Shelby Rogers, tombeuse d’Ashleigh Barty à l’US Open, célèbre sa victoire en prenant un selfie sur le court. Elsa/Getty Images/AFP
Le n° 1 mondial Novak Djokovic a franchi sa troisième marche devant le mener à un grand chelem calendaire historique en tennis, en ayant dû s’employer pour atteindre les 8es de finale de l’US Open que ne verra pas la n° 1 mondiale féminine Ashleigh Barty, tombée de haut samedi (hier dimanche au Liban).
Au moins Djokovic a-t-il tenu son rang plus tôt sur le court Arthur Ashe. Mais comme au premier tour, face au Danois de 18 ans Holger Rune, il a encore lâché un set contre le Japonais Kei Nishikori. « Je n’ai pas bien démarré la rencontre, j’ai été trop passif. Il a fallu trouver le bon tempo, et ça m’a pris du temps pour m’ajuster. Mais j’ai su me concentrer comme il le fallait », a-t-il commenté après sa victoire (6-7 (4/7), 6-3, 6-3, 6-2). « J’ai été très satisfait de cela. Peut-être qu’à certains moments, je n’étais pas à mon meilleur, mais j’étais déterminé et concentré et cela a fait la différence », a-t-il ajouté.
Une lucide analyse de sa performance, qui démontre qu’il n’est évidemment pas hermétique à la pression s’intensifiant sur ses épaules, à mesure qu’il se rapproche d’un grand chelem sur l’année. Une performance qui n’a plus été accomplie chez les messieurs depuis Rod Laver en 1969, et qui de surcroît porterait à 21 le record de Majeurs décrochés.
Cri de rage
Manifestement pas dans son assiette à l’entame, il s’est néanmoins ressaisi, se montrant solide quand il le fallait, notamment pour effacer quelques balles de débreak du Japonais, qui pouvait nourrir quelques regrets après la perte du deuxième set. Enchaînant les montagnes russes, Djokovic a, plus souvent que d’habitude, cherché l’appui du public, modéré en retour. Et lors du gain de la troisième manche, il a lâché un long cri, autant de rage que de soulagement, preuve supplémentaire que ce match n’était pas simple. Le Serbe a été un peu plus tranquille au 4e set, infligeant à Nishikori sa 17e défaite d’affilée face à lui (18-2 au bilan total). Sa quatrième marche vers l’exploit aura lieu aujourd’hui face à l’Américain âgé de 20 ans Jenson Brooksby (99e mondial). Largement abordable.
L’Allemand Alexander Zverev (4e mondial), principal adversaire de Djokovic sur la route vers la finale, a lui aussi concédé un set, mais il a fini par prendre la mesure de l’Américain Jack Sock (184e mondial) qui a abandonné au 4e set, blessé à la cuisse droite. Finaliste l’an passé, il s’est imposé (3-6, 6-2, 6-3, 2-1) et affrontera l’Italien Jannik Sinner (16e mondial) qui a failli être victime d’une « remontada » du Français Gaël Monfils (20e mondial), mais a su s’en sortir finalement (7-6 (7/1), 6-2, 4-6, 4-6, 6-4). Son compatriote Matteo Berrettini (8e mondial) a été laborieux pour avancer aux dépens du Bélarusse Ilya Ivashka (6-7 (5/7), 6-2, 6-4, 2-6, 6-3). Il sera opposé ensuite au surprenant Allemand Oscar Otte (144e mondial), sorti des qualifications.
Tableau féminin ouvert
Chez les dames, au lendemain de l’élimination surprise de la tenante du titre Naomi Osaka par la jeune Canadienne de 18 ans Leylah Fernandez, celle d’Ashleigh Barty a été tout aussi inattendue face à Shelby Rogers (43e mondiale), qu’elle avait battue lors de leurs cinq premières confrontations.
« Personne ne me bat 17 fois d’affilée ! » s’est exclamée hilare l’Américaine, en citant la fameuse phrase prononcée en 1979 par l’Américain Vitas Gerulaitis, qui venait d’enfin vaincre son compatriote Jimmy Connors, en demi-finale des Masters, après 16 défaites consécutives. Victorieuse (6-2, 1-6, 7-6 (7/5)), Rogers affrontera au prochain tour la Britannique Emma Raducanu (150e mondiale), issue des qualifications.
Barty peut ruminer sa défaite, elle qui menait 5-2 dans la troisième manche, avant de s’effondrer. Ses coups droits, qui avaient retrouvé la mire au deuxième set après un premier en combustion lente, l’ont de nouveau trahie (39 fautes directes) jusque dans le jeu décisif. L’Australienne, lauréate à Wimbledon en juillet dernier, manque ainsi l’occasion d’enchaîner une deuxième victoire majeure consécutive, alors qu’un boulevard s’était ouvert devant elle.
Et le tableau féminin de s’en trouver plus ouvert que jamais pour Bianca Andreescu (7e mondiale), lauréate en 2019, qui a balayé la Belge Greet Minnen (6-1, 6-2). Elle sera opposée au prochain tour à la Grecque Maria Sakkari (18e mondiale), victorieuse (6-4, 6-3) de la Tchèque Petra Kvitova (11e mondiale). Belinda Bencic (12e mondiale), championne olympique à Tokyo, et la Polonaise Iga Swiatek (8e mondiale) s’affronteront aussi aujourd’hui.
Nicolas PRATVIEL/AFP

