme, la stratégie de Téhéran a consisté à demander le plus pour s’assurer le moins, conscient du fait que l’administration Biden tenait absolument à préserver l’option diplomatique et que lui-même a vraiment besoin d’un allègement des mesures punitives étouffant son économie.

« Aussi bien Téhéran que Washington considèrent que la fenêtre d’opportunité pour aboutir à un accord est de plus en plus étroite. D’une part, parce que le programme nucléaire iranien se développe rapidement, et d’autre part, parce que l’année qui vient s’annonce très critique pour Joe Biden. Il y a de fortes chances qu’il perde le Congrès lors des élections de mi-mandat. Donc si un marché doit avoir lieu, c’est maintenant », explique Sanam Vakil, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord au centre de réflexion Chatham House.

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La nature exacte des avancées soulignées n’est pas connue. Mais l’administration Biden ne se réfère déjà plus à l’idée d’un « accord plus long et plus solide », que le précédent. Les discussions semblent écarter les sujets liés à la politique régionale iranienne et pourraient ne pas outrepasser les exhortations à la détente présentes dans l’accord de 2015. « De son côté, Téhéran ne demande plus la levée de toutes les sanctions mais seulement de celles requises par le JCPOA », commente Barbara Slavin.

Une volonté d’apaisement qu’illustre par exemple, selon la chercheuse, l’autorisation donnée par Washington à une entreprise sud-coréenne de rembourser une dette de 63 millions de dollars à des investisseurs iraniens, ou encore l’approbation de la Banque mondiale au début du mois pour l’octroi d’un prêt de 90 millions de dollars à l’Iran afin de l’aider à endiguer la pandémie de Covid-19. « Le principal point d’achoppement semble résider dans les » garanties « que Téhéran demande des États-Unis pour qu’ils ne puissent plus se retirer de l’accord », dit Barbara Slavin. « Le système politique américain rend cela impossible, mais on peut imaginer un langage qui indique la détermination de l’administration Biden à s’en tenir à l’accord si l’Iran le fait aussi. »


Il y a encore un mois, les négociations sur le nucléaire entre les États-Unis et l’Iran reprenaient dans un contexte tendu. Téhéran jouait la carte maximaliste, Washington étudiait les alternatives et Israël multipliait les mises en garde menaçantes. À tel point que nombre d’analystes s’interrogeaient : et si le « no deal » l’emportait ? Depuis, l’ambiance...

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OLJ, NOUS PAYONS UN ABONNEMENT POUR 365 JOURS CAD LIRE CHAQUE JOUR LES REPORTAGES OU NOUVELLES LOCALES, REGIONALES ET INTERNATIONALES QUE VOUS POUVEZ OBTENIR DIRECTEMENT OU DES AGENCES INTERNATIONALES ET NON POUR LIRE DES ARTICLES D,ANALYSES PERSONELLES ET QUI SE REPETENT DE 3 A 5 JOURS DE SUITE LES MEMES. NE VAUT-IL PAS MIEUX FAIRE PARAITRE LE JOURNAL DEUX JOURS PAR SEMAINE QUE DE PRATIQUER CETTE PARODIE ? ON SE LE DEMANDE.

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11 h 34, le 13 janvier 2022

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Commentaires (2)

  • OLJ, NOUS PAYONS UN ABONNEMENT POUR 365 JOURS CAD LIRE CHAQUE JOUR LES REPORTAGES OU NOUVELLES LOCALES, REGIONALES ET INTERNATIONALES QUE VOUS POUVEZ OBTENIR DIRECTEMENT OU DES AGENCES INTERNATIONALES ET NON POUR LIRE DES ARTICLES D,ANALYSES PERSONELLES ET QUI SE REPETENT DE 3 A 5 JOURS DE SUITE LES MEMES. NE VAUT-IL PAS MIEUX FAIRE PARAITRE LE JOURNAL DEUX JOURS PAR SEMAINE QUE DE PRATIQUER CETTE PARODIE ? ON SE LE DEMANDE.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    11 h 34, le 13 janvier 2022

  • OLJ, NE VAUT-IL PAS MIEUX NOUS REPORTER CE QUI SE PASSE EN Y PUISANT DANS LES REPORTAGES DES AGENCES INTERNATIONALES PLUTOT QUE DE NOUS ABREUVER D,ANALYSES AU LIEU DES FAITS ? TOUS OU PRESQUE TOUS VOS ARTICLES SONT DES ANALYSES PERSONNELLES QUI POUR LA PLUPART SONT LOIN DES REALITES SUR LES TERRAINS. CA CE NE SONT PAS DES NOUVELLES MAIS DES SUPPOSITIONS.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ SANS L,HUMILIANTE CENSURE.

    09 h 26, le 13 janvier 2022

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