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Moyen-Orient - Normalisation

Première visite du chef de la diplomatie israélienne à Bahreïn

Arrivée à Tel-Aviv du premier vol commercial de Gulf Air en provenance de Manama.

Première visite du chef de la diplomatie israélienne à Bahreïn

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid à son arrivée hier à Bahreïn. Mazen Mahdi/AFP

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid est arrivé hier à Bahreïn pour y inaugurer la première ambassade de son pays, un an après la signature d’un accord de normalisation des relations entre l’État hébreu et ce petit royaume du Golfe. Des accords bilatéraux doivent également être conclus durant la visite, une première pour un chef de la diplomatie israélienne à Bahreïn.

« Je suis très fier de représenter Israël lors de la première visite officielle et historique au royaume (de Bahreïn) », a tweeté M. Lapid en arabe et en hébreu après son arrivée à l’aéroport de Manama où il a été accueilli par son homologue bahreïni Abdellatif el-Zayani. Lors d’une conférence de presse commune, M. Zayani a promis de visiter Israël. Il a par ailleurs plaidé pour une solution à deux États avec les Palestiniens.

Des manifestants ont brûlé des pneus en périphérie de la capitale Manama pour protester contre cette visite, une large partie de la société bahreïnie s’opposant à la normalisation avec Israël, en soutien à la cause palestinienne. Le hashtag en arabe « Bahreïn contre le sionisme » est populaire sur les réseaux sociaux.

L’avion effectuant le premier vol commercial entre Bahreïn et Israël s’est posé hier à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Emmanuel Dunand/AFP

Provocation

Les Bahreïnis refusent que « leur terre soit souillée par les gangsters sionistes », a tweeté Ibrahim Sharif, militant des droits de l’homme. Et le parti d’opposition chiite al-Wefaq voit cette visite comme une « provocation contre le peuple bahreïni qui tient à la cause palestinienne ». La route menant vers l’aéroport a été placée sous haute surveillance, sans aucun drapeau israélien hissé pour l’occasion.

M. Lapid a appelé à « une véritable coopération » en rencontrant le roi Hamad ben Issa al-Khalifa. Les discussions entre eux ont inclus des sujets économiques et sécuritaires, dont l’Iran.

Quelques heures après l’arrivée de M. Lapid dans la capitale Manama, un Airbus A320 de la compagnie nationale Gulf Air (vol GF 972) a atterri à Tel-Aviv en provenance de Bahreïn, inaugurant la toute première liaison aérienne commerciale entre les deux pays. Le numéro (972) de ce premier vol est symbolique car correspondant à l’indicatif téléphonique international d’Israël.

« Le lancement de cette ligne va offrir des opportunités entre nos pays et permettre à nos peuples de se rencontrer finalement et de construire des liens qui créeront un avenir radieux pour les jeunes générations », a affirmé Mohammad Thamir al-Kaabi, un responsable bahreïni de l’aviation civile, au cours d’une cérémonie à l’aéroport. De son côté, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Idan Roll, présent à Ben Gourion pour l’arrivée du vol, a appelé « tous les pays de la région à nous rejoindre pour faire la paix afin d’assurer un meilleur avenir pour nos peuples ».

Le 15 septembre 2020, Bahreïn a signé, en même temps que les Émirats arabes unis, un accord pour établir des relations officielles avec Israël, faisant de ces monarchies du Golfe les premiers pays arabes à reconnaître l’État hébreu, après l’Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994.

Les Palestiniens ont dénoncé un « coup de poignard dans le dos » et accusé les Émirats et Bahreïn d’avoir trahi le « consensus arabe », faisant du règlement du conflit israélo-palestinien la condition sine qua non à la normalisation des relations avec l’État hébreu.

Les accords dits d’Abraham ont été promus par la précédente administration américaine de Donald Trump, en échange de diverses concessions économiques ou politiques au bénéfice des pays arabes concernés.

Cette campagne diplomatique a également abouti à des accords similaires avec le Maroc et le Soudan.

Le 29 juin, Yaïr Lapid avait inauguré aux Émirats la première ambassade d’Israël dans le Golfe, lors d’une visite officielle inédite, puis il s’était rendu au Maroc le 11 août pour y signer des accords de coopération.

Proche des Émirats et de Bahreïn, l’Arabie saoudite, première puissance économique du monde arabe, refuse, elle, de normaliser ses liens avec Israël, insistant sur la nécessité de résoudre au préalable la question palestinienne.

Riyad avait démenti des informations de la presse israélienne sur une rencontre entre l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane.

Source : AFP


Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid est arrivé hier à Bahreïn pour y inaugurer la première ambassade de son pays, un an après la signature d’un accord de normalisation des relations entre l’État hébreu et ce petit royaume du Golfe. Des accords bilatéraux doivent également être conclus durant la visite, une première pour un chef de la diplomatie...

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