Le Premier ministre libanais Nagib Mikati (c), le 8 octobre 2021 à Bkerké en compagnie du patriarche maronite Béchara Raï et de plusieurs ministres. Photo ANI
Le Premier ministre libanais Nagib Mikati s'est rendu vendredi matin au siège patriarcal de Bkerké où il s'est entretenu avec le chef de l’Église maronite Béchara Raï, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le chef du gouvernement était accompagné des ministres de la Justice Henri Khoury, de l'Information Georges Cordahi, du Tourisme Walid Nassar, et des Télécoms Johnny Corm. Son cabinet avait été formé le 10 septembre après 13 mois de crise politique dans un Liban en chute libre en raison d'une crise économique inédite.
"Le Liban a besoin d'un effort de sauvetage héroïque et ce gouvernement est composé de ministres respectables", a affirmé le prélat maronite en recevant le Premier ministre. "Je suis venu dans le cadre d'une visite de remerciement et j'ai informé le patriarche du travail du gouvernement", a pour sa part indiqué Nagib Mikati. "Il est vrai que la situation est difficile, mais la présence d'un gouvernement vaut mieux que son absence", a-t-il ajouté. "Nous avons de grands problèmes que nous tentons de résoudre", a également souligné le milliardaire sunnite. Interrogé sur une éventuelle visite en Arabie saoudite, alors que Riyad est en froid avec les autorités libanaises en raison de la question de la prédominance du Hezbollah, M. Mikati a éludé la question. "L'Arabie saoudite est ma direction politique et ma direction religieuse en tant que musulman. Aucune porté n'est fermée", a-t-il répondu, en évoquant la direction de la Kaaba, lieu sacré de l'islam situé en Arabie.
Interrogé enfin sur les menaces proférées par le Hezbollah au juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Nagib Mikati a rappelé que "le ministre de la Justice s'est enquis de cette affaire et rien n'a été confirmé à ce sujet". Une affirmation qui sonne comme une volonté de minimiser la portée de cette information qui a suscité un tollé dans le pays. Nagib Mikati, tout comme une série de responsables politiques et sécuritaires, dont plusieurs sont poursuivis par le juge Bitar, multiplient les critiques à l'encontre du magistrat qui fait face à de fortes ingérences politiques.


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