Une voiture en feu à Saïda, après que son propriétaire l'a incendiée pour protester contre les pénuries de carburant. Photo ANI
La tension est toujours palpable en ce début de semaine devant les stations-service du Liban, où les automobilistes sont réduits à devoir attendre pendant plusieurs heures pour pouvoir acheter quelques litres d'essence. Plusieurs incidents ont eu lieu mardi, notamment dans le quartier de Furn el-Chebbak, dans la périphérie de Beyrouth, et au Liban-Sud.
A Furn el-Chebbak, des hommes, dont certains portaient l'uniforme de la Sécurité de l'Etat, en sont venus aux mains devant une station Medco, peut-on voir sur plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Des coups de feu auraient été tirés. Selon un communiqué de la Sécurité de l'Etat, il s'agit d'un incident "personnel" opposant des agents en civil venus faire le plein de leur véhicule et d'autres, en uniforme, présents sur place pour éviter tout débordement sécuritaire. L'incident a été clos lorsque les agents en civil ont décliné leur identité, précise la Sécurité de l'Etat, qui souligne qu'une enquête a été ouverte. "Aucun autre service sécuritaire n'est impliqué", est-il indiqué dans le communiqué alors que certaines versions de l'incident évoquaient des tensions entre des agents de la Sécurité de l'Etat et d'autres appartenant aux services de renseignement de l'armée.
Au Liban-Sud, une dispute est survenue dans la soirée de lundi dans une station-service de Tebnine qui vendait des bidons de dix litres à des personnes suspectées de les revendre sur le marché noir alors qu'elle refusait de servir des automobilistes. Dans la localité de Sawané, des personnes se sont battues à coup de bâtons et de couteaux devant les pompes d'un établissement, avant que l'armée n'intervienne.
Et à Saïda, un homme a incendié sa voiture le long de la corniche maritime, sans doute pour protester contre les pénuries, selon notre correspondant local Mountasser Abdallah.

