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Dernières Infos - Affaire de Tayouné

Le dossier aux mains de Sawan, plaintes classées sans suite contre Nasrallah, Geagea et Bitar


Le dossier aux mains de Sawan, plaintes classées sans suite contre Nasrallah, Geagea et Bitar

Des partisans armés lors des affrontements de Tayouné, le 14 octobre 2021. Photo Ibrahim AMRO / AFP

Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea devrait être entendu prochainement par le premier juge d'instruction par intérim près le tribunal militaire, Fadi Sawan, en qualité de témoin, concernant les affrontements de Tayouné, qui avaient éclaté il y a deux semaines entre des manifestants du Hezbollah et du mouvement Amal et des éléments armés probablement proches des FL. 

Selon des informations de presse, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Fadi Akiki, a déféré le dossier des affrontements de Tayouné devant le juge Sawan et lui a demandé d'entendre M. Geagea en tant que témoin. Le leader chrétien, qui avait été convoqué mercredi matin à une audience devant les services de renseignement de l'armée, avait refusé de se rendre à l'audience. La date de la convocation par le juge Sawan n'a pas encore été précisée, et il ne peut pas être confirmé jusqu'à présent si M. Geagea s'y rendra ou non. Il avait déclaré la semaine dernière qu'il ne se présenterait devant la justice au sujet des affrontements de Tayouné que si le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah comparaissait avant lui.

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Les combats de Tayouné avaient eu lieu en marge d'une mobilisation à laquelle avaient appelé Amal et le Hezbollah contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, qu'ils accusent de politiser l'enquête. Parmi les sept morts tombés dans ces accrochages armés, trois étaient membres d'Amal et trois autres du Hezbollah, la dernière victime étant une civile. 

Comble de l’ironie, le dossier est donc désormais entre les mains de Fadi Sawan, qui avait été le premier magistrat en charge de l'instruction sur la double explosion au port de Beyrouth avant Tarek Bitar, et qui avait été écarté sous la pression de la classe politique.

Plaintes classées sans suite
Par ailleurs, la chambre civile de la cour d'appel de Beyrouth a validé la demande de mise à l'écart du juge Akiki du dossier de Tayouné, qui avait été déposée par des avocats du parti chrétien et d'autres de suspects en détention dans cette affaire. Il convient toutefois de noter qu'entre temps, le dossier a été transféré au parquet militaire et n'est donc plus directement lié à Fadi Akiki. Ces recours avaient été justifiés par le fait que le magistrat aurait un lien de parenté avec le président du Parlement Nabih Berry, dont des partisans ont été impliqués dans les affrontements du 14 octobre, et que la convocation de Samir Geagea était illégale. Suite à l'absence du chef des FL à l'audience, les SR de l’armée avaient clos le dossier sur les événements de Tayouné mercredi sans mentionner le nom du chef des FL dans leur rapport. Selon des sources au sein de l’armée, Fady Akiki avait demandé la fermeture de l’enquête et aucune mesure n’a été prise contre Samir Geagea.

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En outre, deux plaintes déposées peu après les événements de Tayouné, l'une contre Hassan Nasrallah et l'autre contre Samir Geagea et Tarek Bitar, ont été classées sans suite, respectivement par le procureur général près la cour de cassation Ghassan Oueidate, et par l'avocat général près la cour de cassation Imad Kabalan. 

La plainte contre Hassan Nasrallah avait été déposée par des habitants de Aïn el-Remmané, quartier à prédominance chrétienne bordant le rond-point de Tayouné, qui s'étaient dit "affectés" par les affrontements de la mi-octobre. Dans le texte de la plainte, l'avocat Élie Mahfoud, accompagné d'autres juristes, avait accusé le dignitaire chiite de "porter atteinte à l'unité nationale en détenant des armes de guerre et d'avoir effectué des actes terroristes en recourant à ces armes". La seconde plainte avait été déposée par l'avocate May Khansa, militante proche du Hezbollah, contre MM. Geagea et Bitar, pour "terrorisme, financement du terrorisme, atteinte à l'autorité de l’État et incitation à la discorde".


Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea devrait être entendu prochainement par le premier juge d'instruction par intérim près le tribunal militaire, Fadi Sawan, en qualité de témoin, concernant les affrontements de Tayouné, qui avaient éclaté il y a deux semaines entre des manifestants du Hezbollah et du mouvement Amal et des éléments armés probablement proches des...