Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Enquête sur la double explosion du port

Autorisation de poursuivre Tony Saliba : le Conseil de défense garde sa décision secrète

Autorisation de poursuivre Tony Saliba : le Conseil de défense garde sa décision secrète

Le Conseil supérieur de défense réuni à Baabda, le 12 octobre 2021. Photo Dalati et Nohra

Le Conseil supérieur de défense, réuni mardi à Baabda, a examiné la demande d’autorisation de poursuivre le directeur de la Sécurité de l’État, Tony Saliba, que lui avait adressée le juge Tarek Bitar, chargé de l'instruction sur la double explosion du port de Beyrouth, et "a pris la décision qui convient à ce sujet", selon un communiqué publié à l'issue de la réunion. Le général Saliba est soupçonné par M. Bitar de manquements aux devoirs de sa fonction ayant entraîné la mort de centaines de personnes lors de cette déflagration qui a soufflé la capitale le 4 août 2020. Si le communiqué du Conseil supérieur de défense n'a pas voulu donner des détails, ses décisions devant rester secrètes, en vertu de la loi, plusieurs médias locaux ont rapporté que l'autorisation requise par le juge Bitar ne lui a pas été accordée.

Le Conseil supérieur de défense a, par ailleurs, "pris des décisions concernant des dossiers pour lesquels il est compétent", peut-on par ailleurs lire, sans autres précisions, dans le communiqué lu par Mahmoud Asmar, secrétaire général du Conseil, à l'issue de la réunion.

Cette réunion, qui a été précédée par un entretien entre Michel Aoun et le Premier ministre Nagib Mikati, a été présidée par le chef de l’État, dont le directeur de la Sécurité de l’État est proche. Y ont participé, outre M. Mikati, les ministres de la Défense Maurice Slim, des Finances Youssef Khalil, de l'Intérieur Bassam Maoulaoui, et de l'Economie Amine Salam, ainsi que le général Mahmoud Asmar et le directeur général de la présidence, Antoine Choucair.

Le Conseil supérieur de défense, considéré comme l’autorité de tutelle de la Sécurité de l’État, avait refusé une première fois en août dernier de se prononcer sur une demande d’autorisation de poursuivre le général Saliba que lui avait adressée le juge Bitar. Le Conseil avait alors justifié sa décision par l’insuffisance de preuves et l’absence d’un dossier judiciaire lui permettant de prendre une décision tant en faveur que contre la requête. L’organe de sécurité avait alors considéré que c’est au parquet de cassation de décider s’il veut ou non déclencher lui-même une action publique contre l’officier.  Vendredi dernier, l’avocat général près la Cour de cassation, Imad Kabalan, avait décidé qu’il n’engagerait pas de poursuites à l’encontre de M. Saliba. Une source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour avait alors estimé qu’ "il n’y a plus de possibilité pour le juge d’instruction d’auditionner le directeur de la Sécurité de l’Etat".

Lundi 27 septembre, M. Bitar avait adressé au Conseil de défense une nouvelle demande d’autorisation de poursuivre le général Saliba. Il avait tenté sa chance suite à l’avènement du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, comprenant de nouveaux ministres de l’Intérieur, des Finances, de l’Économie et de la Défense, qui composent le Conseil. Et c'est aujourd'hui que cet organe s'est réuni pour se pencher sur la question.


Le Conseil supérieur de défense, réuni mardi à Baabda, a examiné la demande d’autorisation de poursuivre le directeur de la Sécurité de l’État, Tony Saliba, que lui avait adressée le juge Tarek Bitar, chargé de l'instruction sur la double explosion du port de Beyrouth, et "a pris la décision qui convient à ce sujet", selon un communiqué publié à l'issue de la réunion. Le...