Le chef du législatif, Nabih Berry, présidant une réunion de son groupe parlementaire à Aïn el-Tiné, le 29 juin 2021. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais
Le bloc parlementaire du "Développement et de la libération", affilié au mouvement Amal, a dénoncé mardi "le manque d'initiative" des autorités face au chaos qui s'abat dans le pays, qu'il a qualifié de "meurtre de masse de sang-froid et avec préméditation des Libanais". Le pays du Cèdre, en plein effondrement politique, économique et social attend depuis plus de dix mois un nouveau gouvernement réformateur, condition sine qua non pour recevoir de l'aide internationale.
"Le silence face aux scènes tragiques et sanglantes qui affectent tous les Libanais n'est plus tenable", a déclaré le député Anouar Khalil, dans une déclaration prononcée après la réunion hebdomadaire du groupe, présidée par le chef du Législatif, Nabih Berry. Il a dénoncé les "files d'attente humiliantes" devant des commerces tenus par des personnes qui "monopolisent" des stocks de produits de première nécessité, en référence notamment aux pénuries d'essence et de médicaments. "Le manque d'initiative et de recherche de solutions est un meurtre de masse, perpétré de sang-froid et avec préméditation, des Libanais", a estimé le mouvement Amal.
"'Le bloc appelle les protagonistes concernés par la formation du gouvernement à écouter, avant tout, les souffrances des gens, avant de suivre leurs intérêts personnels propres, ceux de leurs clans, de leurs bords politiques ou de leurs communautés", a ajouté M. Khalil depuis Aïn el-Tiné. "Le seul critère à respecter pour la formation (du cabinet) doit être la préservation de la dignité du peuple libanais, de sa vie, sa sécurité et sa stabilité - conformément bien sûr à l'équilibre et au pacte national, tel que stipule la Constitution", a-t-il ajouté.
Le député a encore appelé à la mise sur pied d'un "gouvernement de spécialistes sans minorité de blocage, selon les dispositions de l'initiative française". "C'est la porte d'entrée pour stopper l'effondrement total", a-t-il affirmé. Les camps respectifs du chef de l'Etat, Michel Aoun, et du Premier ministre désigné, Saad Hariri, s'écharpent depuis mois sur la question de la nomination des ministres chrétiens et l'attribution des portefeuilles. L'initiative du président du Parlement basée sur un cabinet de 24 ministres sans tiers de blocage n'a jusqu'à présent pas abouti.


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