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Moyen-Orient - Irak

Grand vainqueur des législatives, Moqtada Sadr reçoit ses rivaux pro-Iran

Grand vainqueur des législatives, Moqtada Sadr reçoit ses rivaux pro-Iran

Des partisans de Moqtada Sadr célébrant, à Najaf, la victoire de son mouvement après la décision de la Cour suprême irakienne, le 27 décembre 2021. Alaa Al-Marjani/Reuters

Le religieux chiite Moqtada Sadr, grand vainqueur des dernières législatives en Irak, a reçu hier des dirigeants des anciens paramilitaires d’al-Hachd al-Chaabi, ses rivaux pro-Iran, en pleines tractations sur le gouvernement avant la séance inaugurale du Parlement.

Début décembre déjà, après plusieurs semaines de tensions, M. Sadr avait rencontré des figures des partis pro-Iran, les deux camps affichant des positions opposées concernant la formation du prochain gouvernement.

La rencontre de mercredi intervient deux jours après la ratification des résultats des législatives du 10 octobre, qui permet au nouveau Parlement de tenir sa session inaugurale d’ici au 10 janvier.

Une délégation du Cadre de coordination – coalition regroupant plusieurs partis chiites dont l’Alliance de la conquête, vitrine politique d’al-Hachd – a ainsi rencontré M. Sadr à son domicile, dans la ville sainte de Najaf (centre).

Le courant sadriste a obtenu 73 sièges, devenant le premier bloc au Parlement de 329 députés. Le Hachd n’a remporté que 17 sièges, contre 48 au sein du Parlement sortant, même s’il peut encore compter sur le jeu des alliances.

Mercredi M. Sadr a accueilli Hadi al-Ameri, de l’Alliance de la conquête, Faleh al-Fayyad, haut responsable du Hachd, et Qaïs al-Khazali de Assaïb Ahl al-Haq, une des principales factions du Hachd. Ils devaient évoquer « la situation politique du pays pour la période à venir et la formation du prochain gouvernement », précise l’agence de presse officielle INA.

Dans un Irak multiconfessionnel et multiethnique, la formation du gouvernement s’accompagne d’interminables tractations. Les partis dominant la communauté chiite, majoritaire, doivent traditionnellement arriver à un compromis.

Or, si les pro-Iran veulent perpétuer cette tradition du compromis, indépendamment du nombre de députés, M. Sadr réclame un gouvernement composé de formations politiques capables de constituer une coalition majoritaire au Parlement.

Après sa session inaugurale, le Parlement doit dans un premier temps élire le président de la République, qui à son tour désignera un Premier ministre, choisi selon la tradition par la plus grande coalition au Parlement.

Une fois désigné, le Premier ministre aura 30 jours pour former un gouvernement.

Les tractations actuelles évoquent la possibilité de nommer de nouvelles personnalités pour remplacer « les trois présidents » actuels – de la République, du Parlement et le Premier ministre –, le chef du gouvernement actuel Moustafa Kazimi étant rejeté par les pro-Iran.

La justice a rejeté lundi une plainte des pro-Iran qui réclamaient l’annulation des législatives, dénonçant des fraudes. Mais, signe de détente, des responsables des partis pro-Téhéran ont appelé les manifestants campant à Bagdad depuis octobre à lever leurs deux sit-in dans la capitale.

Un officier de police exécuté par l’EI

Sur un tout autre plan, les autorités irakiennes ont annoncé hier la mort d’un officier de police, deux semaines après son enlèvement par les jihadistes du groupe État islamique (EI) dans l’est du pays. Sur ses chaînes Telegram, l’EI a publié mardi soir des photos présentées comme celles de la victime décapitée, après son « enlèvement » dans la région de Hamrine. Le colonel Yasser al-Jourani avait été enlevé à la mi-décembre alors qu’il se trouvait avec deux amis dans cette région de Hamrine pour pratiquer la chasse, a indiqué une source de sécurité. Sur Twitter, le porte-parole du commandant en chef de l’armée a présenté ses condoléances pour l’assassinat du colonel. « Nous poursuivrons les terroristes pour rendre justice et venger nos martyrs », a-t-il écrit. Quant aux deux compagnons de chasse du colonel, le premier a été retrouvé tué par balle et le second grièvement blessé après avoir été torturé, avant de succomber à ses blessures, selon la source de sécurité. Ces derniers jours, les forces de sécurité ont annoncé une vaste opération dans la région montagneuse de Hamrine, où les jihadistes restent très actifs dans la province de Diyala.

Après avoir occupé de 2014 à 2017 de vastes territoires en Syrie et en Irak, l’EI a enchaîné les revers. L’Irak a proclamé sa victoire contre l’EI fin 2017. Mais les jihadistes continuent de mener des attaques ponctuelles contre les forces de sécurité, notamment dans le Nord.

Aujourd’hui, l’organisation « maintient une présence largement clandestine en Irak et en Syrie et mène une insurrection soutenue de part et d’autre de la frontière entre les deux pays », selon un rapport onusien publié en 2021. Dans ces deux pays, l’organisation jihadiste conserverait « en tout 10 000 combattants actifs », d’après ce rapport.

Source : AFP

Le religieux chiite Moqtada Sadr, grand vainqueur des dernières législatives en Irak, a reçu hier des dirigeants des anciens paramilitaires d’al-Hachd al-Chaabi, ses rivaux pro-Iran, en pleines tractations sur le gouvernement avant la séance inaugurale du Parlement.Début décembre déjà, après plusieurs semaines de tensions, M. Sadr avait rencontré des figures des partis pro-Iran, les deux camps affichant des positions opposées concernant la formation du prochain gouvernement.La rencontre de mercredi intervient deux jours après la ratification des résultats des législatives du 10 octobre, qui permet au nouveau Parlement de tenir sa session inaugurale d’ici au 10 janvier.Une délégation du Cadre de coordination – coalition regroupant plusieurs partis chiites dont l’Alliance de la conquête, vitrine politique...
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