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Dernières Infos - Explosion au port de Beyrouth

Nagib Mikati, reçu par Mgr Audi, annonce une initiative pour aider les commerces sinistrés

Nagib Mikati, reçu par Mgr Audi, annonce une initiative pour aider les commerces sinistrés

Accolade entre le Premier ministre libanais, Nagib Mikati (g), et le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Elias Audi, le 10 novembre 2021. Photo envoyée par notre correspondante Hoda Chedid

Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, dont le gouvernement traverse une grave crise et ne se réunit plus depuis des semaines, s'est rendu mercredi à l'archevêché grec-orthodoxe de Beyrouth, où il s'est entretenu avec le métropolite Elias Audi, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

M. Mikati était accompagné du vice-Premier ministre, Saadé Chami, qui est grec-orthodoxe, et du député Nicolas Nahas.

"J'ai été ravi de m'entretenir avec Mgr Audi qui m'a exprimé sa préoccupation concernant la situation sociale, éducative et sanitaire des Libanais", a indiqué M. Mikati à l'issue de la réunion. "Je l'ai informé des mesures que le gouvernement prend et il sait que nous ne détenons pas de baguette magique", a poursuivi le Premier ministre.

"Nous avons évoqué également l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth et les dégâts subis dans les quartiers ici. Jusqu'à ce jour, les solutions attendues n'ont pas été apportées", a déploré Nagib Mikati. Il a en outre fait savoir qu'il a informé Mgr Audi de l'initiative gouvernementale "B5" qui sera lancée demain et qui concernera les zones sinistrées par l'explosion. "Cette initiative sera réalisée avec le concours de la Banque mondiale et de l'Union européenne et a pour but d'apporter les aides nécessaires aux institutions commerciales pour qu'elle puissent reprendre leur travail", a expliqué M. Mikati.

Pour sa part, le métropolite de Beyrouth a plaidé pour une justice "équitable qui respecte des lois unifiées afin de préserver la Constitution". Le dignitaire grec-orthodoxe a ensuite affiché son soutien au juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête, affirmant être en faveur du maintien du dossier entre ses mains, alors que le Hezbollah, le mouvement Amal, et le courant Marada, réclament le dessaisissement du magistrat.

Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a lui aussi commenté le dossier judiciaire en cours. Sur con compte Twitter personnel, il a affirmé que "les innocents ne craignent pas la justice". "Comme l'a dit l'Imam Ali : quiconque se met en position d'accusé ne peut que se blâmer si les autres pensent du mal de lui", a ajouté le président de la République.

Le tweet du président Aoun sonnait comme une critique implicite aux députés du mouvement Amal du président du Parlement, Nabih Berry, poursuivis par le juge Bitar. La réponse de ce dernier n'a pas tardé. Réagissant visiblement au message du président Aoun, le chef du Législatif a écrit : "A condition que la justice ne soit pas celle du pouvoir".

Formé le 10 septembre après 13 mois de blocage politique dans un pays  en grave crise socio-économique, le gouvernement Mikati est paralysé depuis des semaines en raisons de dissensions internes dans ses rangs, les ministres chiites boycottant les réunions du cabinet à la suite des affrontements survenus à Tayouné, dans le sud de Beyrouth, le 14 octobre dernier. Ces combats meurtriers avaient opposé des miliciens du tandem chiite Hezbollah-Amal à des éléments non identifiés postés dans des quartiers chrétiens où les Forces libanaises jouissent d'une forte présence. Les affrontements avaient eu lieu en marge d'une manifestation d'Amal et du Hezbollah contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts. Les deux partis chiites réclament la mise à l'écart du juge qu'ils accusent de politiser l'enquête.

Pour ne rien arranger, une grave crise diplomatique provoquée par des propos sur la guerre au Yémen tenus par le ministre de l'Information, Georges Cordahi, avant qu'il ne soit nommé à son poste, a poussé l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe à rappeler leurs ambassadeurs au Liban et à expulser les diplomates libanais en poste chez eux. Nagib Mikati a indirectement appelé M. Cordahi à démissionner, mais celui-ci, soutenu par le Hezbollah et ses alliés, refuse jusqu'à présent de s'exécuter.


Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, dont le gouvernement traverse une grave crise et ne se réunit plus depuis des semaines, s'est rendu mercredi à l'archevêché grec-orthodoxe de Beyrouth, où il s'est entretenu avec le métropolite Elias Audi, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).M. Mikati était accompagné du vice-Premier ministre, Saadé Chami, qui est...