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Politique - Enquête sur les explosions au port de Beyrouth

Nouveau mandat d'amener à l'encontre de Diab

La procédure fait suite à un changement d'adresse de l'ex-Premier ministre après la formation du gouvernement de Nagib Mikati.

Nouveau mandat d'amener à l'encontre de Diab

Le port de Beyrouth dévasté suite à la double explosion meurtrière du 4 août 2020. Photo d'archives AFP

Le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth le 4 août 2020, a lancé mardi un nouveau mandat d'amener à l'encontre de l'ex-Premier ministre Hassane Diab, après que ce dernier a changé d'adresse suite à la formation du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, a confirmé une source judiciaire proche du dossier à notre journaliste Marie Jo Sader. Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle, le procureur général de cassation par intérim, Ghassan Khoury, a transmis ce mandat à la direction générale des Forces de sécurité intérieure afin qu'elles le mettent en application.

Treize mois après la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée du drame du 4 août, et près de sept semaines après sa désignation en tant que Premier ministre, Nagib Mikati avait mis sur pied vendredi dernier son équipe longuement attendue alors que le pays ploie sous le poids de la plus grave crise de son histoire moderne. N'étant plus à la tête du gouvernement, M. Diab ne loge plus au Grand sérail, et a donc changé d'adresse, ce qui a donc amené le juge Bitar à émettre un nouveau mandat à son encontre dans lequel figure la nouvelle adresse du prévenu.

M. Bitar avait déjà lancé un premier mandat d'amener à l'encontre de M. Diab, poursuivi pour négligence, après le refus de ce dernier d'être entendu par le magistrat. Le juge avait fixé la date d'une nouvelle audience au 20 septembre. Il avait chargé les forces de sécurité de l'interpeller en vue de sa comparution. Sa décision était intervenue au lendemain d'une lettre envoyée par la direction du Conseil des ministres arguant "d'obstacles constitutionnels" pour justifier la décision de M. Diab de ne pas assister à la séance d'interrogatoire. Plusieurs observateurs doutent toutefois de l'exécution du mandat à l'encontre de M. Diab

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La procédure engagée par le juge en août dernier avait provoqué une réaction virulente de la part de la communauté sunnite. Les ex-Premiers ministres Fouad Siniora, Saad Hariri, Tammam Salam et Nagib Mikati avaient dénoncé ce "précédent dangereux" à l'égard d'un Premier ministre.

La double explosion au port de Beyrouth avait provoqué la mort d'au moins 214 personnes, dont plusieurs pompiers, et fait plus de 6.500 blessés, en plus de la destruction de nombreux quartiers de la capitale. Le juge Bitar a demandé, début juillet, la levée de l’immunité de plusieurs responsables politiques et sécuritaires en vue de les inculper pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements" à leurs responsabilités. Depuis, les immunités n'ont pas été levées en raison des pressions politiques, et la procédure traîne en longueur. Plus d'un an après le drame, l'enquête locale n'a pas donné de résultats, de nombreux responsables poursuivis par le juge refusant de comparaître, alors que des composantes de la classe dirigeante, qui avaient rejeté une enquête internationale, sont accusées de tout faire pour torpiller l'investigation.

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Le juge Bitar avait lancé au cours des dernières semaines deux mandats d'arrêt, l'un contre l'ancien directeur des opérations au port Sami Hussein, et l'autre contre un membre du Conseil supérieur des douanes, Hani Hajj Chéhadé, après les avoir interrogés. Des poursuites ont été aussi lancées à l'encontre du général Abbas Ibrahim, directeur de la Sûreté générale, des députés Ghazi Zeaïter, Ali el-Khalil et Nouhad Machnouk, de l'ancien ministre Youssef Fenianos, du général Jean Kahwagi, de plusieurs officiers et du chef de la Sécurité de l’État, lr général Tony Saliba.


Le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur les explosions meurtrières au port de Beyrouth le 4 août 2020, a lancé mardi un nouveau mandat d'amener à l'encontre de l'ex-Premier ministre Hassane Diab, après que ce dernier a changé d'adresse suite à la formation du nouveau gouvernement de Nagib Mikati, a confirmé une source judiciaire proche du dossier à notre journaliste Marie Jo...

commentaires (2)

Il d'est empresse de de casser, pour aller "visiter" ses enfants aux USA parait-il. Pas tres "moumane3" comme attitude ?

Michel Trad

19 h 58, le 14 septembre 2021

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Commentaires (2)

  • Il d'est empresse de de casser, pour aller "visiter" ses enfants aux USA parait-il. Pas tres "moumane3" comme attitude ?

    Michel Trad

    19 h 58, le 14 septembre 2021

  • Diab est le pivot de cette instruction. Mais, en même temps une victime. Car, en annulant sa visite au hangar numéro 12 presque à la dernière heure, ayant eu connaissance des matières explosives dangereuses, mais, en même temps il a été inhibé par quelqu'un qui l'a obligé à y renoncer. Ce quelqu'un devrait sans doute figurer parmi ceux que le juge attend aussi.

    Esber

    18 h 09, le 14 septembre 2021

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