Un partisan de la coalition de paramilitaires du Hachd al-Chaabi brandissant un drapeau de ce mouvement, le 17 octobre 2020 à Bassora, en Irak. Photo AFP / Hussein FALEH
Les ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi en Irak, désormais intégrés aux troupes régulières, ont dénoncé dimanche une décision des autorités de ne pas leur apporter les mêmes aménagements qu'aux forces de sécurité pour voter aux législatives anticipées.
Alors que les forces de sécurité participent le 8 octobre à un "vote spécial", avec des bureaux de vote réservés, les dizaines de milliers de combattants du Hachd devront voter le 10 octobre comme les autres citoyens. Ce vote se déroulera dans leur circonscription d'origine, ce qui les oblige à quitter les différents lieux de stationnement des troupes du Hachd, créé en 2014 pour épauler l'armée irakienne dans sa lutte contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).
"Vos frères du Hachd al-Chaabi ont été privés du vote spécial, ils ne pourront voter que s'ils quittent leurs positions et rentrent dans leur région", a déploré Ahmed Assadi, l'un des députés du groupe parlementaire du Hachd, selon un communiqué publié dimanche, rapportant ses propos lors d'un meeting électoral samedi. M. Assadi a rappelé ses partisans à aller voter par centaines "pour compenser les votes de nos héros qui nous défendent là où ils sont stationnés afin que nous obtenions la victoire."
L'organisation compte plus de 160.000 membres et regroupe des dizaines de groupes chiites dont la plupart sont pro-Téhéran. Les militants antipouvoir les accusent d'être la main de l'Iran en Irak et un instrument de répression des voix les plus critiques.
Démentant tout manquement qui risquerait d'entraver le vote des paramilitaires, la commission électorale a assuré samedi avoir contacté à plusieurs reprises les responsables du Hachd pour obtenir les listes de leurs combattants afin de les inclure dans le vote spécial. "L'autorité du Hachd ne nous a pas fourni les noms de ses membres, c'est pour cela la commission les a inclus dans le vote général", selon le communiqué.
Le vote spécial du 8 octobre concerne les forces de sécurité, les déplacés et les prisonniers. Plus de 25 millions d'électeurs sont appelés aux urnes le 10 octobre pour ces législatives initialement prévues en 2022.
Le porte-parole de Kataëb Hezbollah, une des plus influentes factions du Hachd, a estimé tard samedi que la mesure "privait les combattants du droit de choisir qui va les représenter et les protéger de ceux qui cherchent à les affaiblir". Plusieurs factions du Hachd ont une vitrine politique qui va participer aux législatives. Ce camp politique dispose de 48 députés sur 329 au Parlement sortant. Leurs candidats avaient fait leur entrée dans l'hémicycle pour la première fois en 2018, surfant sur la victoire contre l'EI.


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