Elle aura été le visage des Jeux olympiques de Tokyo en athlétisme : à 35 ans et pour sa dernière participation aux JO, Allyson Felix est pleinement entrée dans la légende de la discipline avec ses 10e et 11e podiums, devenant l’athlète féminine la plus médaillée de l’histoire olympique. Jewel Samad/AFP
L’athlétisme, sport olympique n° 1, aura marqué pendant 10 jours les Jeux de Tokyo de son empreinte, notamment par la figure céleste de l’Américaine Allyson Felix et des performances historiques, portées en partie par l’avènement des pointes nouvelle génération.
Cinq ans après la route et deux ans après le demi-fond, les chaussures nouvelle génération ont définitivement investi les sprints et les sauts pour une révolution des performances en cours. Elaine Thompson-Herah, reine jamaïcaine du sprint court (triplé 100-200-
4x100 m) portait notamment un de ces modèles aux semelles épaisses qui combine une plaque rigide (carbone) et une mousse dernière génération. Elle a réussi les 2es performances de tous les temps sur 100 et 200 m, se rapprochant des sulfureux records de 1988 de feue l’Américaine Florence Griffith-Joyner, jusque-là jugés inaccessibles. Les chaussures, la piste rapide mais aussi une génération d’athlètes exceptionnels ont enfanté sur 400 m haies deux des plus belles courses de l’histoire olympique : le Norvégien Karsten Warholm a remporté son duel épique contre Rai Benjamin, pulvérisant le record du monde (45 sec 94), avant que Sydney McLaughlin (51 sec 46) n’en fasse de même face à sa compatriote Dalilah Muhammad.
Annoncés comme ultradominateurs, les États-Unis quittent finalement le Japon sur un bilan mitigé, bien qu’en tête du classement des médailles (26, dont 7 en or), en ayant connu quelques étonnants ratés. Pour la première fois, ils n’ont gagné aucune course chez les hommes sur le plan individuel, le relais 4 x 400 m sauvant in extremis l’honneur. Pour les premiers JO depuis la retraite de la légende Usain Bolt, les États-Unis ambitionnaient notamment de récupérer leur leadership sur le sprint masculin, mais ils se sont manqués, avec aucun titre. Le relais 4x100 m masculin a même été éjecté dès les séries, provoquant l’ire de Carl Lewis qui a jugé la performance « inacceptable ». Grandissime favori, Grant Holloway a, lui, mordu la poussière sur 110 m haies. Chez les femmes, la Jamaïque, portée par Elaine Thompson-Herah, a douché les espoirs US. Les têtes d’affiche de l’Amérique à Tokyo ont surtout été Sydney McLaughlin (400 m haies, 4 x 400 m), Athing Mu (800 m) et Ryan Crouser (poids), en plus d’Allyson Felix.
Elle aura été le visage de ces Jeux en athlétisme. À 35 ans et pour sa dernière participation aux JO, Allyson Felix est pleinement entrée dans la légende de la discipline avec ses 10e et 11e podiums, devenant l’athlète féminine la plus médaillée de l’histoire olympique. En bronze sur le 400 m, la Californienne a conquis l’or avec la Dream Team du 4 x 400 m (Sydney McLaughlin, Allyson Felix, Dalilah Muhammad, Athing Mu), passant le témoin à la nouvelle génération, qu’elle inspire avec son combat pour les mères sportives. La voilà placée dans les annales juste derrière le Finlandais Paavo Nurmi (12 médailles entre 1920 et 1928).
L’entraînant hymne Fratelli d’Italia aura résonné cinq fois dans le stade olympique : 5 médailles, toutes en or, pour une squadra irrésistible avec un visage, celui du sprinteur Lamont Marcell Jacobs, vainqueur surprise du 100 m puis du relais 4 x 100 m – en plus des deux 20 km marche et de la hauteur hommes. Jacobs (26 ans) a explosé en 2021 en retranchant 23 centièmes de seconde à son meilleur temps sur la ligne droite pour s’emparer du record d’Europe (9 sec 80) et dominer les bolides venus d’Amérique du Nord. « C’est l’année de l’Italie, on a gagné l’Eurovision, l’Euro de football, et maintenant cinq médailles d’or en athlétisme », s’est amusée la nouvelle star.
Keyvan NARAGHI et Robin GREMMEL/AFP


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