D’énormes blocs de béton protègent les résidences des militaires américains sur leur base en Irak. John Moore/Getty Images/AFP
Deux drones ont été abattus dimanche au-dessus d’une base aérienne abritant des soldats américains en Irak, une nouvelle technique d’attaque des groupes armés pro-iraniens qui inquiète responsables irakiens et américains.
Ces deux engins volants ont été interceptés par les batteries de défense C-RAM installées par l’armée américaine après la multiplication des salves de roquettes et autres projectiles sur leurs troupes et diplomates en Irak.
Trois heures avant cette tentative d’attaque non revendiquée sur la base aérienne de Aïn el-Assad, dans l’ouest désertique, une roquette est de nouveau tombée sur l’aéroport de Bagdad « sans faire de victime ni de dégât », selon le porte-parole de la coalition antijihadistes emmenée par les États-Unis, le colonel Wayne Marotto.
Ce lancement de drones préoccupe les responsables militaires de la coalition internationale antijihadistes emmenée par les États-Unis, pays ennemi de la République islamique d’Iran. Les États-Unis déploient toujours en Irak 2 500 soldats sur les 3 500 militaires de la coalition.
L’Iran chiite, grand voisin de l’Irak, a de puissants alliés dans ce pays tant sur la scène politique que parmi la myriade de groupes armés chiites irakiens, dont une grande partie a été intégrée à l’État.
Les militaires américains accusent les groupes irakiens pro-Iran d’aider les rebelles yéménites houthis – pro-iraniens eux aussi – à attaquer avec des drones l’Arabie saoudite, frontalière de l’Irak et du Yémen. Et les groupes irakiens utilisent depuis mi-avril la même technique des drones piégés contre des cibles américaines en Irak.
Des écrans de fumée
Pour de hauts gradés et diplomates étrangers en Irak, ces attaques sont non seulement un danger pour leurs hommes, mais également pour la lutte contre le groupe jihadiste État islamique qui conserve des cellules clandestines dans les zones montagneuses et désertiques du pays. « Ces attaques sont des distractions, les seules personnes auxquelles elles bénéficient sont les jihadistes, car chaque attaque contre une base où se trouve la coalition nous oblige à tout arrêter pour protéger nos troupes », explique l’un d’eux.
L’effort de guerre contre l’EI, notamment le renseignement et la surveillance, est ainsi redirigé vers la localisation de groupes pro-iraniens mobiles qui se cachent le plus souvent derrière des écrans de fumée, des groupuscules aux noms obscurs lesquels ne sont pour les experts que les prête-noms de factions chiites.
Les autorités irakiennes, elles, peinent depuis des années à arrêter les auteurs, ces mêmes factions ayant été intégrées aux forces régulières ou entretenant des liens avec elles.
À plusieurs reprises, lorsque les autorités ont arrêté des combattants pro-iraniens pour des tirs de roquettes contre des intérêts américains, leurs groupes ont mené des démonstrations de force jusqu’au cœur du pouvoir à Bagdad, la zone verte, forçant les autorités à en relâcher la plupart.
Au total depuis le début de l’année, il y a eu 39 attaques contre des Américains, parfois revendiquées par les pro-Iraniens et à chaque fois attribuées à eux par Washington. Ces groupes mènent campagne pour bouter hors d’Irak les Américains qu’ils qualifient d’« occupant ». Les attaques ont visé l’ambassade des États-Unis à Bagdad, des bases irakiennes abritant des Américains, et les deux aéroports internationaux de Bagdad et Erbil au Kurdistan irakien, ainsi que des convois logistiques irakiens de ravitaillement des troupes, irakiennes et internationales.
À cause d’elles, deux sous-traitants étrangers et un sous-traitant irakien ont été tués.
Source : AFP

