La crise afghane et la lutte antiterroriste se sont invitées samedi au sommet de Bagdad, où les dirigeants régionaux et Emmanuel Macron ont aussi dit leur attachement à la « souveraineté » de l’Irak, qui ambitionne de jouer un rôle de médiateur entre ses voisins. Car la prise du pouvoir par les talibans il y a près de deux semaines en Afghanistan et l’attentat perpétré par l’État islamique au Khorassan (EI-K) qui a tué plusieurs dizaines de personnes jeudi à Kaboul ont bousculé les échanges.
« Nous refusons que l’Irak soit utilisé comme terrain de conflits régionaux et internationaux », a par ailleurs martelé le Premier ministre irakien Moustafa Kazimi lors de son intervention. Par cette conférence régionale, l’Irak souhaitait « désamorcer » les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite, selon un conseiller de M. Kazimi. La seule présence des chefs de la diplomatie iranien et saoudien est une « réussite », s’est réjoui un conseiller du Premier ministre irakien. Lors de son intervention, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhan, a souligné les « efforts du gouvernement irakien pour lutter contre l’État islamique et contrôler les armes » entre les mains des « milices armées », une allusion à peine voilée au Hachd al-Chaabi, une organisation composée de dizaines de groupes paramilitaires chiites dont la plupart sont pro-Téhéran. Sans évoquer les accusations portées contre son pays par les militants irakiens, ni désigner nommément l’Arabie saoudite, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a dit, lui, son attachement à la « stabilité et à l’intégrité territoriale de l’Irak ». Outre l’émir du Qatar et les chefs de la diplomatie iranien, saoudien et turc, étaient également présents le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie, entre autres responsables régionaux. Sur le plan diplomatique, M. Sissi s’est entretenu avec l’émir du Qatar en marge du sommet, selon la présidence égyptienne.

