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Monde - Violences

Combats meurtriers entre factions rivales au Soudan du Sud

Combats meurtriers entre factions rivales au Soudan du Sud

Le vice-président du Soudan du Sud Riek Machar, lors de son investiture à Juba, le 22 février 2020. Photo Reuters

Des affrontements meurtriers ont éclaté durant le week-end entre des factions rivales du parti du vice-président sud-soudanais Riek Machar, le SPLM/A-IO, quelques jours après l’annonce contestée de son éviction en tant que dirigeant du parti.

Des chefs de la branche armée du parti de M. Machar avaient annoncé mercredi sa destitution de ses fonctions à la tête du parti et de son appareil militaire. Les partisans de M. Machar, ex-rebelle redevenu vice-président du Soudan du Sud, ont eux affirmé vendredi qu’il n’en était rien et ont dénoncé « un putsch raté ».

Ces rivalités internes sont susceptibles de miner le fragile processus de paix signé en 2018, destiné à mettre fin à une longue guerre civile ayant fait 400 000 morts, née de la rivalité entre Riek Machar et le président sud-soudanais Salva Kiir.

Les deux camps se sont rejeté la responsabilité des violences qui ont éclaté samedi et ont fait au moins 32 morts, chaque camp affirmant que l’autre en est à l’origine.

Selon un porte-parole de Riek Machar, le colonel Lam Paul Gabriel, les partisans du général Simon Gatwech Dual, rival de M. Machar au sein du SPLM/A-IO, ont attaqué tôt samedi matin les hommes du vice-président sud-soudanais, qui ont « repoussé les agresseurs ». Selon ce colonel, les hommes de M. Machar ont tué deux généraux et 27 soldats « ennemis », tandis que les partisans de M. Machar ont perdu trois hommes.

Mais un porte-parole militaire de M. Gatwech, le brigadier général William Gatjiath Deng, a réfuté ces affirmations, indiquant que leurs forces avaient répliqué à une attaque injustifiée et « complètement anéanti » les assaillants, tuant 28 hommes de M. Machar et perdant quatre de leurs « combattants de la liberté ».

Aucune confirmation indépendante des combats, survenus dans l’État du Nil Blanc, n’a pu être obtenue dans l’immédiat.

Le colonel Gabriel a par ailleurs indiqué que Simon Gatwech Dual et un autre lieutenant-général avaient été évacués de l’autre côté de la frontière, au Soudan.

« La direction du SPLA-IO demande au gouvernement du Soudan de maintenir sa neutralité en gardant les deux (hommes) au Soudan et en ne leur permettant pas de revenir et de provoquer davantage d’insécurité dans la zone », a-t-il indiqué dans un communiqué publié en anglais.

Une opposition grandissante

Simon Gatwech Dual, un des dirigeants de la branche militaire du SPLM-A/IO, était le signataire du communiqué annonçant mercredi la destitution de M. Machar de ses fonctions. Ce communiqué, estimant que M. Machar avait « totalement échoué » à représenter leurs intérêts, proclamait M. Gatwech Dual dirigeant par intérim du mouvement.

M. Machar, qui était vice-président de M. Kiir lorsque a éclaté la guerre civile en 2013, est redevenu vice-président aux termes de l’accord de paix de 2018. Il fait depuis face à une opposition grandissante au sein de son parti, où s’opposent de multiples factions et où des cadres se sont plaints d’avoir perdu au change dans l’accord conclu avec le parti présidentiel.

M. Machar a accusé cette semaine « ceux qui gâchent la paix » d’avoir orchestré son éviction. Selon lui, l’objectif est de faire dérailler la formation d’un commandement unifié des forces armées, une composante-clé de l’accord de paix qui a mis fin à cinq ans de guerre civile.

Âgé de 68 ans, M. Machar est un habile politicien qui a connu les années de guerre d’indépendance contre Khartoum, des tentatives d’assassinat, les années de guerre civile et des périodes d’exil.

Ses retournements d’alliances ont façonné l’histoire sanglante du pays, qui vient de fêter les dix ans de son indépendance, obtenue du Soudan en juillet 2011.

Ces tensions politiques interviennent dans un contexte de profonde crise économique et de niveaux d’insécurité alimentaire et de malnutrition extrêmement élevés. Selon un rapport d’avril 2021 de la Banque mondiale, 82 % des 11 millions d’habitants sont pauvres. Et vendredi, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a indiqué que 90 000 personnes ont été affectées par des inondations au Soudan du Sud, aggravant la situation humanitaire déjà très dégradée.

Source : AFP

Des affrontements meurtriers ont éclaté durant le week-end entre des factions rivales du parti du vice-président sud-soudanais Riek Machar, le SPLM/A-IO, quelques jours après l’annonce contestée de son éviction en tant que dirigeant du parti.Des chefs de la branche armée du parti de M. Machar avaient annoncé mercredi sa destitution de ses fonctions à la tête du parti et de son appareil militaire. Les partisans de M. Machar, ex-rebelle redevenu vice-président du Soudan du Sud, ont eux affirmé vendredi qu’il n’en était rien et ont dénoncé « un putsch raté ».Ces rivalités internes sont susceptibles de miner le fragile processus de paix signé en 2018, destiné à mettre fin à une longue guerre civile ayant fait 400 000 morts, née de la rivalité entre Riek Machar et le président sud-soudanais Salva...
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