Sur la descente de Bormio, en Italie, Dominik Paris a décroché hier une 6e victoire sur « sa » piste, la célèbre et redoutable Stelvio. Aucun autre skieur n’a réussi à gagner autant de fois une seule et même descente. Fabrice Coffrini/AFP
Partis l’un après l’autre, les skieurs suisse Marco Odermatt et italien Dominik Paris ont offert hier un superbe duel sur la redoutée descente de Bormio (Italie) : Paris a décroché une 6e victoire sur « sa » piste, Odermatt un brillant premier podium dans la discipline.
Pas encore de top 3 cette saison ? Pas de problème pour Dominik Paris, le colosse italien attendait tout simplement son heure et sa course, la descente de Bormio, sur la célèbre piste Stelvio, glacée et terriblement exigeante. Il a ainsi décroché hier sa 6e victoire en descente dans la station lombarde (après 2012, 2017, 2018 deux fois et 2019). Aucun autre skieur n’a réussi à gagner autant de fois une seule et même descente. Depuis 2012, Paris a gagné à chaque fois qu’il s’est aligné sur cette course sauf l’an passé (4e), pour sa reprise quelques mois après une rupture d’un ligament croisé du genou droit. C’est la 16e victoire en descente de Coupe du monde pour l’Italien de 32 ans, le 4e skieur le plus victorieux dans la discipline après l’Autrichien Franz Klammer (25 victoires), le Suisse Peter Müller (19 succès) et l’Autrichien Stephan Eberharter (18 triomphes).
Superbement posé sur ses skis malgré la difficulté de la piste, Paris a directement suivi au départ Marco Odermatt, auteur d’un passage sensationnel pour finir 2e à 24/100es de seconde. Plus fin, plus léger, le jeune Suisse (24 ans) s’est débattu en prenant tous les risques pour signer au final son premier podium en descente et mettre une claque à la plupart des spécialistes. Éblouissant en ce début de saison, il signe un 7e podium en 10 courses après ceux réussis en géant (quatre podiums, trois victoires) et en super-G (deux podiums, une victoire). « J’adore la descente, c’est facile à skier car je n’ai aucune pression. J’aime cette sensation, j’ai eu une belle journée de ski. Ça a été très bosselé, nos sensations sont moyennes, mais j’ai su prendre tous les risques », a-t-il apprécié au micro d’Eurosport.
À ce rythme, aucun skieur ne peut prétendre le gêner pour le classement général de la Coupe du monde. Dauphin du Français Alexis Pinturault au printemps dernier, Odermatt compte désormais 286 points de plus que l’Autrichien Matthias Mayer, seulement 12e hier. Et, mauvaise nouvelle pour ses adversaires, il s’annonce comme le grand favori des deux super-G de Bormio aujourd’hui et demain. Derrière Odermatt, son compatriote Niels Hintermann a pris la 3e place du jour à 80/100es de seconde, un nouveau podium alors qu’il était déjà 3e sur la descente de Val Gardena le 18 décembre.
En grande forme cette saison, la skieuse française Tessa Worley a remporté hier le slalom géant de Lienz (Autriche), la 15e victoire de sa carrière. Elle est double championne du monde de la spécialité. Dominik Angerer/Sources variées/AFP
Le Covid-19 décime le circuit féminin
Dans la Coupe du monde dames, en grande forme, la skieuse française Tessa Worley a remporté hier le géant de Lienz (Autriche), la 15e victoire de sa carrière, devant la Slovaque Petra Vlhova et la Suédoise Sara Hector, à un peu plus d’un mois des Jeux olympiques d’hiver à Pékin (Chine, 4-20 février 2022). Worley a décroché sa première victoire de la saison en l’absence notamment de l’Américaine Mikaela Shiffrin et de la Suissesse Lara Gut-Behrami, positives au Covid-19. Meilleur temps de la première manche, la Française a su déjouer les pièges du second tracé (4e temps), disputé entre ombre et lumière, pour conserver 30/100es de seconde d’avance sur Vlhova et 38/100es d’avance sur Hector.
Huitième à Sölden (Autriche) fin octobre, 5e puis 4e à Courchevel la semaine dernière, la Bornandine monte en puissance cette saison en géant et a fait parler sa science de la discipline pour remporter sa première course depuis Kronplatz (Italie) en janvier dernier. Double championne du monde de la spécialité, Worley a pu montrer sa condition avant de disputer a priori dans un peu plus d’un mois ses 3es Jeux olympiques, où elle n’a jamais décroché de médaille. Avec 15 succès en géant de Coupe du monde, treize ans après le premier à Aspen (États-Unis) en novembre 2008, Worley est la 3e skieuse la plus victorieuse de l’histoire de la discipline derrière la Suissesse Vreni Schneider (20 victoires) et l’Autrichienne Annemarie Moser-Pröll (16 succès).
En plus de slalomer entre les portes, les skieuses doivent esquiver en ce moment le Covid-19, alors que les cas de contamination se multiplient sur le circuit depuis quelques semaines. La championne du monde en titre de géant, Lara Gut-Behrami, est absente depuis l’étape de Val-d’Isère, et la championne olympique Mikaela Shiffrin a annoncé lundi avoir été testée positive. La Polonaise Maryna Gasienica-Daniel,
n° 7 mondiale avant la course d’hier, a aussi annoncé lundi être touchée, alors que la Néo-Zélandaise Alice Robinson (sortie de piste) et l’Autrichienne Katharina Liensberger (25e) effectuaient leur retour à Lienz. Shiffrin conserve malgré tout la tête du classement général, à 93 points devant l’Italienne Sofia Goggia, 12e hier.
Source : AFP


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