Des Britanniques se promenant, un masque sur le visage, à Oxford Street à Londres, hier. Tolga Akmen /AFP
Face au variant Omicron qui déferle sur les États-Unis et l’Europe, Washington s’est mobilisé hier, misant sur les tests et les vaccins alors qu’en Allemagne le nouveau chancelier Olaf Scholz s’apprête à durcir les restrictions.
Le nouveau variant du coronavirus se répand à une vitesse fulgurante et plus d’une contamination sur trois semble désormais liée à Omicron à Paris, selon le gouvernement français.
Aux États-Unis, Omicron est désormais dominant : il a représenté 73,2 % des nouvelles infections au Covid-19 lors de la semaine qui s’est achevée le 18 décembre, selon les autorités sanitaires américaines. Dans certains États du nord-ouest, la proportion d’Omicron tourne autour de 95 % des cas.
C’est dans ce contexte que Joe Biden doit annoncer de nouvelles mesures dans le pays le plus endeuillé du monde en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 807 000 morts.
La Maison-Blanche a détaillé hier la stratégie du président américain : des tests, des capacités de vaccination renforcées et des moyens supplémentaires pour les hôpitaux, mais pas de nouvelles restrictions avant Noël. « Il n’y a pas besoin de confiner nos écoles ni notre économie », a affirmé un haut responsable de la Maison-Blanche lors d’une conférence de presse.
Les autorités vont distribuer gratuitement 500 millions de tests pour le Covid-19 et le gouvernement fédéral va mobiliser un millier de médecins, infirmiers ou personnels médicaux de l’armée, qui pourront être déployés si besoin à travers le pays en janvier et février, et augmenter la capacité de vaccination.
Les États-Unis vont également donner plus d’un demi-milliard de dollars d’aide supplémentaire à des organisations internationales pour lutter contre le Covid-19 face à l’irruption du variant Omicron, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.
Restrictions durcies en Allemagne
En Allemagne, le gouvernement s’apprête à durcir les restrictions sanitaires au Nouvel An, selon un projet qui devait être discuté hier lors d’une réunion de crise entre le gouvernement et les représentants des 16 régions du pays, suivie d’une conférence de presse d’Olaf Scholz.
À partir du 28 décembre, hors enfants de moins de 14 ans, les personnes vaccinées ou guéries ne pourront pas accueillir chez elles plus de 10 invités et à condition qu’ils soient tous immunisés, selon le texte. Les non-vaccinés ne sont de leur côté autorisés à inviter qu’au maximum deux personnes d’un seul foyer.
Les événements sportifs se dérouleront « sans spectateurs » à partir du 28 décembre, de même que les manifestations culturelles et les concerts, selon un second texte modifié. Discothèques et clubs de danse seront fermés.
Contrairement aux Pays-Bas voisins, l’Allemagne n’envisage pas de fermer des magasins jugés non essentiels, les cinémas ou les restaurants, estimant suffisant de limiter leur accès aux personnes vaccinées ou guéries.
Pas de mesures de ce type prévues en France non plus, où « plus d’une contamination sur trois (au Covid-19) semble liée au variant Omicron » à Paris au vu des criblages réalisés, a annoncé mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Le taux d’incidence du Covid-19 atteint « une nouvelle fois un record » en France, à 537 cas pour 100 000 habitants, a-t-il précisé.
Objectif 2022
Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a annoncé lundi soir l’annulation des festivités prévues dans la capitale britannique pour le Nouvel An, tout comme le Maroc, qui a en outre instauré un couvre-feu entre minuit et 6h.
Pour se protéger, il faut « dans certains cas annuler un événement », a assuré lundi le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, car « un événement annulé vaut mieux qu’une vie de moins ». Il a lancé l’objectif d’un point final au Covid pour 2022 « en veillant à ce que 70 % de la population de chaque pays soit vaccinée » d’ici à mi-2022.
À ses côtés, la chef scientifique de l’OMS, la docteure Soumya Swaminathan, a affirmé que les premières données d’Afrique du Sud avaient montré que les hospitalisations liées à Omicron restaient moins nombreuses que pendant les précédentes vagues Delta.
Face au déferlement d’Omicron, Israël a ajouté hier les États-Unis et plusieurs autres pays à sa liste rouge d’une cinquantaine d’États vers lesquels il est interdit de voyager. La Thaïlande a pour sa part rétabli la quarantaine pour tous les voyageurs.
La pandémie a fait au moins 5,35 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi mardi, sans doute inférieur à la réalité.
L’épidémie a été pratiquement éradiquée en Chine depuis grâce à des mesures drastiques, mais la grande ville de Xi’an (Nord) a commencé hier à dépister l’ensemble de ses 13 millions d’habitants après la détection d’une quarantaine de cas.
Source : AFP


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