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Moyen-Orient - Éclairage

Doha franchit un nouveau pas dans sa relation avec Riyad

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a nommé mercredi un ambassadeur en Arabie saoudite, le premier depuis le déclenchement de la crise du Golfe en juin 2017.

Doha franchit un nouveau pas dans sa relation avec Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane (à droite) reçoit l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, à son arrivée à Djeddah, sur la mer Rouge, le 10 mai 2021. Photo AFP

Huit mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et le Qatar, Doha fait un pas supplémentaire en direction de Riyad. Mercredi, l’émir qatari, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a annoncé la nomination d’un ambassadeur qatari dans le royaume wahhabite, deux mois après le retour d’un ambassadeur saoudien à Doha – signe de la volonté des deux puissances d’améliorer leur relation après la crise de trois ans et demi déclenchée en juin 2017. Cette décision intervient en outre après la nomination fin juillet d’un ambassadeur qatari en Égypte, à la suite d’une décision similaire prise par Le Caire à la fin du mois de juin. « Cette nomination est un signe supplémentaire de progrès réciproque dans les relations entre le Qatar et l’Arabie saoudite. Les deux pays semblent déterminés à mettre le boycott derrière eux alors qu’ils se concentrent sur la désescalade régionale et la reprise économique après la pandémie de Covid-19 », observe Kristin Diwan, chercheuse à l’Arab Gulf States Institute à Washington.

Soumis à un blocus lancé par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte, le Qatar était accusé de soutenir le mouvement des Frères musulmans et d’entretenir des liens trop étroits avec l’Iran. Au cours de leur brouille, Doha avait refusé de répondre aux exigences du quatuor, qui comprenaient notamment la fermeture d’al-Jazeera, le départ d’une base turque installée sur son territoire ainsi que la réduction de sa coopération avec Téhéran. Pour le royaume saoudien, la réconciliation avec le Qatar – entérinée deux semaines seulement avant la prise de fonctions de Joe Biden à la Maison-Blanche – visait surtout à anticiper un changement de cap de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Riyad. Alors que le vainqueur de la présidentielle des États-Unis avait annoncé sa volonté de « recalibrer » ses relations avec l’Arabie saoudite – marquant une rupture par rapport à la carte blanche octroyée par Donald Trump au régime saoudien –, Riyad entendait offrir un gage de confiance à l’équipe démocrate. Depuis la réconciliation du sommet d’al-Ula en janvier, les signes de rapprochement entre Riyad et Doha se sont ainsi multipliés. L’annonce de l’émir du Qatar survient quelques mois après une rencontre inédite entre cheikh Tamim et le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane en mai dernier à Djeddah pour discuter des relations bilatérales entre leurs pays et « des moyens de les renforcer dans différents domaines », avait rapporté l’agence de presse officielle du Qatar.

Opérationnel immédiatement

À cet égard, la nomination de Bandar Mohammad Abdallah al-Attiyah comme nouvel ambassadeur du Qatar en Arabie saoudite semble être propice à une certaine accélération du réchauffement des relations entre les deux pays. « En tant qu’ancien ambassadeur du Qatar au Koweït, Attiyah connaît intimement les questions du Golfe, telles que les pourparlers de réconciliation saoudo-qataries qui ont eu lieu entre les deux pays là-bas, et peut être opérationnel immédiatement », remarque Kristin Diwan. Nommé ambassadeur du Qatar auprès du Koweït en 2018, Bandar Mohammad Abdallah al-Attiyah avait accédé à ce poste après avoir représenté l’émirat auprès de la Jordanie. Fils du commandant de l’armée Mohammad ben Abdallah al-Attiyah, surnommé « le leader », le nouvel ambassadeur est également le frère du ministre qatari de la Défense, Khalid ben Mohammad al-Attiyah.

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Si la réconciliation entre les deux pays n’a pas effacé certaines divergences, Riyad et Doha semblent ainsi poursuivre leurs efforts. « Il existe encore des différences dans les postures régionales et des querelles nationalistes portées par des personnalités sur les médias sociaux, mais cela ne semble pas avoir d’impact sur ces liens de haut niveau », poursuit Kristin Diwan. Alors que l’Arabie saoudite et l’Égypte ont toutes deux rétabli leurs relations diplomatiques avec le Qatar, des tensions persistent en coulisses avec les Émirats arabes unis et Bahreïn qui n’ont pas franchi le pas. Ce dernier État est en outre le seul à ne pas avoir rétabli ses relations commerciales et de voyage avec Doha.


Huit mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et le Qatar, Doha fait un pas supplémentaire en direction de Riyad. Mercredi, l’émir qatari, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a annoncé la nomination d’un ambassadeur qatari dans le royaume wahhabite, deux mois après le retour d’un ambassadeur saoudien à Doha – signe de la volonté des deux...

commentaires (1)

pas d'autre option, la seule strategie que les arabes du golf doivent suivre est bien celle-ci : l'union sacree contre tous les dangers provenant de l'iran comme des usa.

Gaby SIOUFI

09 h 40, le 13 août 2021

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Commentaires (1)

  • pas d'autre option, la seule strategie que les arabes du golf doivent suivre est bien celle-ci : l'union sacree contre tous les dangers provenant de l'iran comme des usa.

    Gaby SIOUFI

    09 h 40, le 13 août 2021

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