Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - France

La correspondance de Marie-Antoinette et Fersen n'a révélé qu'une partie de ses secrets

La correspondance de Marie-Antoinette et Fersen n'a révélé qu'une partie de ses secrets

Un drapeau français. Photo d'archives AFP

Le décryptage de la correspondance entre Marie-Antoinette et un homme qui lui était cher, le comte de Fersen, a pu révéler une partie de ses secrets mais d'autres restent à percer, selon une étude publiée dans une revue scientifique américaine.

Les Archives nationales françaises avaient indiqué en juin 2020 qu'une étude par "spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF)" avaient rendu lisibles des passages caviardés. Dans leur étude publiée dans Science Advances, trois chercheurs français détaillent la méthode grâce à laquelle ils ont pu dévoiler, dans huit lettres, ce qui était écrit sous les ratures, parce qu'il y avait deux encres différentes. Dans sept autres, cela s'est révélé impossible. Le travail n'est pas fini, soulignent-ils: "La transcription de la totalité des paragraphes qui ont pu être divulgués sous les caviardages est en cours, supervisée par des curateurs et des historiens. Ce sera le sujet d'une autre publication". Cette transcription "est sujette à interprétation", précisent-ils.

Le Suédois Axel von Fersen, né en 1755 comme Marie-Antoinette, fréquente la cour de Louis XVI à partir de 1778, et devient l'un des proches de la reine de France. Il la soutient avec ferveur après la Révolution de 1789, étant l'un des organisateurs en 1791 de la fuite manquée du couple royal, arrêté à Varennes. Elle est guillotinée à Paris en 1793, et lui massacré par une foule hostile à Stockholm en 1810. La principale découverte présentée dans Science Advances vendredi est que les caviardages dans les lettres de 1791 et 1792 sont de sa main à lui.

Le comte de Fersen "a décidé de garder ses lettres secrètes plutôt que de les détruire, mais en censurant certains passages, ce qui indique qu'il voulait protéger l'honneur de la reine (ou peut-être aussi ses propres intérêts)", estiment les chercheurs, Anne Michelin, Fabien Pottier et Christine Andraud. En effet, "les passages de nouveau lisibles sont largement sentimentaux", explique la revue.

Si l'attachement mutuel des deux correspondants est flagrant, la nature exacte de leur relation reste impossible à déterminer. Beaucoup d'historiens sont convaincus qu'ils ne peuvent qu'avoir été amants, d'autres rétorquent qu'il n'y a aucune preuve. "Le choix du vocabulaire (bien-aimé, tendre ami, adorer, follement) atteste d'une relation particulière entre Marie-Antoinette et Fersen, même s'il y a une influence du tourbillon révolutionnaire, qui favorise une certaine intensité des émotions", selon les auteurs.

Les éditions Michel Lafon publient le 21 octobre "Marie-Antoinette et Axel de Fersen, correspondance secrète". Une soixantaine de lettres y sont commentées par une historienne et conservatrice ayant travaillé au projet de décryptage pour les Archives nationales, Isabelle Aristide-Hastir.


Le décryptage de la correspondance entre Marie-Antoinette et un homme qui lui était cher, le comte de Fersen, a pu révéler une partie de ses secrets mais d'autres restent à percer, selon une étude publiée dans une revue scientifique américaine.Les Archives nationales françaises avaient indiqué en juin 2020 qu'une étude par "spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF)" avaient...