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Moyen-Orient - Manifestations

Kazakhstan : les autorités affirment que la situation est stabilisée après les violences

La situation dans ce pays d’Asie centrale est suivie avec inquiétude à l’étranger, le pape François exprimant hier sa « douleur » et appelant au dialogue pour retrouver la paix.

Kazakhstan : les autorités affirment que la situation est stabilisée après les violences

Une voiture brûlée durant les manifestations le 7 janvier 2022 à Almaty, au Kazakhstan. Photo Stringer/Reuters

Les autorités kazakhes ont déclaré hier qu’elles avaient stabilisé la situation dans le pays et que des « sites stratégiques » sont désormais sous le contrôle de l’alliance militaire dirigée par la Russie chargée de rétablir l’ordre, alors que l’ancienne république soviétique est en proie aux pires violences depuis son accession à l’indépendance il y a trente ans. Des responsables des forces de sécurité et des services de renseignements ont informé le président kazakh, Kassim-Jomart Tokaïev, qu’ils poursuivaient des opérations de « nettoyage ». Selon la chaîne publique Khabar 24, 164 personnes ont été tuées au cours des affrontements avec les forces de sécurité. Selon la police, 6 044 personnes ont également été arrêtées en lien avec les violences lors desquelles plusieurs bâtiments publics ont été incendiés. Rien qu’à Almaty, la capitale économique où se sont déroulées les émeutes les plus violentes, 103 personnes ont été tuées, ont rapporté hier plusieurs médias, citant le ministère de la Santé. Ce bilan, qui n’a pas pu être vérifié de manière indépendante, est en forte hausse.

À la demande du président kazakh, Moscou a envoyé des troupes pour aider le pouvoir kazakh à rétablir l’ordre dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), qui lie la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. « Un certain nombre de sites stratégiques ont été placés sous la protection du contingent de maintien de la paix des États membres de l’OTSC », a déclaré le bureau de la présidence, sans préciser les sites concernés. Les autorités kazakhes assurent que la situation est stabilisée dans toutes les régions. « La situation a été stabilisée dans toutes les régions du pays », a dit le bureau de la présidence, ajoutant que les forces de l’ordre avaient repris le contrôle des bâtiments administratifs et que les services essentiels étaient sur le point d’être rétablis.

La contestation a débuté en province le 2 janvier, après l’augmentation du prix du gaz, avant de gagner de grandes villes, notamment Almaty, où la police a tiré à balles réelles sur les manifestants prenant d’assaut des bâtiments officiels. Selon le ministère kazakh de l’Intérieur, le préjudice matériel causé par les violences a été initialement évalué à environ 175 millions d’euros. Plus de 100 commerces et banques ont été pillés et plus de 400 véhicules détruits, selon la même source. Le Kazakhstan avait annoncé samedi l’arrestation de l’ex-directeur des services de renseignements Karim Massimov, première personnalité majeure interpellée, pour des soupçons de « haute trahison ». Refusant tout dialogue avec les manifestants, le président Tokaïev avait autorisé vendredi ses forces à « tirer pour tuer ». Hier, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a condamné l’ordre de « tirer pour tuer » contre les manifestants au Kazakhstan. « C’est quelque chose que je rejette absolument », a-t-il déclaré sur la chaîne.

Timide réouverture

Signe d’un timide retour à la normale, des supermarchés ont rouvert leurs portes hier à Almaty, alors que la population s’inquiète de pénuries. De longues files d’attente de véhicules se sont notamment formées ces derniers jours devant les stations-service. Signe toutefois de la tension qui règne encore, à Almaty, des policiers ont plusieurs fois tiré des coups de feu en l’air samedi pour empêcher les habitants d’approcher de la place centrale de la ville. Almaty portait aussi encore les stigmates des violences, avec des façades d’immeuble noircies par les flammes et des carcasses de voitures brûlées jonchant les rues.

Outre la hausse du coût de la vie, la figure de l’ex-président Noursoultan Nazarbaïev, qui a régné d’une main de fer sur le Kazakhstan de 1989 à 2019, a cristallisé la colère des manifestants. Son porte-parole, Aïdos Oukibaï, a une nouvelle fois nié hier que M. Nazarbaïev ait quitté le pays, assurant qu’il soutenait M. Tokaïev. Sur fond de rumeurs de lutte de pouvoir, il a aussi affirmé que M. Nazarbaïev avait cédé de son propre chef la direction du Conseil de sécurité nationale à M. Tokaïev, qui avait brusquement annoncé cette semaine qu’il en prenait les rênes.

La situation au Kazakhstan est suivie avec inquiétude à l’étranger, le pape François exprimant ainsi hier sa « douleur » et appelant au « dialogue » pour retrouver la paix. Cette crise a aussi donné lieu à des tensions entre la Russie et les États-Unis, dans un contexte de crispations croissantes entre ces deux puissances.

Moscou a déployé des troupes dans le pays d’Asie centrale dans le cadre d’un contingent multinational de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), à l’appel de M. Tokaïev.

Les États-Unis ont estimé qu’il serait « très difficile » pour le Kazakhstan d’obtenir le départ des militaires russes, une critique que Moscou a qualifiée samedi de « grossière ». Alors que des représentants américains et russes devaient se réunir à partir d’hier soir à Genève pour parler de l’Ukraine et de l’Europe, Moscou a exclu toute discussion avec Washington sur le Kazakhstan. « Cette question ne les regarde en rien », a balayé hier le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Sources : agences

Les autorités kazakhes ont déclaré hier qu’elles avaient stabilisé la situation dans le pays et que des « sites stratégiques » sont désormais sous le contrôle de l’alliance militaire dirigée par la Russie chargée de rétablir l’ordre, alors que l’ancienne république soviétique est en proie aux pires violences depuis son accession à l’indépendance il y a trente ans. Des responsables des forces de sécurité et des services de renseignements ont informé le président kazakh, Kassim-Jomart Tokaïev, qu’ils poursuivaient des opérations de « nettoyage ». Selon la chaîne publique Khabar 24, 164 personnes ont été tuées au cours des affrontements avec les forces de sécurité. Selon la police, 6 044 personnes ont également été arrêtées en lien avec les violences lors desquelles...
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