À gauche, le sélectionneur français Didier Deschamps ; à droite, le sélectionneur suisse Vladimir Petkovic. Les Bleus comptent sur un 8e de finale abordable, cette nuit contre la Suisse, malgré les blessures de certains. Franck Fife et Darko Vojinovic/AFP
Pas toujours souverains depuis le début de l’Euro, les champions du monde français comptent sur un huitième de finale abordable, cette nuit contre la Suisse à Bucarest, pour dissiper les inquiétudes et lancer leur phase finale, malgré les blessures.
Les soirées roumaines sont moins étouffantes que les nuits hongroises, et cela n’a pas pu faire de mal aux Bleus, arrivés exténués de leur séjour à Budapest en phase de groupes. Les hommes de Didier Deschamps ouvrent donc leur « deuxième compétition » avec un peu plus d’air, requinqués par cinq journées de repos et sûrement affamés à l’approche des matches couperets. « Maintenant, on le sait, soit on reste, soit on rentre », soulignait Paul Pogba dès le coup de sifflet final de Portugal-France, mercredi dernier. Le milieu des Bleus n’a pas oublié que ses partenaires s’étaient libérés en 8es lors du Mondial 2018 face à l’Argentine, après un 1er tour poussif. Il se rappelle aussi qu’une fois la machine en route, celle-ci ne s’était plus arrêtée.
Trois ans plus tard, les tracas sont néanmoins plus nombreux. Deschamps fait face à la fatigue persistante de ses troupes et recense une multitude de pépins physiques, plus ou moins alarmants. La première inquiétude concerne le poste de latéral gauche. Lucas Digne souffre d’une blessure musculaire à une cuisse qui compromet la suite de sa compétition. Lucas Hernandez traîne une gêne à un genou et sa participation à la rencontre reste incertaine, même s’il a multiplié les sprints à l’entraînement samedi sans souffrance apparente. Outre Ousmane Dembélé, déjà forfait, Marcus Thuram (adducteurs) Thomas Lemar (coup à la jambe gauche), Jules Koundé (coup à une cuisse), voire Adrien Rabiot (gêne tenace à une cheville) sont également suivis de près par l’encadrement médical. Dans ces conditions, avoir terminé en tête du « groupe de la mort », devant l’Allemagne et le Portugal, tombe à pic pour les Français, opposés à un adversaire qu’ils connaissent bien et qui ne les a plus battus depuis 29 ans.
Mais la Suisse a quelques arguments à faire valoir, d’abord une certaine régularité : elle s’est qualifiée pour les 8es de finale des quatre derniers grands tournois. Problème, elle se heurte systématiquement au plafond de verre des matches à élimination directe. Son dernier quart de finale remonte au Mondial 1954 à domicile. Les Helvètes, emmenés par le gardien expérimenté Yann Sommer, le meneur de Liverpool Xherdan Shaqiri et l’attaquant de Mönchengladbach Breel Embolo, ont disposé de huit jours de repos depuis leur dernier match, trois de plus que les Français.
Ces derniers, habitués à enchaîner en club, ne sauraient user de cette excuse : ils ont d’autres préoccupations. Le schéma tactique en est une : l’incertitude sur la disponibilité d’Hernandez a conduit Deschamps à tester samedi à l’entraînement un système à trois défenseurs centraux, déjà utilisé plusieurs fois. L’Europe du foot attend plutôt les trois attaquants. L’association entre Antoine Griezmann et Karim Benzema n’a pas encore tenu toutes ses promesses, et Kylian Mbappé, dernière lame du trident, est toujours à la recherche de son premier but.
Dans la National Arena de Bucarest, l’attaquant parisien n’aura pas les fans français devant qui célébrer en cas de réussite. Plusieurs supporteurs, découragés par les contraintes financières et logistiques du déplacement en Roumanie, ont renoncé. Et cela ne sera pas plus simple en cas de quart de finale à Saint-Pétersbourg (Russie), contre la Croatie ou l’Espagne.
Antoine MAIGNAN et
Jérémy TALBOT/AFP


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